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Dimanche 17 Mai 2026
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Après la polémique, Berrada explique enfin ce qu’il voulait dire par "namdaja"

D’abord transformé en sujet de moqueries puis largement détourné sur les réseaux sociaux, le mot « namdaja » (“modélisation”) a fini par éclipser le fond du débat sur la réforme éducative. Face à l’ampleur de la polémique, Mohamed Saad Berrada a choisi de revenir lui-même sur cette séquence devenue virale afin de clarifier ce qu’il entendait réellement par ce terme, présenté aujourd’hui par le ministre comme l’un des piliers des nouvelles méthodes d’apprentissage déployées dans les écoles marocaines.

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« S’il faut une “modélisation” pour comprendre le ministre, c’est qu’il y a un problème » : ce type de commentaires a largement circulé sur les réseaux sociaux après la séquence dans laquelle Mohamed Saad Berrada tentait d’expliquer le terme « namdaja » lors de son intervention à la Chambre des représentants, une explication que de nombreux internautes ont jugée maladroite.

L’occasion de répondre à cette polémique s’est présentée à Fès, lors d’une rencontre organisée par le Réseau des enseignants universitaires et l’Instance nationale des cadres de l’éducation et de la formation du Rassemblement national des indépendants, dans le cadre de l’initiative « Masar Al Moustaqbal », où le ministre de l’Éducation nationale est revenu avec légèreté sur cette expression devenue virale.

Dans une ambiance détendue, le ministre a répondu avec humour à une question sur cette polémique, expliquant que s’il avait utilisé directement le mot français « modélisation », « les gens auraient peut-être compris ». En revanche, en utilisant le terme arabe « namdaja », le message n’aurait pas été perçu comme il le souhaitait. Souriant, il a alors plaisanté : « Si je le dis en arabe, il y a un problème. Si je le dis en français, il y a un problème aussi », avant d’ajouter dans un éclat de rire : « Je m’excuse ».

Après cette séquence, il a détaillé ce qu’il entendait réellement par « modélisation ». Selon lui, cette méthode pédagogique consiste à simplifier les explications pour les élèves à travers des exemples clairs et des démonstrations concrètes afin de leur permettre de mieux comprendre les exercices et les opérations.

Cette approche s’inscrit, selon ses explications, dans une volonté plus large de modernisation des méthodes d’enseignement, avec davantage de supports visuels, numériques et interactifs dans les salles de classe.

Le responsable gouvernemental a notamment révélé que le ministère produit actuellement « neuf vidéos courtes par jour » destinées à être utilisées dans les établissements scolaires. Ces capsules pédagogiques ont pour objectif d’aider les enseignants à rendre les leçons plus accessibles et plus concrètes pour les élèves.

Au-delà de la polémique, il a également défendu la dynamique de réforme engagée dans le secteur éducatif, estimant que le débat autour d’un mot ne devait pas faire oublier les transformations en cours dans l’école publique marocaine.

Le ministre a particulièrement mis en avant le programme des “Écoles pionnières”, lancé dans le cadre de la feuille de route 2022-2026. Expérimenté au départ dans 600 établissements scolaires, le projet sera étendu à 6.600 écoles dès la prochaine rentrée, selon les chiffres présentés lors de cette rencontre.

Il affirme également que les évaluations réalisées par des experts internationaux montrent « un impact pédagogique de 0,9 », qu’il présente comme l’un des niveaux les plus élevés enregistrés à l’échelle internationale.

Selon les données avancées durant cette intervention, les “Écoles pionnières” auraient aussi permis de réduire d’environ 50 % les taux de décrochage scolaire dans plusieurs collèges concernés par l’expérimentation, notamment grâce aux activités sportives, aux activités parallèles et aux cellules de veille éducative.

La rencontre a également été l’occasion d’évoquer les progrès du préscolaire, dont le taux de couverture dépasse désormais 80 % après l’ouverture de plus de 50.000 classes, ainsi que les efforts engagés pour réduire progressivement la surcharge dans les établissements scolaires, sur lesquels le ministre a conclu son intervention.

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