Saïd Naoumi
26 Mars 2026
À 12:19
La transition
bas-carbone du tissu entrepreneurial marocain pourrait bientôt bénéficier d’un nouvel appui financier. La
Banque de développement allemande (KfW) prépare, en effet, l’octroi d’un financement de 31 millions d’euros à
Tamwilcom pour soutenir le déploiement du «Green Invest», un mécanisme de cofinancement destiné aux projets verts portés par les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).
Ces entreprises occupent une place centrale dans l’économie nationale : elles représentent près de 93% du tissu entrepreneurial et emploient environ 46% de la population active. Elles sont également appelées à jouer un rôle déterminant dans la mise en œuvre des engagements climatiques du Maroc, tels que définis dans ses contributions déterminées au niveau national (CDN). Selon les estimations, les TPME devraient assurer près de 40% des efforts d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et 55% des mesures d’adaptation.
Toutefois, l’ampleur de cet engagement se heurte à une contrainte majeure : le déficit de financement des investissements verts. Les besoins du secteur sont estimés à 78 milliards de dollars, un manque de ressources qui ralentit la mise en œuvre de projets liés à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables ou encore à l’économie circulaire. À terme, ce déficit pourrait compromettre la trajectoire climatique du Royaume et freiner l’émergence d’un modèle de croissance plus durable.
Dans ce contexte, le «
Green Invest» se positionne comme un instrument financier stratégique. Le dispositif repose sur une ligne de crédit permettant à Tamwilcom de cofinancer, aux côtés des banques marocaines, des prêts destinés à des investissements à fort impact environnemental.
Les projets éligibles couvrent notamment les petites installations d’énergies renouvelables – solaire photovoltaïque, pompes solaires ou chauffe-eau solaires – ainsi que les initiatives d’efficacité énergétique, de prévention et de traitement des déchets, de recyclage ou encore les équipements de traitement et de dessalement de l’eau.
Au-delà du financement, le programme intègre également un volet d’accompagnement. Des formations seront dispensées aux équipes des banques partenaires afin de renforcer leurs capacités d’analyse et d’évaluation des projets verts. Une attention particulière sera accordée aux critères de crédit applicables aux entreprises dirigées par des femmes, un segment encore insuffisamment représenté dans l’accès au financement climatique.
Le projet, porté par la KfW, est classé dans la catégorie FI/B selon le système de suivi environnemental et social de l’institution allemande. Dans ce cadre, Tamwilcom s’est engagée à mettre en place un système de gestion environnementale et sociale conforme à la législation nationale ainsi qu’aux standards de performance de la Banque mondiale.
L’objectif est de garantir que chaque investissement financé contribue effectivement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à une utilisation plus efficiente des ressources naturelles.