Économie

Les tournages étrangers ont généré 1,5 milliard de dirhams au Maroc en 2025 (Bensaid)

Les tournages étrangers ont généré 1,5 milliard de dirhams au Maroc en 2025, soit une hausse d’environ 200 % par rapport aux moins de 500 millions enregistrés avant 2021, selon Mehdi Bensaid. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication salue cette dynamique tout en appelant à repenser le modèle économique des salles et à mieux préparer le cinéma marocain à la concurrence internationale.

13 Janvier 2026 À 17:12

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En révélant que les tournages étrangers réalisés au Maroc ont généré 1,5 milliard de dirhams en 2025, Mehdi Bensaid a confirmé un changement d’échelle historique pour l’industrie cinématographique nationale. Le ministre, intervenant lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants ce lundi 12 janvier, a rappelé que ces recettes ne dépassaient pas 500 millions de dirhams avant 2021. Cette progression spectaculaire illustre, selon lui, l’impact concret de la stratégie de développement du cinéma lancée en 2022 et l’attractivité croissante du Royaume auprès des grandes productions internationales.

Cette dynamique économique s’accompagne d’un regain d’intérêt du public pour les salles obscures. L’année 2025 a enregistré 2,2 millions d’entrées, un niveau jugé suffisamment encourageant pour inciter les investisseurs à relancer des projets d’exploitation. L’ouverture récente du multiplexe Pathé Dar Essalam à Rabat est citée par le ministre comme l’un des premiers signaux tangibles de cette relance, soutenue par le Centre cinématographique marocain (CCM) qui continue d’accompagner la création et la modernisation des infrastructures via une commission dédiée.



Mehdi Bensaid prévient toutefois que ce modèle, largement adossé au soutien public, ne peut demeurer la norme. Il estime nécessaire de repenser la structure financière et opérationnelle des salles de cinéma afin d’assurer leur pérennité. L’État, assure-t-il, poursuivra son accompagnement, mais la transition vers un modèle plus autonome apparaît inévitable pour consolider l’écosystème.

Au-delà des performances économiques et de la reprise du réseau d’exploitation, le ministre identifie un enjeu stratégique majeur encore insuffisamment maîtrisé. Le véritable défi consiste désormais à permettre au cinéma marocain de s’exporter et de s’imposer sur les marchés internationaux. Mehdi Bensaid insiste sur l’importance de comprendre les mécanismes de diffusion, la concurrence mondiale et les attentes des publics étrangers pour espérer franchir durablement les frontières.
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