a retrouvé son rythme de croisière. Le parti multiplie les rencontres de proximité et les meetings avec les citoyens aux quatre coins du Royaume, dans les régions nanties comme dans les contrées reculées, dans les villages enclavés comme dans les localités les moins loties. Bilan des réalisations, explication du programme électoral et présentation des candidats composent invariablement le menu de ces rendez-vous.
, la formation a poursuivi ses tournées de communication du vendredi 4 au dimanche 6 septembre, à l'approche des échéances électorales du mercredi 23 septembre. Cap sur la province de
.
Ces rencontres obéissent à une double fonction. Le parti y répond à ses détracteurs et à ses concurrents politiques, met en avant ses propositions pour le prochain mandat et les points forts de son programme, tout en défendant le bilan du gouvernement qu'il dirige depuis 2021. À Jorf El Melha et à Aïn Jawhra à Tifelt, devant plus de 15.000 personnes venues de la province de
Les autres membres du bureau politique ont adossé ces engagements à des réalisations chiffrées.
Karim Zaïdan a soutenu que le parti avait choisi d'ériger l'écoute des citoyens en point de départ de son programme, en se rendant dans les différentes régions du
Maroc pour recueillir les attentes des populations avant de les convertir en politiques publiques. Le Maroc, a-t-il estimé, a consolidé sa position continentale sur les plans industriel et touristique, en s'appuyant sur la stabilité politique et sécuritaire et sur des infrastructures de haute qualité, tandis que le gouvernement posait les fondements du
chantier Royal de l'
État social.
Le même responsable a écarté toute campagne fondée sur des promesses irréalistes, insistant sur des engagements exécutables dans la limite des moyens disponibles, et plaidé pour l'achèvement des chantiers lancés plutôt que pour un changement de cap. La conjoncture, a-t-il rappelé, a été marquée par des contraintes internationales et des crises mondiales que le Royaume a traversées en préservant sa dynamique et sa stabilité.
Ahmed El Bouari a, quant à lui, placé
Sidi Kacem au cœur de la dynamique agricole du
Gharb, l'un des principaux bassins contribuant à la production nationale et à la
souveraineté alimentaire. Trois projets structurants y sont entrés en phase d'exécution, pour un coût global avoisinant 15 milliards de dirhams. Ils portent sur l'extension du réseau d'
irrigation sur 30.000 hectares répartis à parts égales entre Sidi Kacem et
Sidi Slimane, sur l'irrigation complémentaire de 16.000 hectares à Sidi Kacem et sur le raccordement des stations de pompage aux canaux principaux, gage de rationalisation de l'usage de l'eau dans un contexte de rareté. Le défi de la province a changé de nature, a-t-il observé. Il ne réside plus dans la production, abondante, mais dans sa valorisation locale, du stockage à la transformation et à la commercialisation sur place, seule voie pour convertir cette abondance en valeur ajoutée territoriale et en emplois. Le gouvernement ne prétend pas avoir résolu toutes les difficultés, a-t-il concédé, mais il a engagé des chantiers importants et prépare une deuxième phase de projets.
Nadia Fettah Alaoui a pour sa part défendu une ambition qu'elle résume par la construction d'une route de l'espoir. Le rôle de l'État consiste à ouvrir la voie aux citoyens et à les accompagner, en clarifiant les opportunités disponibles, notamment pour les jeunes appelés à bâtir leur avenir par l'emploi, la formation ou la
création d'entreprises. La membre du bureau politique a insisté sur la gestion responsable des deniers publics, rappelant que les ressources administrées sont l'argent des citoyens, et souligné que l'amélioration des
salaires et des
pensions supposait une planification rigoureuse garantissant la pérennité du système de protection sociale et de
retraite pour les générations actuelles et futures. L'
autonomisation des femmes, a-t-elle ajouté, ne saurait se limiter à une protection en période de difficulté.
Aziz Akhannouch avait, lui, dressé à Aïn Jawhara l'inventaire des réalisations enregistrées dans la province de
Khémisset. Des investissements avoisinant 100 milliards de centimes ont été orientés vers le secteur de la santé et les
établissements hospitaliers, avec trois ou quatre projets hospitaliers, dont un
hôpital de proximité et deux hôpitaux dans la province, a-t-il fait valoir, rappelant que le gouvernement avait prospecté à l'étranger et que plusieurs investisseurs s'étaient depuis installés, d'autres étant annoncés.
La reconstitution du cheptel, la commission d’enquête et la loyauté envers la majorité
À
Aïn Jawhara, une commune rurale où le
pâturage et l'
élevage occupent une place déterminante, les militants ont eu droit aux explications du Chef du gouvernement sur le dossier qui a alimenté le débat public durant les deux dernières années : la polémique ayant accompagné l’opération de reconstitution du
cheptel. À cette occasion, M. Akhannouch a déclaré que «certains parlent comme si les cinq dernières années s'étaient déroulées dans des conditions ordinaires, avec des pluies suffisantes, de l'eau disponible et des parcours accessibles, alors que le pays a subi la
sécheresse durant cinq années marquées par un
déficit hydrique aigu, un recul des pâturages et de lourdes difficultés pour les éleveurs, avant que le gouvernement ne mette en place un programme d'accompagnement leur permettant de poursuivre leur activité.
