Économie

Tamwilcom réunit un panel d’experts pour décrypter le passage des startups de l’idée au marché

Transformer une idée en produit viable reste l’épreuve décisive pour toute startup. Entre validation du marché, structuration du modèle et accès aux opportunités, le passage au réel impose méthode et discipline. Réunis par Tamwilcom, dans le cadre de sa vocation d’accompagnement et lors de la deuxième journée du GITEX Africa 2026 sur son stand, trois experts livrent des lectures convergentes des conditions nécessaires pour franchir ce cap et inscrire durablement un projet dans son marché.

08 Avril 2026 À 13:09

Au deuxième jour du GITEX Africa 2026 à Marrakech, Tamwilcom, acteur public de référence en matière de garantie et d’accès au financement, a choisi d’investir un terrain moins visible mais déterminant, celui de la structuration des parcours entrepreneuriaux. À travers un panel centré sur le passage du concept au marché, l’institution a mis en lumière les conditions réelles de transformation d’une idée en produit viable, en s’appuyant sur des retours d’expérience ancrés dans l’exécution.

Aux côtés de la modératrice Ghizlane Ramzi, le panel a réuni Mohamed ES Sagar, CEO d’Univers Startup et Entrepreneurs, Amine Fassi Fihri, cofondateur d’Idatacore et membre du réseau REM, ainsi qu’Ali Chraibi, Managing Director de SB3S. Ensemble, ils ont livré une lecture directe du parcours entrepreneurial, structurée autour des contraintes de terrain et des exigences du marché.

Trouver son marché avant de se développer, une clé de réussite essentielle !

Interrogé sur les facteurs de réussite, Ali Chraibi écarte toute logique de recette universelle et recentre le débat sur des fondamentaux opérationnels. « Il n’y a pas de bague magique », affirme-t-il, en insistant sur la nécessité de comprendre finement son marché, d’identifier un besoin réel et d’adapter son offre en conséquence. Il souligne également le rôle déterminant de la ressource humaine, qu’il s’agisse de l’équipe fondatrice ou des partenaires mobilisés, dans la capacité à exécuter efficacement un projet.

Dans cette dynamique, le réseau apparaît comme un levier structurant. Ali Chraibi insiste sur la qualité des interactions plutôt que sur leur volume. « Si on rencontre vingt personnes et qu’une seule ouvre une porte, on a gagné », explique-t-il, illustrant une approche pragmatique du networking, pensé comme un outil d’accès direct à des opportunités concrètes, qu’il s’agisse de clients, de partenaires ou d’investisseurs. Cette posture implique une capacité à sortir de sa zone de confort, à confronter son projet à des regards extérieurs et à intégrer rapidement les retours.

Le cœur du débat s’est ensuite articulé autour d’un point de bascule dans le développement d’une startup, le product market fit. Mohamed ES Sagar insiste sur cette étape comme condition préalable à toute accélération. « La vraie question, c’est de savoir si quelqu’un est prêt à payer », souligne-t-il, rappelant que seule la validation par le marché permet d’ancrer un projet dans une réalité économique.

Les intervenants décrivent à cet égard un processus progressif qu’il convient de respecter. Identifier un problème, tester l’idée directement auprès des utilisateurs, développer un MVP, puis itérer en fonction des retours. Chaque étape contribue, selon eux, à affiner la proposition de valeur et à maîtriser le risque. « Il ne faut pas brûler les étapes », insiste Mohamed ES Sagar, en mettant en garde contre une exécution trop rapide qui néglige la phase de validation.

La question du financement a été aussi abordé . Mohamed ES Sagar souligne que la levée de fonds doit être anticipée, car elle conditionne le rythme de développement. Il distingue plusieurs configurations : Les projets deep tech nécessitent une phase de validation technologique avant d’attirer des financements, tandis que les modèles plus capitalistiques exigent des ressources dès les premières phases. Les startups plus agiles, quant à elles, doivent atteindre rapidement un product market fit pour s’imposer sur des marchés concurrentiels.

L’écosystème marocain en mouvement, terrain fertile pour les startups

Questionné sur les éléments de positivité pour les startups émergentes, le membre du réseau REM, Amine Fassi Fihri, met en avant une dynamique en cours, celle d’un Maroc en mouvement où les opportunités se multiplient et où l’écosystème gagne en maturité. Il souligne une accélération portée par la structuration progressive des réseaux, la montée des initiatives et la multiplication des espaces de mise en relation.

Cette évolution se traduit par une diversification des points d’entrée pour les entrepreneurs, explique l’expert. Programmes d’accompagnement, réseaux et événements sectoriels permettent de rompre l’isolement des premières phases et d’accéder plus rapidement à des ressources, des conseils et des opportunités.

Dans ce contexte, le capital relationnel s’impose comme un actif stratégique. « Une seule rencontre, a priori anodine, peut ouvrir une porte », rappelle Fihri, soulignant le rôle du réseau dans la création d’opportunités économiques tangibles. L’enjeu consiste dès lors à mobiliser les bons relais, au moment opportun, afin de convertir une interaction en vecteur de croissance.

Les intervenants le rejoignent et soulignent que des événements comme GITEX Africa 2026 facilitent précisément cette mise en relation. Sur un temps court, ces plateformes concentrent un volume dense de rencontres qualifiées, offrant aux startups un accès direct à des partenaires, à des clients potentiels et à une visibilité accrue, à condition toutefois de savoir structurer leur positionnement et porter efficacement leur proposition de valeur, résument-ils.
Copyright Groupe le Matin © 2026