Économie

Les exportations d’oranges marocaines en hausse de 38% en 2024-2025

La saison 2024-2025 marque un tournant pour les producteurs d’agrumes marocains. Après une baisse record en 2022/23, les expéditions remontent la pente, soutenues par la variété Maroc Late, une stratégie commerciale réorientée et un regain d'intérêt des marchés étrangers.

16 Janvier 2026 À 12:05

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Les exportations d’oranges marocaines ont progressé pour la deuxième saison consécutive, selon les données de la plateforme EastFruit. Entre novembre 2024 et octobre 2025, le Royaume a expédié 84.600 tonnes d’oranges à l’international, générant 61 millions de dollars. Ce volume représente une hausse de 38% par rapport à la saison précédente, et plus du double des niveaux atteints lors de la campagne 2022/23, marquée par un effondrement historique.



Les agrumes demeurent un pilier des exportations agricoles du pays. En 2025, les oranges se classaient derrière les mandarines, les pastèques et les myrtilles en termes de volumes exportés. La variété Maroc Late, récoltée au printemps, a joué un rôle central dans cette reprise, avec un pic d’expéditions atteint en mai, à 15 700 tonnes.

Le marché canadien s’est affirmé comme la première destination des oranges marocaines, captant 22% des exportations, en hausse de 65 % sur un an. Les États-Unis, deuxième acheteur avec 21,5 % de part de marché, ont quant à eux enregistré un recul. Fait notable, le Royaume-Uni a multiplié ses importations par sept, tandis que les ventes à l’Arabie saoudite ont été multipliées par cinq, et celles à l’Espagne triplées. Les exportations vers le Portugal ont repris, et les marchés de la Russie, des Pays-Bas, de la France, de la Mauritanie et du Sénégal ont tous enregistré une dynamique positive.

Au total, 46 pays ont importé des oranges marocaines au cours de la campagne 2024/25, signe d’une diversification progressive des débouchés. Cette dynamique est renforcée par les mesures gouvernementales adoptées en 2024, notamment la subvention des exportations vers l’Europe. Cette aide a permis de rendre les oranges marocaines plus compétitives face à la concurrence égyptienne sur certains créneaux saisonniers.

Cependant, les défis structurels demeurent. Le secteur reste vulnérable aux effets du changement climatique et à la raréfaction des ressources en eau, qui pèsent sur les rendements. Avec un pic historique de 164.000 tonnes exportées en 2016/17, les volumes actuels restent bien en deçà de ce niveau.

Malgré ces obstacles, la reprise entamée ces deux dernières saisons est perçue comme un signal encourageant par les opérateurs du secteur. Le Maroc semble amorcer un redressement progressif de sa filière agrumicole à l’export.
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