Les statistiques établies à l'approche de l'
Aïd Al-Adha faisaient apparaître un nombre de têtes insuffisant. Deux options se présentaient alors, a-t-il rappelé, renoncer à l'accomplissement du rite dans sa forme habituelle ou l'organiser en mobilisant les moyens nécessaires. Le choix s'est porté sur l'importation d'une partie du cheptel, orientation quasiment sans précédent à cette échelle dans l'histoire du Royaume, où l'
importation d'ovins ne relevait pas des pratiques établies.
La réalité climatique ne laissait guère d'alternative. La reproduction naturelle du cheptel reculait, les bêtes ne trouvaient pas de quoi se nourrir, les agriculteurs peinaient et l'abattage se poursuivait, accentuant la pression sur les effectifs. Pour encourager les importateurs à approvisionner le marché, faire baisser les prix et rapprocher l'offre de la demande, l'Exécutif a instauré une aide de 500 dirhams par tête importée. La procédure passait par les
services douaniers. Les ovins introduits étaient enregistrés et l'importateur obtenait les documents attestant leur nombre, seuls ces justificatifs ouvrant droit au versement du soutien. Ce mécanisme a permis l'importation de quelque 800.000 têtes et le déroulement de l'Aïd dans des conditions acceptables, avant que d'autres mesures ne soient prises pour réorganiser et requalifier le cheptel national.
Le risque majeur restait ailleurs. Une chute du capital animal national, socle de la reproduction, ne se rattrape pas rapidement, a averti
Aziz Akhannouch, puisque revenir à 25 ou 26 millions de têtes exige du temps, une bonne campagne agricole, des précipitations suffisantes et un ensemble d'autres conditions. C'est dans ce contexte qu'est intervenue la décision de
Sa Majesté le Roi de ne pas accomplir le rite du sacrifice, qualifiée de décision importante et judicieuse, qui a permis au cheptel de retrouver une partie de sa capacité de renouvellement.
L'année suivante, avec le retour de pluies tardives, le rite a de nouveau été accompli et un large programme de soutien a été lancé au profit de 1,2 million d'éleveurs, après une campagne de contrôle et de recensement destinée à établir le nombre réel de têtes détenues par chacun. Trois départements ont supervisé l'opération, l'Intérieur, l'Agriculture et l'Économie et les finances, chargés successivement de l'enregistrement des éleveurs et du marquage du cheptel, puis de la détermination des bénéficiaires et de la mobilisation des crédits nécessaires au versement des aides.
Sur la polémique entourant l'identité des importateurs, le Chef du gouvernement a écarté le procès. Chacun veut aujourd'hui endosser le costume du héros, a-t-il ironisé, alors que 800.000 têtes sont bel et bien entrées et que ces opérateurs, qui n'exerçaient pas cette activité à une telle échelle, ont contribué à approvisionner le marché national. Des irrégularités ont pu se produire ici ou là, a-t-il admis, mais le pays a globalement préservé son cheptel. «Ce qui nous importe, c'est que le soutien soit allé au citoyen et à l'éleveur. Le cheptel est désormais engagé dans un processus de reconstitution qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années», a-t-il déclaré.
Commission d'enquête
Restait le volet strictement politique. Face aux appels à la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur l'importation des ovins, la position du parti a été arrêtée d'emblée. «Nous sommes au gouvernement, nous sommes responsables et nous ne fuyons pas nos responsabilités... Si l'opposition souhaite mettre en place une commission d'enquête, elle est libre de le faire», a affirmé Aziz Akhannouch, précisant que les départements concernés, l'Agriculture, les Finances et l'Intérieur, se tenaient prêts à répondre et à produire les données requises.
Sa critique a visé la gestion du dossier au sein de la majorité. Une première discussion interne avait conclu qu'il n'était pas nécessaire d'emprunter cette voie. Puis l'un des présidents de groupe s'est tourné vers l'opposition pour lui proposer de déposer la demande, promettant que la majorité la signerait avec elle. «Où est la loyauté ?» s'est interrogé le Chef du gouvernement, estimant que la divergence des positions pose moins problème que l'absence de clarté et l'expression tardive des choix au sein de la coalition. Le gouvernement est resté dans l'attente d'une procédure qui n'est jamais venue. La commission n'a pas vu le jour, a constaté le Chef de l'Exécutif, qui y a vu une séquence de politique politicienne et a jugé de son devoir d'exposer ces circonstances. S'il a choisi de le faire depuis Aïn Jawhara, c'est en raison de la nature de la zone et du lien d'une partie de ses habitants avec l'élevage.