Enseignement

Maroc : le décrochage scolaire a touché 280.000 élèves en 2025 malgré les réformes (UNICEF)

Le Maroc reste confronté à un niveau élevé de déperdition scolaire en dépit des réformes engagées. Dans son rapport annuel publié en avril 2026, fondé sur les données de 2025, UNICEF Maroc fait état de près de 280.000 élèves ayant quitté l’école. L’année scolaire précédente, ils étaient près de 294.458, soit une baisse d’environ 5 % du nombre de décrocheurs. Une évolution jugée encore limitée, qui n’inverse pas la tendance de fond. L’organisation met en garde contre la persistance du phénomène et appelle l’État, ses institutions et l’ensemble des acteurs concernés à une mobilisation plus large et coordonnée pour y répondre de manière durable.

28 Avril 2026 À 14:55

Le Maroc reste confronté à un niveau élevé de déperdition scolaire en dépit des réformes engagées. C’est le constat dressé par UNICEF Maroc dans son rapport annuel publié en avril 2026, qui fait état de près de 280.000 élèves ayant quitté l’école en 2025.

Élaboré en partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, le rapport souligne que le décrochage scolaire ne concerne plus uniquement les milieux les plus précaires. Il touche également des catégories intermédiaires, sous l’effet combiné de contraintes économiques, de facteurs socioculturels et de limites liées à la qualité de l’environnement scolaire. Les filles restent les plus exposées, notamment dans les zones rurales et périurbaines, où les obstacles à la poursuite des études demeurent structurels.

Dans ce contexte, l’UNICEF Maroc, en coordination avec le ministère, a structuré un modèle de prévention du décrochage inscrit dans la feuille de route 2022-2026. Ce modèle repose sur une logique d’intervention combinée : suivi individualisé des élèves à risque, amélioration des conditions d’apprentissage au sein des établissements et implication des acteurs locaux, notamment les familles et les communautés. Concrètement, il s’appuie sur des outils développés par l’organisation, tels que des guides de gestion pour les chefs d’établissement, des supports pédagogiques pour les enseignants et des programmes d’innovation sociale destinés aux jeunes, visant à renforcer leur engagement scolaire et leurs compétences.

Les expérimentations conduites dans les régions de Béni Mellal-Khénifra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et l’Oriental permettent d’en mesurer les premiers effets. Plus de 5.523 jeunes ont participé aux activités mises en place, dont une majorité de filles. Dans certains établissements, le taux de décrochage a été réduit à 0 % au cours de l’année scolaire 2024-2025, fait savoir l’organisation onusienne. Ces résultats sont attribués, selon le rapport, à des approches reposant sur la participation entre élèves, l’ancrage dans le tissu local et la coordination entre les différents intervenants.

Le rapport revient également sur les actions menées en matière d’inclusion scolaire. En 2025, l’UNICEF Maroc a développé, avec ses partenaires institutionnels, des outils destinés à faciliter l’intégration des enfants migrants et réfugiés, notamment à travers des supports de transition linguistique et des guides d’accueil adaptés. Une trentaine de formateurs ont été mobilisés pour accompagner le déploiement de ces dispositifs dans plusieurs régions.

L’amélioration des infrastructures scolaires constitue un autre axe d’intervention. Dans les zones affectées par le séisme de 2023, sept établissements ont été réhabilités avec l’appui de l’UNICEF, en intégrant des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène conformes aux standards actuels, ainsi que des aménagements tenant compte de l’accessibilité et des besoins spécifiques des élèves. Ces interventions ont bénéficié à plus de 3.300 élèves, dont 1.662 filles et 1.694 garçons, prouve-t-elle en chiffres.

Enfin, le rapport met l’accent sur la préparation du système éducatif aux situations d’urgence. L’UNICEF Maroc a élaboré, en collaboration avec les autorités éducatives, un kit destiné aux enseignants et aux encadrants, comprenant des outils pédagogiques et des modules de soutien psychosocial. Ce dispositif est en cours de finalisation.

Au regard des résultats observés dans les zones pilotes, l’organisation recommande d’intégrer ces approches dans les politiques publiques à l’échelle nationale. Elle souligne que la réduction durable du décrochage scolaire dépend d’une action coordonnée, associant moyens financiers, continuité des réformes et implication des acteurs locaux.
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