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Élections 2026 : soixante-dix jours pour réussir le pari démocratique

Mardi 14 juillet 2026, le ministre de l'Intérieur a réuni, en deux sessions distinctes, les chefs et cadres des partis politiques pour poser les jalons organisationnels du scrutin législatif du 23 septembre prochain. Au programme de ces rencontres : révision des listes électorales, nouvelle procédure numérique de dépôt des candidatures, financement public des campagnes et activation, sur Haute Instruction Royale, de la Commission centrale de suivi des élections. Entre une plateforme électronique dont les délais d'ouverture sont désormais arrêtés et un dispositif de contrôle financier soumis à la rigueur de la loi, le compte à rebours est lancé. Soixante-dix jours pour organiser, convaincre et voter.

15 Juillet 2026 À 18:20

Le 23 septembre 2026 n'est plus une date lointaine inscrite dans un agenda parlementaire. C'est un horizon précis, mesuré en semaines, qui s'est matérialisé mardi à travers les réunions du ministère de l'Intérieur, où les chefs et cadres des partis politiques ont découvert, chiffres et procédures à l'appui, l'architecture complète du prochain scrutin législatif. Deux sessions, un calendrier serré, des règles nouvelles et une commission mandatée pour en garantir la sincérité : le Maroc entre, concrètement, dans le temps électoral.

À cette occasion, le bilan de la révision des listes électorales générales, conduite du 15 mai au 10 juillet 2026 sous la supervision de commissions administratives présidées par des magistrats, a été présenté aux représentants des formations politiques. Une opération qui constitue la base légale de tout le dispositif à venir, et dont la présidence juridictionnelle n'est pas un détail : elle atteste une volonté d'inscrire chaque étape du processus sous le signe du contrôle de droit.

Du 31 août au 23 septembre, un compte à rebours sans marge d'erreur

Les dates sont désormais annoncées. La plateforme électronique dédiée au dépôt des candidatures ouvrira ses accès le 31 août 2026 à huit heures du matin. Les listes de candidature devront y être déposées, dans leur intégralité numérique, avant midi le 8 septembre. Un jour plus tard, soit le 9 septembre, expirera le délai pour le dépôt physique des dossiers originaux auprès des autorités habilitées à recevoir les déclarations de candidature. La campagne électorale s'ouvrira le 10 septembre pour s'achever à minuit le 22 septembre. Le scrutin aura lieu le lendemain.

Ce calendrier ne laisse aucune place à l'improvisation. La plateforme numérique ne constitue pas une simple facilité administrative : elle représente la première étape obligatoire d'un processus en deux temps. Les représentants des listes mandatés par les formations politiques devront saisir l'ensemble des données et documents requis en ligne, télécharger le récépissé électronique de dépôt, puis se présenter dans les délais légaux aux autorités compétentes pour y remettre la version papier du dossier. Tout dossier incomplet, qu'il manque une donnée ou un document, sera déclaré nul. La règle est nette et sans appel.

Pour faciliter cette transition vers le numérique, le ministère a annoncé l'organisation d'une phase de simulation d'une durée de six jours, destinée à permettre aux mandataires des partis de tester la plateforme, de vérifier la compatibilité de leurs documents et d'anticiper les éventuels blocages techniques. Une précaution qui témoigne d'une conscience lucide des risques d'exclusion que peut engendrer un saut technologique brutal pour les formations moins dotées en ressources humaines qualifiées. La liste des documents exigés est elle aussi fixée avec précision. Elle comprend la liste de candidature, les accréditations, la preuve de versement des cautions, les photos des candidats, les copies de la carte nationale d'identité électronique, le casier judiciaire ou l'extrait de casier, ainsi que le certificat d'inscription sur les listes électorales.

Pour les candidats résidant à l'étranger, des pièces complémentaires s'imposent : casier judiciaire étranger ou document équivalent et attestation de résidence. Les candidats en situation de handicap, quant à eux, doivent produire un document officiel établissant cette situation, condition nécessaire pour que les partis puissent bénéficier des incitations financières prévues par la loi en faveur de la représentativité des Marocains du monde et des personnes en situation d’handicap.

Un point technique mérite une attention particulière : le ministère a insisté sur l'obligation de disposer d'une carte nationale d'identité électronique en cours de validité, aussi bien pour les candidats que pour les mandataires de listes. Cette exigence conditionne l'accès même à la plateforme numérique, ce qui signifie qu'un simple document périmé peut bloquer l'ensemble du processus de dépôt avant même qu'il ne commence.

Financement public, sous l'œil de la loi

Si le calendrier constitue l'épine dorsale visible du dispositif électoral, le financement en représente le système nerveux, moins spectaculaire, mais tout aussi déterminant pour l'équité de la compétition. Les réunions du 14 juillet ont été l'occasion de présenter aux partis les règles déterminant la contribution de l'État au financement des campagnes électorales pour le scrutin des membres de la Chambre des représentants.

Les formations politiques participantes ont été informées des conditions d'éligibilité à ce soutien public, des procédures d'ouverture des comptes bancaires dédiés à la campagne et des modalités de décaissement des crédits alloués. Mais le message central du volet financier n'est pas celui de l'accès à la ressource, il est celui du contrôle. Le ministère a été explicite : les partis sont tenus de respecter les règles de gestion, de justification et de traçabilité des dépenses électorales, conformément aux dispositions légales en vigueur. Le non-respect de ces obligations expose les formations concernées au contrôle des organes compétents. La transparence dans le maniement des deniers publics n'est pas une option, c'est une condition.

Ce cadre de contrôle financier s'inscrit dans une architecture de supervision plus large, activée sur Haute Instruction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. La Commission centrale de suivi des élections, composée du ministre de l'Intérieur et de la présidence du Ministère public, sera chargée de veiller à la sécurité et à l'intégrité de l'opération électorale dans toutes ses étapes. Elle trouvera un prolongement territorial à travers des Commissions régionales, constituées du wali et du procureur général du Roi, et des Commissions provinciales, formées du gouverneur de préfecture ou de province et du procureur du Roi. Ce maillage institutionnel couvre ainsi l'ensemble du territoire, du centre aux circonscriptions les plus éloignées.

Les partis politiques ont exprimé leur adhésion à ce dispositif. Leurs dirigeants ont affirmé la disposition de leurs formations à se mobiliser et à contribuer, aux côtés des autorités publiques et des autres acteurs concernés, à réunir les conditions nécessaires pour réussir le scrutin. Les deux réunions, selon le compte rendu officiel, se sont déroulées dans un climat positif, marqué par un débat franc et responsable. Il reste soixante-dix jours. Soixante-dix jours pendant lesquels chaque parti devra constituer ses listes, maîtriser une plateforme numérique inédite, gérer un financement sous contrôle juridictionnel et mener campagne dans le cadre d'une fenêtre de douze jours seulement.
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