Moncef Ben Hayoun
20 Juin 2026
À 11:45
La
Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) poursuit sa stratégie d’ouverture progressive de la gestion déléguée des réserves du
Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR). L’institution vient de lancer un appel d’offres destiné à sélectionner des
sociétés de gestion d’OPCVM agréées pour la création et la gestion de fonds de taux et d’actions dédiés au régime. Cette nouvelle phase, qui porte sur un encours initial de 15 milliards de dirhams, s’inscrit dans la poursuite du modèle de gestion en «architecture ouverte» adopté en 2021, conformément aux orientations stratégiques définies par les instances de gouvernance du
RCAR. Ce modèle signifie que, selon les besoins stratégiques du RCAR, certains actifs seront gérés directement par
CDG Capital, tandis que d’autres seront confiés à des
sociétés de gestion externes.
Contexte de l’opération
La
CDG a entamé en 2021, à travers sa
Branche Epargne et Prévoyance, un processus d’ouverture progressive de la gestion déléguée de ses fonds gérés avec pour objectif de mobiliser l’expertise des meilleurs gestionnaires de la place, dans un contexte marqué par la maturité croissante du
marché de la gestion d’actifs. La première étape de cette ouverture consistait à déléguer, à des sociétés de gestion OPCVM agréées (hors filiales de CDG Capital), la gestion d’une partie des
réserves du RCAR représentant près de 15% de son portefeuille taux et actions cotées. «Aujourd’hui, au regard du succès de cette première phase et de son impact positif sur la gestion des actifs du RCAR, la CDG et les instances de gouvernance du RCAR confirment cette orientation et entendent poursuivre l’ouverture progressive de la gestion déléguée afin de renforcer la diversification des approches de gestion et d’optimiser la performance globale des portefeuilles en confiant la gestion d’une nouvelle partie des réserves du RCAR à des
sociétés de gestion OPCVM agréées (hors filiales de
CDG Capital), portant ainsi la part confiée à près de 40% de son portefeuille taux et actions cotées», est-il précisé dans le dossier d’appel d’offres. L’appel d’offres vise ainsi à sélectionner plusieurs sociétés de gestion d’OPCVM agréées, hors filiales de CDG Capital, pour gérer un encours initial de 15 milliards de dirhams, réparti entre 10 milliards de dirhams en produits de taux et 5 milliards de dirhams en actions cotées. Cet encours pourra être ajusté en fonction de l’évaluation des performances des gestionnaires retenus. L’opération est structurée autour de deux lots : le premier est consacré aux OPCVM Actions ; le second aux OPCVM OMLT (Obligations moyen et long terme). Le RCAR prévoit de retenir au maximum cinq sociétés de gestion pour le Lot 1 et dix sociétés de gestion pour le Lot 2. Après sélection des gestionnaires sur la base des notations, l’attribution des encours sera effectuée conformément aux contraintes de risque d’exposition du RCAR et aux limites d’exposition fixées pour les instances de gouvernance. Les sociétés de gestion retenues se verront confier des mandats d’une durée de cinq ans à compter de la date de signature du contrat.
Un régime doté de 140 milliards de DH de réserves
Pour rappel, l’intervention de la
CDG dans le domaine de la
prévoyance sociale est assurée à travers la gestion des deux établissements publics : la
Caisse nationale de retraites et d’assurances (CNRA) et le
Régime collectif d’allocation de retraite. Institution dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le RCAR est constitué d’un régime général obligatoire et d’un régime complémentaire facultatif. Il assure des droits au titre du risque vieillesse et du risque invalidité-décès au profit de ses affiliés et de leurs ayants droit.
À fin 2025, le régime totalise des réserves de l’ordre de 140 milliards de dirhams, pour un effectif de 132.243 cotisants et 154.742 bénéficiaires de prestations. Le régime a servi en 2025 un montant de prestations de 5,6 milliards de dirhams et affiche un horizon de viabilité s’étendant jusqu’à 2059. La stratégie d’investissement du RCAR repose sur une approche de type «Liability Driven Investment» (LDI), qui consiste à construire la stratégie de placement à partir des contraintes liées aux engagements du régime envers ses bénéficiaires. Cette approche vise à assurer la cohérence entre les rendements des actifs détenus et les engagements du régime, tout en tenant compte des besoins de liquidité présents et futurs, des horizons temporels ainsi que des contraintes de risque.
Le portefeuille est structuré autour de deux composantes complémentaires. La première porte sur une poche «Core», destinée prioritairement à la sécurisation et à la liquidité, composée d’actifs à faible risque offrant un rendement sécurisé et un niveau élevé de liquidité. Quant à la seconde composante, poche «Satellite», elle est orientée vers la recherche de rendement à plus long terme à travers des classes d’actifs plus diversifiées, présentant un potentiel de performance supérieur, mais également un niveau de risque plus élevé, dans le respect de limites strictes de gestion des risques.