Économie

Les exportations de sardines fraîches et congelées soumises à licence pendant 12 mois

C'est officiel. Le ministère de l’Industrie et du Commerce encadre les exportations de sardines par un régime de licence pour une durée d’un an, à compter du 1er février, dans un contexte de mesures préventives visant la stabilisation des prix et de signaux d’alerte sur la pression exercée sur la ressource.

02 Février 2026 À 11:33

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Le ministère de l’Industrie et du Commerce a décidé de restreindre les exportations de sardines. La mesure, actée par un arrêté publié au Bulletin officiel, instaure un nouveau dispositif de contrôle applicable aux produits concernés. Concrètement, l’exportation des sardines fraîches et congelées, ainsi que d’autres produits de poissons ou de crustacés, mollusques ou autres invertébrés aquatiques, est désormais soumise à l’obtention d’une licence d’exportation. Ce régime sera appliqué pour une durée de 12 mois, à compter du 1er février.



Cette décision intervient dans un contexte de plan d’action préventif destiné à stabiliser les prix de la sardine à leur niveau habituel, notamment à l’approche du mois du ramadan. En janvier, le délégué des pêches maritimes de Laâyoune, Mohammed Nafia, a indiqué qu’une série de mesures avait été mise en place dans cette perspective, afin de limiter les tensions sur le marché.

En parallèle, le sujet s’inscrit dans un environnement marqué par les alertes de la Cour des comptes sur l’état de certaines ressources halieutiques. Dans son rapport le plus récent, l’institution souligne qu’en Méditerranée, la sardine serait exploitée à 150% de sa capacité de renouvellement. Le document rappelle que le Maroc, classé premier en Afrique et 13ᵉ au niveau mondial en matière de pêche, dispose d’un secteur stratégique représentant 1,1% du PIB et plus de 260.000 emplois directs, mais fragilisé par la surpêche, des outils de contrôle jugés incomplets, des retards réglementaires et l’absence de stratégie depuis la fin du plan Halieutis (2009-2020).

La Cour des comptes s’appuie notamment sur des évaluations de l’Institut national de recherche halieutique, selon lesquelles plusieurs espèces affichent des niveaux d’exploitation supérieurs aux seuils biologiquement acceptables. Les petits pélagiques, les céphalopodes, les crustacés et les poissons démersaux sont cités parmi les segments concernés. L’institution pointe également une limite méthodologique, relevant que la gestion demeure centrée sur des stocks individuels d’espèces, sans intégrer pleinement les interactions au sein des écosystèmes marins, alors que l’approche écosystémique des pêches l’exige.

Dans cette liste de signaux rouges, la sardine en Méditerranée occupe une place centrale, aux côtés du merlu blanc, dont les niveaux d’exploitation dans la même zone atteindraient 1000% de ses capacités. Pour la Cour, ces indicateurs traduisent une rupture entre les orientations scientifiques et les pratiques effectives sur le terrain, malgré l’existence de plans d’aménagement élaborés pour les principales pêcheries d’importance commerciale.
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