S.Ba.
07 Juillet 2026
À 16:02
Le ralentissement saisonnier des apports en eau se confirme. Selon les dernières données de la plateforme «
Maadialna » du ministère de l'Équipement et de l'Eau, les
barrages du Royaume ont enregistré, entre le 5 et le 6 juillet, des évolutions contrastées, marquées par quelques apports ponctuels mais aussi par une baisse des réserves dans plusieurs grandes retenues.
Ces fluctuations interviennent alors que les barrages marocains affichent encore une situation particulièrement favorable. Au 6 juillet, leur taux de remplissage global atteint 72,9%, contre seulement 37,4% à la même période de 2025. Les réserves nationales s'élèvent désormais à 12,42 milliards de mètres cubes, soit une progression de 98% en glissement annuel, grâce aux précipitations abondantes enregistrées durant le dernier hiver et au printemps.
Sur les dernières 24 heures, les apports les plus significatifs ont été observés au
barrage Al Wahda (bassin du Sebou), qui demeure le plus grand réservoir du Royaume avec plus de 3 milliards de mètres cubes stockés, ainsi qu'au
barrage Moulay Youssef, dans le bassin de l'Oum Er-Rbia. Les volumes enregistrés restent toutefois modestes, signe de l'entrée dans une période où les pluies deviennent exceptionnelles.
À l'inverse, plusieurs grands barrages ont vu leurs réserves diminuer sous l'effet des prélèvements destinés à l'alimentation en eau potable, à l'irrigation et aux autres usages. Le barrage Idriss Ier, dans la province de Taounate, a enregistré la baisse la plus importante de la journée, avec près de 5,8 millions de mètres cubes en moins, tout en conservant un taux de remplissage élevé de 86,2%. Le
barrage Bin El Ouidane, dans la province d'Azilal, a également perdu près de 1,8 million de mètres cubes, son taux de remplissage demeurant supérieur à 90%.
Les données par bassin hydraulique illustrent toutefois une situation globalement confortable. Le
bassin du Tensift affiche le meilleur taux de remplissage (91,2%), devant le
Loukkos (87%), le
Sebou (85,9%) et le
Bouregreg (85,3%). L'Oum Er-Rbia et la Moulouya dépassent également les 63% de remplissage. En revanche, les bassins du
Drâa-Oued Noun (38,2%) et du
Guir-Ziz-Gheris (44,9%) restent les plus fragiles, tandis que celui du
Souss-Massa atteint 52%.
Pour les spécialistes, ces variations quotidiennes sont caractéristiques de la saison estivale. Les apports deviennent limités, tandis que les volumes stockés sont davantage sollicités pour répondre aux besoins en eau potable, à l'irrigation agricole, à la production hydroélectrique ainsi qu'aux pertes liées à l'évaporation, particulièrement importantes lors des épisodes de fortes chaleurs.
Si la situation hydrique du Royaume apparaît aujourd'hui bien plus favorable qu'il y a un an, cette amélioration ne remet pas en cause la nécessité de poursuivre les efforts de gestion rationnelle de la ressource. Les niveaux actuels offrent une marge de sécurité appréciable pour traverser l'été, mais l'évolution des réserves dépendra désormais essentiellement du rythme des prélèvements jusqu'au retour des premières pluies de l'automne.