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Mardi 21 Juillet 2026
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Les messages forts de Jouahri pour transformer la croissance en progrès social (Rapport BAM)

Le Maroc a consolidé ses équilibres macroéconomiques en 2025, avec une croissance de 4,9 %, une inflation limitée à 0,8 % et un déficit budgétaire en recul. Pour Abdellatif Jouahri, le véritable défi est désormais de transformer ces performances en progrès social durable, en créant davantage d'emplois, en réduisant les inégalités et en améliorant l'efficacité de l'action publique.

Abdelatif Jouahri
Abdelatif Jouahri
Au-delà du bilan économique de l'année 2025, le rapport annuel de Bank Al-Maghrib porte un message clair : le Maroc est entré dans une nouvelle étape de son développement. Après plusieurs années consacrées à préserver les équilibres macroéconomiques face aux crises successives, le défi consiste désormais à faire en sorte que cette stabilité profite davantage aux citoyens. C'est le fil conducteur du préambule signé par le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, qui propose une véritable feuille de route pour les années à venir.



Le constat dressé est d'abord positif. Malgré un environnement international marqué par la succession des chocs géopolitiques, les tensions commerciales et les effets persistants du changement climatique, l'économie marocaine a poursuivi son redressement. La croissance a atteint 4,9 %, portée notamment par l'investissement, tandis que l'inflation est restée limitée à 0,8 %. Le déficit budgétaire s'est établi à 3,5 % du PIB, les réserves officielles de change ont progressé à 442,9 milliards de dirhams, représentant l'équivalent de cinq mois et onze jours d'importations, et le déficit du compte courant est demeuré contenu. Pour le Wali, ces résultats traduisent la résilience de l'économie nationale et offrent une base solide pour poursuivre les grandes réformes engagées par le Royaume.

Une croissance qui doit être davantage ressentie par les citoyens

Mais Abdellatif Jouahri estime que cette amélioration des indicateurs ne suffit plus. Selon lui, le principal enjeu consiste désormais à rapprocher les performances économiques du vécu des citoyens. « Au cours des dernières années, un décalage a été observé entre les performances économiques objectivement mesurées et le ressenti des citoyens », indique le wali dans son introduction.

Pour le responsable, ce décalage s'explique notamment par les difficultés persistantes du marché du travail. Si l'économie a retrouvé un rythme de croissance soutenu, celui-ci ne se traduit pas encore par une création d'emplois suffisante. Le chômage demeure élevé, particulièrement chez les jeunes, tandis que près de trois millions de personnes âgées de 15 à 29 ans restent hors emploi, études et formation. Dès lors, l'emploi apparaît comme le principal chantier économique et social des prochaines années.

Faire de la cohésion sociale la priorité des prochaines réformes

Le préambule insiste également sur la nécessité de réduire les disparités sociales et territoriales afin que les fruits de la croissance bénéficient à l'ensemble de la population. À cet égard, Abdellatif Jouahri rappelle les Hautes Orientations Royales exprimées dans le discours du Trône de 2025 : « Il n'y a de place, ni aujourd'hui, ni demain, pour un Maroc avançant à deux vitesses. »

Dans cette perspective, Bank Al-Maghrib appelle à améliorer en permanence l'efficacité des politiques sociales et à mieux cibler les dispositifs de soutien en faveur des populations les plus vulnérables. Le rapport souligne également l'importance d'accélérer la régionalisation avancée afin de réduire les écarts de développement entre les territoires et de renforcer la cohésion nationale.

Investir mieux pour créer davantage de richesse et d'emplois

Le Wali consacre une part importante de son analyse à la qualité de l'investissement. Si l'effort d'investissement public a largement soutenu la croissance ces dernières années, il estime qu'il doit désormais produire un effet d'entraînement plus important sur l'investissement privé et sur la création d'emplois. Cette nouvelle étape passe notamment par la mise en œuvre de la Charte de l'investissement, le déploiement du Fonds Mohammed VI pour l'investissement et un meilleur accès des très petites, petites et moyennes entreprises au financement. Pour Abdellatif Jouahri, la croissance de demain dépendra moins du volume des investissements que de leur capacité à améliorer durablement la productivité et la compétitivité de l'économie.

Dans le même esprit, il plaide pour une utilisation plus efficiente des ressources publiques. Le rapport recommande de généraliser les revues de dépenses afin d'améliorer la qualité de la dépense publique et de préserver les marges budgétaires nécessaires au financement des réformes futures, notamment dans un contexte marqué par la montée des dépenses sociales et les enjeux liés à la réforme des retraites.

Renforcer la résilience du Maroc face aux défis de demain

Au-delà des préoccupations économiques immédiates, le préambule invite également à préparer le Royaume aux grandes mutations mondiales. Le rapport préconise le renforcement des réserves stratégiques de produits essentiels afin de mieux faire face aux perturbations internationales. Il souligne aussi l'urgence d'accélérer la transition énergétique, à la fois pour réduire la dépendance extérieure du Maroc et pour permettre aux entreprises nationales de répondre aux nouvelles exigences environnementales des marchés internationaux. La question de l'eau figure également parmi les priorités mises en avant. Face au stress hydrique structurel, Bank Al-Maghrib appelle à renforcer la gouvernance de cette ressource et à poursuivre les investissements destinés à sécuriser durablement l'approvisionnement du pays.

Au final, le préambule d'Abdellatif Jouahri dépasse largement le cadre d'un bilan annuel. Il dessine une nouvelle feuille de route où les équilibres macroéconomiques ne constituent plus une finalité, mais un levier au service d'un objectif plus ambitieux : faire de la croissance un moteur de création d'emplois, de réduction des inégalités et d'amélioration durable des conditions de vie des Marocains.
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