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Fin de l'actuelle législature : des députés choisissent de présenter individuellement leur bilan

À la fin de chaque législature, les groupes et groupements parlementaires, de la majorité et de l’opposition, présentent le bilan de leur action en matière de législation et de contrôle de l'action gouvernementale. Certains députés ont toutefois fait le choix de présenter de manière individuelle leurs bilans respectifs sur différentes plateformes numériques.

16 Juillet 2026 À 16:54

Plusieurs députés estiment que la présentation d'un bilan individuel est une démarche positive qui permet, au-delà de la documentation des réalisations, d'engager un débat avec les citoyens, ce qui renforce la proximité avec ces derniers et consolide la confiance en l'institution législative.



Selon la députée Houria Didi, la présentation de bilans individuels est nécessaire au vu de la nature de la relation entre le candidat et l'électeur. Le parlementaire, a-t-elle expliqué, se présente aux citoyens avec un programme électoral et des engagements clairs établissant, sitôt leur confiance acquise, une relation contractuelle érigée en «pacte» plutôt qu'en simple engagement politique. Dans une déclaration à la MAP, Mme Didi, membre du groupe du Parti authenticité et modernité (PAM), a considéré qu'à la fin de son mandat, le député se trouvait dans l'obligation de retourner vers les citoyens pour faire le point sur ce qu'il a accompli dans le cadre des missions représentatives qui lui ont été confiées. La présentation du bilan constitue, à ce titre, une étape d'évaluation de son expérience et de ce qui a été réalisé durant ce mandat, a-t-elle dit. Cette pratique s'inscrit, selon elle, dans la droite ligne des principes de bonne gouvernance et la culture des résultats, en faisant de l'évaluation une partie intégrante de l’action parlementaire plutôt qu'une initiative conjoncturelle.

De son côté, le député Omar Lazrak a indiqué à la MAP que lorsque l'électeur «accorde sa confiance à un candidat, il s’attend à ce qu'il plaide ses causes locales et directes au sein du Parlement et qu'il exerce son rôle dans le contrôle de l'action gouvernementale, la présentation du bilan constitue donc l'incarnation de cet engagement pris envers les électeurs». M. Lazrak, membre du groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI), a souligné que le citoyen se préoccupait surtout de l'impact de l'action parlementaire sur sa vie quotidienne dans divers domaines, notant que la réussite du député à soulever des questions fondamentales dans l'hémicycle donne au citoyen le sentiment que quelqu'un veillait sur ses intérêts. Pour ce qui est des parlementaires qui ne font pas de bilan de leurs mandats législatifs, le député RNI attribue cela à de multiples facteurs, dont le fait que des élus «n'accordent pas de grande importance à la communication avec les citoyens» et la faiblesse de la culture de communication chez d'autres, voire la faiblesse du bilan lui-même.

Dans le même ordre d'idées, Batoul Abladi, membre du groupement parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), a considéré la présentation du bilan par le député à la fin de son mandat comme un engagement multidimensionnel alliant les dimensions éthique, politique et organisationnelle, qui permet de consolider la confiance dans l'action politique. La dimension éthique, a-t-elle expliqué, réside dans le retour vers le citoyen qui a accordé sa confiance au parlementaire, tandis que la dimension politique se traduit par le fait de permettre à l'électeur d'évaluer la performance de son représentant au sein de l'institution législative. Concernant la dimension organisationnelle, Mme Abladi a relevé que la présentation du bilan s'inscrivait dans le cadre d'une culture partisane de communication permanente avec les militants et les citoyens, de même qu'elle fournit une documentation pouvant servir de référence pour les chercheurs, les futurs députés et pour le député lui-même dans l'évaluation de sa performance.

Les bilans individuels peuvent constituer un point de départ pour évaluer et améliorer la performance parlementaire ainsi que pour renouveler l'engagement envers les citoyens, a-t-elle fait valoir, notant que de telles initiatives contribuaient à l'ancrage de la culture de la performance et à l'établissement d'une relation solide avec le citoyen tout au long de la législature.

Selon Meryem Blial, chercheuse spécialisée dans les affaires parlementaires, la présentation du bilan parlementaire ne doit pas être perçue comme facultative, mais plutôt comme un devoir politique et éthique qui traduit l'engagement naturel du député envers les citoyens qui l'ont élu. Dans d'autres expériences démocratiques, on ne se contente pas de présenter un bilan en fin de mandat, mais on publie aussi des rapports périodiques après chaque session parlementaire ou année législative, couvrant les différents aspects du travail parlementaire (législation, contrôle, évaluation des politiques publiques, diplomatie parlementaire), ce qui renforce la culture de la reddition des comptes, a fait remarquer la chercheuse.
Les avancées technologiques ont facilité le processus d'élaboration et de diffusion du bilan, sous forme de vidéos et d'infographies, sur les plateformes numériques, ce qui permet de simplifier les données relatives à la performance parlementaire et les rendre accessibles aux citoyens, a relevé Mme Blial. Pour elle, le véritable enjeu consiste à faire du bilan un levier pour promouvoir la culture de l'évaluation, renforcer la communication avec les citoyens et leur fournir des informations objectives qui les aident à évaluer les réalisations de leurs représentants. À ses yeux, le fait que le débat politique passe d'une logique de discours et de promesses à une logique de chiffres et de bilans contribue à l'élévation de la pratique démocratique et renforce la place de l'institution parlementaire dans la société.
Avec la clôture de la deuxième session de l’année législative 2025-2026, le besoin se fait sentir d'ancrer le réflexe de présentation du bilan dans la culture parlementaire, en tant qu'outil d'évaluation de la performance au terme de chaque mandat et de renforcement de la confiance dans les institutions.

Par Assiya El Omrani
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