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Lundi 28 Septembre 2026
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Elections 2026 : les listes régionales ont sauvé la représentation des femmes et des jeunes

Les 395 députés élus le 23 septembre forment une Chambre des Représentants où les femmes occupent 27,09% des sièges et où les moins de 35 ans pèsent 9,37%. Derrière ces moyennes, les données publiées par le ministère de l'Intérieur, relevées région par région par Le Matin, font ressortir deux contingents. Dans les 305 sièges des circonscriptions locales, les hommes détiennent 94,4% des mandats et un élu sur deux a dépassé 55 ans. Les 90 sièges des listes régionales, réservées aux femmes, fournissent à eux seuls 84% des députées et 78% des élus de moins de 35 ans. Sur les 875 candidates engagées dans les circonscriptions locales, 17 seulement ont été élues. Trois régions n'y ont élu aucune femme.

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Depuis la proclamation des résultats du scrutin législatif du mercredi 23 septembre, les commentaires tournent autour du classement des partis, des scénarios de majorité et des noms qui circulent pour le prochain gouvernement. Une question n’a pas alimenté beaucoup de débats, pourtant elle n’est pas dénuée d’intérêt. Qui sont, au-delà de leur étiquette politique, les hommes et les femmes appelés à siéger dans la nouvelle Chambre des représentants ?

Les éléments de réponse se trouvent sur le portail officiel du ministère de l'Intérieur, www.elections.ma. Pour l'ensemble du pays, puis pour chacune des douze régions, le site publie la répartition des élus selon le sexe et selon quatre tranches d'âge, à savoir moins de 35 ans, de 35 à 45 ans, de 45 à 55 ans et plus de 55 ans. Les élus des circonscriptions électorales locales et les élues des listes régionales, exclusivement réservées aux femmes, y font l'objet de graphiques séparés.

«Le Matin» a relevé ces données une à une, région par région, avant de les rapprocher des chiffres nationaux. Le portail n'affiche que des pourcentages. Rapportés au nombre de sièges, ils permettent toutefois de retrouver le nombre exact d'élus dans chaque catégorie, et les totaux obtenus concordent avec ceux du niveau national. Le résultat nuance nettement l'image que renvoie la moyenne. Prise dans son ensemble, la nouvelle Chambre paraît s'ouvrir aux femmes et, dans une moindre mesure, aux jeunes. Examinée selon la voie par laquelle chaque député a obtenu son siège, elle se révèle composée de deux contingents au profils opposés.

Elections 2026 : les listes régionales ont sauvé la représentation des femmes et des jeunes

Une moyenne nationale qui brouille la lecture

Au niveau national, les graphiques du ministère de l'Intérieur font état de 107 femmes parmi les 395 élus, soit 27,09% des sièges. Les hommes en occupent 288, soit 72,91%. Pour l'âge, 37 députés ont moins de 35 ans (9,37%), 59 ont entre 35 et 45 ans (14,94%), 130 entre 45 et 55 ans (32,91%) et 169 dépassent 55 ans (42,78%). Les plus de 45 ans détiennent ainsi 299 sièges, soit un peu plus des trois quarts de l'hémicycle. Ces proportions prennent du relief lorsqu'on les compare à la composition du corps électoral. Le récapitulatif statistique diffusé le 21 septembre, à deux jours du vote, indiquait que les jeunes âgés de 18 à 24 ans représentent 4% des 15.801.162 inscrits sur les listes électorales générales, et les 25-34 ans 15%. Près d'un électeur sur cinq a donc moins de 35 ans, alors que moins d'un député sur dix appartient à cette tranche.

À l'autre bout de la pyramide, le même document précisait que «les personnes âgées de 60 ans et plus représentent plus de 29% de l'ensemble des inscrits». Les tranches retenues pour les inscrits et pour les élus ne se recouvrent pas, ce qui interdit une comparaison terme à terme. Un constat s'impose néanmoins. Avec 169 membres, les plus de 55 ans forment le premier groupe d'âge de la nouvelle Chambre.

