Nation

Les étudiants en médecine dentaire menacent d'un boycott des stages hospitaliers

À quelques semaines de la rentrée universitaire, la tension remonte d'un cran à la Faculté de médecine dentaire de Casablanca. Estimant que leurs revendications essentielles restent sans réponse malgré plusieurs mois de mobilisation, les étudiants brandissent désormais la menace d'une escalade pouvant aller jusqu'au boycott généralisé des stages hospitaliers. En ligne de mire : le manque de terrains de stage et l'insuffisance des équipements pédagogiques, deux problèmes qu'ils jugent incompatibles avec une formation clinique de qualité.

26 Juillet 2026 À 15:05

Your browser doesn't support HTML5 audio

Près de quatre mois après leur importante marche organisée le 2 avril dernier à Casablanca, les étudiants en médecine dentaire dénoncent ce qu'ils qualifient d'absence de réponses concrètes de la part des autorités concernées. Dans un communiqué publié samedi dernier, le Bureau des étudiants affirme que les deux revendications jugées prioritaires demeurent entièrement en suspens, malgré les engagements déjà exprimés par les responsables du secteur.

La première porte sur l'élargissement des terrains de stages hospitaliers. Les étudiants estiment que l'augmentation continue des effectifs rend désormais les infrastructures actuelles incapables d'assurer un encadrement clinique conforme aux exigences de la formation. Ils rappellent d'ailleurs que les autorités avaient reconnu la nécessité de créer un nouveau centre de médecine dentaire pour absorber cette croissance, mais regrettent que ce projet reste bloqué faute de disponibilité du foncier, une situation qu'ils interprètent comme un manque de volonté pour concrétiser les engagements pris.

Un service achevé mais toujours fermé

En attendant cette solution structurelle, les étudiants réclament l'ouverture immédiate du service multidisciplinaire et des urgences, dont les travaux seraient achevés depuis plusieurs mois. Selon le communiqué, cette structure faisait partie des engagements ayant accompagné l'instauration de la sixième année d'études en 2019. Pourtant, malgré la fin du chantier, aucune information n'a été communiquée concernant son équipement ou son mode de fonctionnement. Une situation que les étudiants considèrent comme une illustration supplémentaire des retards accumulés dans ce dossier.

Le manque de matériel compromet la qualité de la formation

Au-delà des infrastructures, les futurs chirurgiens-dentistes alertent également sur les difficultés rencontrées au quotidien dans les stages cliniques. Ils réclament un approvisionnement régulier en consommables et en équipements médicaux au Centre de consultation et de soins dentaires du CHU Ibn Rochd, afin que les stages puissent se dérouler dans des conditions conformes aux standards scientifiques et pédagogiques. Pour eux, l'absence de matériel ne compromet pas seulement les apprentissages pratiques, mais affecte directement la qualité de la formation dispensée au sein de l'établissement.

Vers une rentrée sous haute tension

En effet, si le Bureau des étudiants affirme avoir privilégié jusqu'ici une démarche participative en organisant des assemblées générales réunissant les différentes promotions, il réaffirme toutefois l'importance de ces deux dossiers et la disposition à recourir à toutes les formes de mobilisation légales afin d'obtenir satisfaction. Ainsi, tout en réaffirmant son attachement au dialogue, le Bureau avertit que l'absence de mesures concrètes avant la prochaine rentrée universitaire pourrait conduire à une intensification du mouvement de protestation, sachant que parmi les scénarios envisagés figure un boycott total des stages hospitaliers dans l'ensemble des services concernés. Les étudiants préviennent également que les autorités administratives et de tutelle porteront l'entière responsabilité des perturbations qui pourraient affecter le fonctionnement normal des stages hospitaliers ainsi que les prestations de soins auxquelles les étudiants contribuent auprès des patients.

Il est clair qu’en portant le conflit sur le terrain de la rentrée universitaire, les étudiants en médecine dentaire cherchent manifestement à accroître la pression sur les pouvoirs publics. Derrière leurs revendications, ils affirment défendre un principe qu'ils jugent non négociable : garantir une formation clinique digne de ce nom. Leur message est sans équivoque : sans espaces de formation adaptés ni équipements suffisants, la qualité de l'enseignement est compromise. Et faute d'avancées rapides, la rentrée 2026 pourrait s'ouvrir sur un bras de fer inédit entre les étudiants et les autorités.
Copyright Groupe le Matin © 2026