LE MATIN
05 Mars 2026
À 12:50
La tempête qui a frappé
la région du
Souss-Massa les 26 et 27 février a été qualifiée de
« catastrophique » par des
producteurs de fruits et légumes, en raison des dégâts causés aux
exploitations agricoles sous serres. Dans ce contexte, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts,
Ahmed El Bouari, s’est rendu mercredi dans la province de
Chtouka Aït Baha pour évaluer sur le terrain
l’ampleur des dégâts.Placée en vigilance orange, cette perturbation climatique s’est caractérisée par
des rafales atteignant localement
110 km/h, accompagnées de tempêtes de sable et de poussière. Les vents ont arraché ou gravement endommagé de nombreuses structures agricoles, notamment les plastiques de couverture des serres et les filets de protection, racontent des producteurs locaux.
Les premières évaluations évoquent environ
1.500 hectares de
cultures sous serres affectés dans plusieurs zones agricoles, notamment à
Chtouka Aït Baha, Belfaa, Inchaden, Biougra, Houara, Aït Amira et
Sidi Bibi. Les pertes de production restent en cours d’évaluation et varient selon les exploitations.
Sur le terrain, plusieurs producteurs décrivent un épisode météorologique particulièrement violent, qui a duré un peu plus d’une heure en début de soirée et a provoqué l’effondrement ou la détérioration de nombreuses serres. Dans certaines exploitations, les agriculteurs tentent encore de récolter les cultures intactes afin de limiter les pertes, tandis que d’autres redoutent
une fin prématurée de la saison agricole.
Les dégâts concernent notamment les légumes primeurs du bassin du Souss, comme
la tomate, le poivron et le haricot, ainsi que certaines cultures de
fruits rouges. Des professionnels du secteur évoquent également un risque d’aggravation des difficultés phytosanitaires déjà observées cette saison dans certaines cultures, notamment la tomate ronde.
C’est dans ce contexte que le ministre s’est rendu dans plusieurs exploitations agricoles de fruits et légumes, principalement des exploitations de tomates, dans
les communes d’Inchaden et de
Belfaa. Il a également visité l’une des principales unités d’approvisionnement du marché national en
tomates rondes, disposant d’une capacité de production d’environ
200 tonnes par jour.
Une réunion de concertation avec les professionnels du secteur a également été organisée afin d’examiner les besoins des exploitations touchées et d’étudier les mécanismes d’accompagnement nécessaires à la remise en état des infrastructures agricoles.
Dans une déclaration à la presse, Ahmed El Bouari a indiqué que cette visite de terrain a permis de constater et d’évaluer de près les dégâts causés par les vents violents aux exploitations agricoles. Il a toutefois assuré que le niveau général de
la production agricole n’a pas été fortement impacté par cette perturbation climatique.
Le ministre a également affirmé que les services du ministère restent mobilisés pour accompagner les
agriculteurs touchés et soutenir la remise en état rapide des structures agricoles afin de relancer l’activité dans les prochains jours.
Après la tempête, certaines zones ont également connu des épisodes de pluie et de grêle. Toutefois, ces précipitations sont restées brèves et ont été suivies de périodes ensoleillées, indiquent les producteurs, ce qui a
limité l’aggravation des dégâts sur les cultures restées à l’air libre.
Au-delà des dommages immédiats, les producteurs s’inquiètent également des difficultés liées à la reconstruction des serres. Plusieurs d’entre eux signalent déjà des tensions sur
l’approvisionnement en plastique utilisé pour la couverture des serres ainsi que sur d’autres matériaux essentiels, notamment les fils d’acier et les filets agricoles. Les délais de livraison dépassent actuellement une semaine, ce qui pourrait retarder la remise en état des exploitations.
Certains opérateurs indiquent également que
des acheteurs internationaux ont été informés de la situation et commencent à rechercher d’autres sources d’approvisionnement afin de sécuriser leurs programmes d’importation.
La région du
Souss-Massa constitue en effet l’un des piliers de l’agriculture maraîchère marocaine. Elle représente près de
85% des exportations nationales de fruits et légumes et concentre plus de 24.000 hectares de maraîchage sous serre, avec une production annuelle avoisinant
deux millions de tonnes. Les provinces de Chtouka Aït Baha et de Taroudant figurent parmi les principaux bassins d’approvisionnement du marché national et des marchés d’exportation.