Les femmes ont connu une érosion comparable entre le dépôt des candidatures et la proclamation des résultats. Elles représentaient 2.658 des 7.288 candidatures enregistrées au niveau national, soit un peu plus de 36%. Leur part retombe à 27,09% parmi les élus. Encore ce chiffre, considéré isolément, masque-t-il l'essentiel.

Deux voies d'accès, deux assemblées

D'après les données officielles du ministère, les 395 sièges se répartissent entre les 305 sièges des circonscriptions électorales locales et les 90 sièges des listes régionales. Les graphiques consacrés à ces dernières le confirment, les 90 élues régionales sont toutes des femmes. Les 288 hommes de l'hémicycle ont donc tous été élus dans les circonscriptions locales. Dans ces circonscriptions, le visage de la Chambre change du tout au tout. Sur 305 élus, on ne compte que 17 femmes, soit 5,6%. Les hommes y détiennent 94,4% des mandats. Le profil d'âge suit la même pente. Parmi les élus locaux, 8 seulement ont moins de 35 ans, soit 2,6%. Ils sont 41 entre 35 et 45 ans, 106 entre 45 et 55 ans et 150 au-delà de 55 ans. Un député élu localement sur deux a donc dépassé 55 ans, et à peine un sur six a moins de 45 ans.

Les listes régionales dessinent le portrait inverse. Sur les 90 élues, 29 ont moins de 35 ans, soit 32,22%, ce qui fait de cette tranche la mieux représentée. Viennent ensuite les 45-55 ans avec 24 élues (26,67%), les plus de 55 ans avec 19 élues (21,11%) et les 35-45 ans avec 18 élues (20%). Plus de la moitié des députées issues de ces listes ont moins de 45 ans. La part des moins de 35 ans y est douze fois plus élevée que dans les circonscriptions locales.

Le poids de ce mode de scrutin dans la composition de l'hémicycle apparaît alors dans toute son ampleur. Les listes régionales fournissent 90 des 107 femmes députées, soit 84%. Elles apportent aussi 29 des 37 élus de moins de 35 ans, soit 78%. Réduite à ses seuls élus locaux, la Chambre des représentants compterait 5,6% de femmes et 2,6% de députés de moins de 35 ans. Dans la nouvelle législature, un député de moins de 35 ans est, dans près de huit cas sur dix, une femme élue sur une liste régionale.

Les candidates locales se heurtent à un plafond

Le faible nombre d'élues locales ne s'explique pas par l'absence de candidates. Le récapitulatif du 21 septembre dénombrait 1.783 candidates sur les 235 listes présentées dans les circonscriptions régionales, pour un total de 2.658 candidatures féminines. Par différence, 875 femmes se sont donc présentées dans les circonscriptions locales, sur un total de 5.505 candidats, soit près de 16% de l'offre locale. Le verdict des urnes a fortement réduit cette proportion. Sur ces 875 candidates, 17 ont été élues, soit un taux de réussite de 1,9%. Dans le même temps, 288 des 4.630 candidats masculins ont décroché un siège, soit 6,2%. Dans les circonscriptions locales, les chances d’élection d’un candidat étaient ainsi un peu plus de trois fois supérieures à celles d’une candidate.

La répartition géographique de ces 17 élues est très inégale. Souss-Massa en compte 4 sur 21 sièges locaux, soit 19,05%, la proportion la plus élevée du pays. Guelmim-Oued Noun arrive en deuxième position avec une élue sur 8 sièges (12,5%). Casablanca-Settat compte également 4 élues, mais sur 57 sièges, soit 7,02%. Béni Mellal-Khénifra et Fès-Meknès en ont chacune 2, avec des parts respectives de 8% et 5,41%. Draâ-Tafilalet, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Marrakech-Safi et Rabat-Salé-Kénitra n'en comptent qu'une. Trois régions n'ont élu aucune femme dans leurs circonscriptions locales. Il s'agit de l'Oriental, qui dispose pourtant de 23 sièges locaux, de Laâyoune-Sakia El Hamra (9 sièges) et de Dakhla-Oued Eddahab (4 sièges). Dans la région de la capitale, Rabat-Salé-Kénitra, une seule femme figure parmi les 39 élus locaux, soit 2,56%.

