Saïd Naoumi
11 Février 2026
À 09:45
La ville de
Lille et la Commune d’
Oujda renforcent leur coopération décentralisée avec le lancement du projet
«Mostakbalouna (Notre avenir) – Lille-Oujda pour le climat et l’énergie durable». Il s’agit d’une initiative ambitieuse dédiée à la lutte contre le
dérèglement climatique et à la promotion de la
construction durable. Cofinancé par
l’Agence française de développement (AFD) et
l’Agence de développement de l’Oriental, ce Programme mobilise un budget global de 3,75 millions d’euros, dont 1,69 million d’euros apportés par l’AFD, pour une durée de trois ans. Initiée dès 2005 à travers un accord-cadre de partenariat, la coopération entre Lille et Oujda s’est progressivement consolidée, portée notamment par une importante diaspora marocaine et oujdie dans la métropole lilloise.
Depuis près de 20 ans, ce partenariat a donné lieu à de multiples projets touchant au développement durable, à la culture, à la mobilité des jeunes et au renforcement des liens entre sociétés civiles des deux villes. Le nouveau projet «Mostakbalouna» s’inscrit dans cette continuité, tout en répondant à des enjeux contemporains majeurs : adaptation climatique, transition énergétique et transformation durable des espaces urbains. Le Programme repose sur quatre piliers complémentaires, conçus comme un ensemble cohérent mêlant renforcement institutionnel, investissements concrets et mobilisation citoyenne. Le premier axe porte sur l’accompagnement stratégique de la commune d’Oujda dans l’élaboration et le déploiement de sa politique climat-énergie. Il s’agit de doter la ville d’outils opérationnels pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, tout en favorisant la diffusion de ce modèle auprès des sept communes chefs-lieux de la région de l’Oriental. Le deuxième axe concerne la structuration de la Cellule Info Énergie Climat (CIEC), couplée à la rénovation de l’ancienne gare d’Oujda, un bâtiment à forte valeur patrimoniale appelé à devenir un espace de référence pour l’information, la sensibilisation et l’accompagnement des citoyens sur les questions énergétiques et climatiques. Le troisième pilier du Programme est afférent à la mise en œuvre d’une démarche d’innovation territoriale autour de la ville durable, fondée sur l’expérimentation de procédés innovants et pérennes à Lille comme à Oujda. Cette approche inclut notamment des projets pilotes sur des bâtiments, servant de vitrines démonstratives pour la construction durable. Enfin, le quatrième axe vise le renforcement de la coopération universitaire, à travers des projets inter-établissements dans le domaine du développement durable, impliquant établissements d’enseignement supérieur, associations et habitants des deux territoires. Au terme des trois années de mise en œuvre, plusieurs impacts structurants sont attendus : une commune d’Oujda mieux outillée pour piloter sa stratégie climat et énergie durable, avec un effet d’entraînement à l’échelle régionale, une CIEC pleinement opérationnelle, adossée à un bâtiment emblématique rénové et l’émergence d’innovations concrètes en matière de ville durable. Au-delà des institutions, le projet accorde une place centrale aux citoyens, à travers la création d’espaces de communication, des actions de sensibilisation et l’implication directe des habitants dans certaines démarches locales. Notons que la gouvernance du projet repose sur un écosystème élargi associant acteurs publics, techniques et académiques. Aux côtés de la ville de Lille et de la commune d’Oujda, figurent notamment la Société de développement local «Oujda Animation et Développement», l’Agence de développement de l’Oriental, France Volontaires, ainsi que plusieurs établissements d’enseignement supérieur, dont les universités de Lille et l’université d’Oujda. n