Le cash atteint un niveau record au Maroc malgré l'essor des paiements électroniques
La circulation fiduciaire a progressé de 18,5 % en 2025 pour atteindre 491 milliards de dirhams, soit 28,5 % du PIB. Un niveau record qui contraste avec les efforts engagés pour développer les paiements électroniques. Dans son rapport annuel, Bank Al-Maghrib analyse les raisons de cette progression et identifie plusieurs leviers pour réduire la dépendance au cash.
LE MATIN
21 Juillet 2026
À 13:43
Your browser doesn't support HTML5 audio
Le cash continue de gagner du terrain au Maroc, en dépit de la modernisation des moyens de paiement et de la multiplication des initiatives destinées à encourager les transactions électroniques. En 2025, la monnaie fiduciaire en circulation a bondi de 18,5%, contre une hausse de 5,2% un an auparavant, pour atteindre 491 milliards de dirhams.
Ce montant représente désormais 28,5% du PIB, un ratio que Bank Al-Maghrib situe parmi les niveaux les plus élevés observés à l’échelle internationale. Cette progression marque une nette accélération par rapport aux tendances enregistrées au cours des dernières années. Entre 2010 et 2019, le cash augmentait en moyenne de 6,2% par an, avant que ce rythme ne passe à 10,6% entre 2020 et 2024.
Bank Al-Maghrib veut accélérer l’acceptation du paiement digital
Le développement des paiements électroniques ne dépend pas uniquement de l’équipement des consommateurs. Il suppose également que les commerçants, les petites entreprises et les prestataires de services soient en mesure d’accepter ces moyens de paiement à un coût accessible.
Dans cette perspective, Bank Al-Maghrib a poursuivi ses actions en faveur de la modernisation des paiements et créé un Fonds de Développement de l’Acceptation. Ce dispositif vise à élargir le réseau d’acceptation des paiements électroniques et à réduire progressivement la dépendance aux espèces.
L’enjeu est désormais de rendre les solutions numériques suffisamment simples, abordables et largement acceptées pour qu’elles deviennent une véritable alternative au cash dans les transactions quotidiennes.
La progression enregistrée en 2025 montre toutefois que la transition sera graduelle. Malgré l’essor des paiements électroniques, les espèces conservent une place centrale dans l’économie marocaine. Pour Bank Al-Maghrib, réduire cette dépendance nécessitera à la fois d’élargir l’acceptation des paiements digitaux, de renforcer la confiance des usagers et d’adapter les solutions proposées aux besoins des ménages et des très petites entreprises.