Économie

Infrastructures locales : la BAD dévoile les priorités de son second prêt au FEC

Dans une nouvelle note, la Banque africaine de développement expose les objectifs et le contexte de son second financement de 150 millions d’euros au Fonds d’équipement communal. Ce prêt vise à répondre à la demande croissante des collectivités territoriales en infrastructures de base, tout en créant des emplois et en renforçant la résilience climatique.

08 Janvier 2026 À 10:48

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Dans une note publiée cette semaine, la Banque africaine de développement détaille les objectifs de son second prêt de 150 millions d’euros au Fonds d’équipement communal, approuvé en décembre dernier. Le financement vise à répondre à la demande croissante des collectivités territoriales marocaines pour des projets structurants dans l’assainissement, la mobilité urbaine, l’éclairage public et la gestion des déchets, dans un contexte de besoins accrus en infrastructures de base et en services publics de proximité.

Pour y répondre, le FEC mobilise des ressources domestiques et des financements internationaux. Depuis 2019, la Banque publique dédiée aux collectivités territoriales a diversifié ses partenariats avec l’Agence française de développement (AFD), la Japan International Cooperation Agency (JICA) et la BAD, qui lui avait déjà accordé un premier prêt de 100 millions d’euros en 2024.

Des impacts attendus sur plusieurs fronts

Selon la BAD, ce nouveau financement de 150 millions d’euros permettra au FEC de soutenir des projets locaux à fort impact social, économique et environnemental dans plusieurs régions du Maroc, avec une forte concentration en zones rurales et périurbaines où les besoins en infrastructures de base demeurent très importants.

Les investissements cibleront des secteurs essentiels tels que les aménagements urbains, les ouvrages liés aux routes, les transports ou encore les équipements spécialisés, contribuant à améliorer les conditions de vie et à stimuler l’emploi local, tant en phase de construction que d’exploitation.

Les projets cofinancés favoriseront la réduction des inégalités territoriales, la dynamisation des économies locales, notamment via les PME et la création d’un environnement propice à l’initiative privée dans des territoires souvent marginalisés. Ils devraient également générer d’importantes opportunités d’emplois directs, notamment pour les femmes et les jeunes.

Le financement vise ainsi à consolider le rôle du FEC comme institution financière clé du développement territorial au Maroc. Le Royaume compte 1.590 collectivités territoriales, réparties entre 12 régions, 75 préfectures et provinces, et 1.503 communes. Leur rôle dans la mise en œuvre des politiques de développement territorial s’est renforcé avec la régionalisation avancée. Sur le plan environnemental, plusieurs projets intégreront des composantes de résilience climatique, permettant une réduction des émissions de gaz à effet de serre et des économies d’énergie. Le FEC est bien outillé et dispose depuis 2022 d’un système de gestion environnementale et sociale (SGES), piloté par sa Direction du développement durable et appuyé par une politique ESG mise à jour en 2024 pour intégrer les risques liés au changement climatique. Tous les instruments environnementaux et sociaux requis ont été validés par la BAD.

Ce financement s’inscrit pleinement dans la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la BAD, axée sur la décentralisation budgétaire, la promotion d’infrastructures durables et le financement des entités infranationales à fort impact social. Il contribue directement à trois des quatre priorités stratégiques de l’institution : la réforme de l’architecture financière africaine, la construction d’infrastructures résilientes en mobilisant des capitaux à moindre coût, et la valorisation du dividende démographique de l’Afrique en plaçant l’emploi au cœur des priorités, avec une attention particulière à l’emploi des jeunes et des femmes.

La facilité permettra aux collectivités territoriales d’investir dans des infrastructures climato-résilientes, durables et inclusives, renforçant ainsi la résilience territoriale, la connectivité rurale et la création d’emplois locaux.

Cette opération soutient la dynamique de décentralisation engagée par le Maroc et contribuera à diversifier et renforcer les capacités de production du pays et à accompagner la croissance dans les secteurs stratégiques de l’économie.
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