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Lundi 13 Avril 2026
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La gestion des parkings de Casablanca bientôt confiée au Groupe CDG

Exclusif. La commune de Casablanca s’achemine vers un partenariat avec le groupe CDG qui se verra ainsi confier la gestion du stationnement. Un projet structurant, à la croisée des enjeux financiers, urbains et juridiques, qui pourrait être soumis au vote dès la session du 7 mai prochain.

Selon des informations recueillies par «Le Matin» auprès d’une source au sein du Conseil communal, la ville de Casablanca s’apprête à tourner une page dans la gestion de ses parkings en surface et en sous-sol. Aujourd’hui assurée par la Société de développement local (SDL) Casa Baïa, cette mission ne constitue plus une priorité pour la structure, déjà mobilisée sur plusieurs projets majeurs, notamment le futur centre d’enfouissement et de valorisation des déchets et le mégaprojet de plateforme agroalimentaire. Dans ce contexte, il a été décidé, lors du conseil d’administration de Casa Baïa, de se désengager progressivement de cette activité, avec une phase transitoire.

La CDG en pole position

Face à ce retrait, déjà acté d’après notre source, la commune a étudié différentes options pour assurer la relève : créer une nouvelle SDL dédiée ou s’adosser à un opérateur expérimenté. C’est finalement la seconde option qui a été privilégiée. Le choix s’est ainsi porté sur le groupe CDG, via sa filiale spécialisée CG Park, déjà active dans la gestion du stationnement à Rabat et à Fès. «Ce choix s’est imposé, car la commune ne dispose ni des compétences ni des moyens pour gérer directement cette activité», confie notre source.

Casablanca, qui dispose d’un fort potentiel en matière de stationnement, a déjà consenti de lourds investissements dans ce domaine. Près de 1,5 milliard de dirhams ont ainsi été mobilisés pour plusieurs infrastructures, dont les parkings souterrains de Rachidi, de la Ligue arabe, de l’Hypercentre et du Triangle des Hôtels. À titre indicatif, le coût moyen de réalisation d’un parking est estimé à 250 millions de dirhams, soit environ 250.000 dirhams par place, ce qui illustre bien le poids financier de cette activité.

Des projets dans les cartons

La commune prévoit également un nouveau programme d’investissements dans des parkings déjà identifiés. Parmi les projets à l’étude figurent quatre parkings dans l’arrondissement d’El Fida, où les besoins sont particulièrement importants, ainsi qu’un autre projet d’envergure à Aïn Diab, sur le fameux terrain Marciano. Ce site de 6,5 hectares, déjà exproprié, devrait accueillir à terme une place publique surmontant un parking souterrain d’environ 2.000 places.

Un partenariat basé sur la gestion et l'investissement

Selon notre source, la proposition faite à la CDG consiste à lui confier la gestion des parkings actuels en contrepartie de redevances, avec, en parallèle, un engagement à investir dans la réalisation des futurs parkings, notamment ceux d’El Fida et de Aïn Diab. D’autres projets pourraient également être envisagés, notamment aux abords de l’Avenue Royale. Les discussions autour de ce partenariat auraient débuté il y a environ six mois. Elles se heurtent toutefois à une difficulté de taille : le cadre juridique, notamment l’impossibilité de recourir à une procédure de gré à gré. «Certaines pistes ont émergé récemment, mais rien n’est encore tranché», précise notre interlocuteur.

À ce stade, l’option privilégiée serait le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) international, auquel la CDG s’est engagée à prendre part. «Si l’AMI est prêt, ce sur quoi nous travaillons actuellement, il pourrait être présenté lors de la prochaine session ordinaire du Conseil communal, prévue le 7 mai prochain», précise la même source.

Vers une refonte du modèle de financement ?

Au-delà du partenariat en lui-même, ce projet met en lumière les limites du modèle actuel. La gestion des parkings représente une activité lourde et capitalistique, difficilement soutenable pour les seules collectivités. D’où l’importance de l’engagement de la CDG sur la partie investissement. «La gestion du stationnement dans une ville, c’est avant tout une question de régulation des flux. Si, en plus, cela génère des recettes, tant mieux, mais ce n’est pas l’objectif principal. Nous ne sommes pas dans une logique purement lucrative», explique notre interlocuteur. Et d’ajouter que l’amortissement des investissements demeure l’enjeu central, compte tenu du coût élevé de ces équipements, y compris pour les horodateurs, dont l’amortissement s’étale généralement sur trois à quatre ans. Notre source considère qu’un tel chantier nécessiterait, à terme, des incitations urbanistiques ou fiscales pour encourager l’investissement privé. «Il faudra, sur ce point, une véritable petite révolution législative», estime-t-elle.
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