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CGLU 2026 : le Maroc plaide pour un nouvel ordre territorial mondial

Les villes ne veulent plus être à la périphérie des décisions mondiales. Réunies à Tanger à l'occasion du 8ᵉ Congrès mondial de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), elles entendent désormais peser sur les grandes orientations de la gouvernance internationale. Un message largement partagé lors de la cérémonie d'ouverture, marquée par la lecture du Message adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux participants et par les interventions du maire de Tanger, Mounir Laymouri, et du président mondial de CGLU, Lee Jang-Woo.

23 Juin 2026 À 23:23

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En présence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, la cérémonie inaugurale a donné le ton d'un rendez-vous qui dépasse largement les questions de gestion municipale. Derrière le thème retenu, «Une nouvelle génération de services publics locaux universels», c'est en réalité la place des territoires dans l'architecture de la gouvernance mondiale qui est au cœur des débats.

Dans Son Message, dont lecture a été donnée par le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, le Souverain a défendu une vision où la gouvernance territoriale devient un levier central de justice sociale, de cohésion territoriale et de développement durable. «La gouvernance territoriale n'est plus seulement une affaire d'ordre administratif ou de logique organisationnelle», souligne le Message Royal. Elle constitue désormais un instrument essentiel pour réduire les inégalités, restaurer la confiance entre citoyens et institutions et traduire les engagements internationaux en projets concrets au niveau local.

La régionalisation avancée érigée en modèle

Le Message Royal a également permis de remettre en avant l'un des grands chantiers institutionnels du Royaume : la régionalisation avancée. Présentée comme un choix stratégique, celle-ci vise à renforcer la démocratie locale, libérer les potentiels des territoires et construire un développement fondé sur les spécificités de chaque région. Au-delà du cas marocain, le Souverain a mis en avant une vision où les collectivités territoriales ne sont plus de simples relais de l'administration centrale mais des acteurs à part entière de la transformation économique, sociale et environnementale. Un positionnement qui résonne particulièrement avec les attentes d'un mouvement municipal mondial en quête de reconnaissance institutionnelle.

Tanger, vitrine d'un Maroc ouvert sur le monde

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cette édition se tient à Tanger. Dans son allocution, le maire de la ville, Mounir Laymouri, a rappelé la vocation historique de la cité du Détroit comme espace de rencontre entre les civilisations et les continents. Carrefour entre la Méditerranée et l'Atlantique, porte de l'Afrique sur le monde, Tanger symbolise selon lui un Maroc ouvert, tourné vers le dialogue et la coopération internationale.
Pour le président de l'Association marocaine des présidents des conseils communaux, l'organisation de ce congrès constitue également une reconnaissance internationale du parcours accompli par le Royaume en matière de décentralisation et de développement territorial durable. Il y voit aussi la consécration du rôle croissant de la diplomatie territoriale comme instrument de rapprochement entre les peuples et de coopération entre collectivités.

«La proximité est notre plus grande force»

Cette revendication d'une plus grande place pour les territoires a trouvé un écho particulier dans le discours de Lee Jang-Woo, président mondial de CGLU et maire de Daejeon. Revenant sur les avancées enregistrées depuis le congrès de Daejeon en 2022, il a salué la reconnaissance officielle des gouvernements locaux et régionaux dans le Pacte des Nations unies pour l'avenir adopté en 2024, une étape qu'il a qualifiée de victoire historique pour le mouvement municipal mondial.
Pour Lee Jang-Woo, les collectivités locales sont aujourd'hui les institutions les plus proches des citoyens, les premières à répondre aux crises et les mieux placées pour transformer les droits en réalités concrètes. «La proximité n'est pas une limitation. C'est notre plus grande force», a-t-il lancé devant les participants.

Un message politique

Au-delà des discours protocolaires, la cérémonie d'ouverture a délivré un message politique clair : dans un monde confronté aux crises climatiques, aux tensions géopolitiques, aux fractures sociales et aux défis migratoires, les solutions ne pourront plus être conçues uniquement depuis les capitales ou les organisations internationales. Des villes aux régions, les territoires revendiquent désormais leur place dans la définition des politiques publiques mondiales.
Et en accueillant ce congrès à Tanger, le Maroc entend manifestement se positionner comme l'un des porte-voix de cette nouvelle diplomatie des territoires, fondée sur la proximité, la coopération et le développement partagé.
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