En additionnant les deux modes de scrutin, la hiérarchie régionale se précise. Guelmim-Oued Noun envoie 6 femmes sur 13 députés, Dakhla-Oued Eddahab 3 sur 7 et Souss-Massa 11 sur 28, soit entre 39% et 46% des sièges selon la région. À l'opposé, Rabat-Salé-Kénitra ne compte que 11 femmes sur 49 députés (22,4%), la part la plus faible du Royaume. Casablanca-Settat (16 sur 69) et l'Oriental (7 sur 30) la précèdent de peu, avec environ 23%.

Des profils d'âge contrastés d'une région à l'autre

Les écarts régionaux sont tout aussi marqués pour l'âge. Dans les circonscriptions locales, Laâyoune-Sakia El Hamra affiche la plus forte proportion d'élus de plus de 55 ans, avec 6 députés sur 9. Parmi les régions qui disposent de plus de dix sièges locaux, c'est Casablanca-Settat qui arrive en tête, avec 61,4%, soit 35 élus sur 57. L'Oriental suit de près (60,87%, soit 14 sur 23), devant Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (55,17%, soit 16 sur 29).

Draâ-Tafilalet présente à l'inverse le profil local le plus jeune. Sur ses 17 élus, 2 ont moins de 35 ans et 6 ont entre 35 et 45 ans, si bien que près de la moitié de ses députés locaux ont moins de 45 ans. Souss-Massa se situe elle aussi nettement au-dessus de la moyenne, avec 7 élus de moins de 45 ans sur 21. Sept régions n'ont en revanche envoyé au Parlement aucun élu local de moins de 35 ans. C'est le cas de l'Oriental, de Fès-Meknès, de Rabat-Salé-Kénitra, de Béni Mellal-Khénifra, de Guelmim-Oued Noun, de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Eddahab.

Les listes régionales obéissent, elles aussi, à des logiques différentes selon les territoires. À Guelmim-Oued Noun, 4 des 5 élues ont moins de 35 ans. À Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, la moitié des 8 élues appartient à cette tranche et aucune n'a dépassé 55 ans. Draâ-Tafilalet (3 sur 6), Béni Mellal-Khénifra (3 sur 7) et Casablanca-Settat (4 sur 12) font également une large place aux plus jeunes. À Casablanca-Settat, les 12 élues se partagent toutefois entre ces moins de 35 ans et un bloc de 7 élues âgées de 45 à 55 ans, sans aucune représentante de la tranche intermédiaire.

Elections 2026 : les listes régionales ont sauvé la représentation des femmes et des jeunes



Rabat-Salé-Kénitra fait figure d'exception. La moitié de ses 10 élues régionales, soit 5, ont plus de 55 ans, et une seule a moins de 35 ans. Fès-Meknès compte 4 élues de plus de 55 ans sur 10 et Dakhla-Oued Eddahab 2 sur 3. A Souss-Massa, la génération intermédiaire domine, avec 4 élues sur 7 âgées de 35 à 45 ans.

Mis bout à bout, ces chiffres dessinent des délégations régionales très dissemblables. Rabat-Salé-Kénitra envoie à la Chambre un seul député de moins de 35 ans sur 49, contre 22 de plus de 55 ans. L'Oriental n'en compte qu'un sur 30, pour 15 élus de plus de 55 ans. Guelmim-Oued Noun, avec 4 jeunes députés sur 13, et Drâa-Tafilalet, avec 5 sur 23, se situent à l'autre extrémité. Casablanca-Settat, première région par le nombre de sièges, réunit 6 députés de moins de 35 ans et 36 de plus de 55 ans parmi ses 69 représentants.

Les données du portail ne renseignent ni sur l'appartenance partisane des élus ni sur le nombre de sortants reconduits, alors que 227 parlementaires en exercice avaient sollicité un nouveau mandat. Elles établissent en revanche que la présence des femmes et des jeunes dans la nouvelle Chambre repose, pour l'essentiel, sur les 90 sièges des listes régionales.

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