La nouvelle majorité n’est pas encore définitivement constituée que les dossiers sociaux commencent déjà à s’inviter dans l’agenda gouvernemental. Alors que Fatima Ezzahra El Mansouri poursuit ses consultations avec les partis en vue de former le prochain Exécutif, syndicats, organisations professionnelles et acteurs associatifs cherchent à inscrire leurs priorités dans le programme qui devra être présenté devant le Parlement.
Le secteur de la santé ouvre ainsi l’un des premiers fronts revendicatifs de cette séquence. Dans une lettre ouverte adressée à la Cheffe du gouvernement désignée, le Syndicat national de la santé, affilié à la CDT, appelle le futur Exécutif à ne pas dissocier la poursuite de la réforme sanitaire de la situation de ses ressources humaines. Pour l’organisation, les professionnels de santé constituent «la pierre angulaire» du secteur public et leur valorisation doit cesser d’être un simple principe inscrit dans les textes pour trouver une traduction concrète dans leurs conditions matérielles, professionnelles et sociales.
Le secteur de la santé ouvre ainsi l’un des premiers fronts revendicatifs de cette séquence. Dans une lettre ouverte adressée à la Cheffe du gouvernement désignée, le Syndicat national de la santé, affilié à la CDT, appelle le futur Exécutif à ne pas dissocier la poursuite de la réforme sanitaire de la situation de ses ressources humaines. Pour l’organisation, les professionnels de santé constituent «la pierre angulaire» du secteur public et leur valorisation doit cesser d’être un simple principe inscrit dans les textes pour trouver une traduction concrète dans leurs conditions matérielles, professionnelles et sociales.
Le programme gouvernemental et le PLF 2027 directement ciblés
La démarche de la CDT ne se limite pas à une liste de revendications adressées au futur ministère de la Santé. Le syndicat cherche à intervenir en amont, au moment même où se dessinent les orientations de la prochaine législature. Il demande ainsi que les revendications du personnel de santé soient intégrées au futur programme gouvernemental et que leurs implications financières soient prises en considération dès le projet de loi de Finances 2027. Pour le syndicat, le prochain budget constituera un premier test de la priorité que le nouvel Exécutif accordera effectivement au secteur.
Trois grands axes structurent ainsi cette interpellation. Le premier porte sur le financement, les effectifs et les conditions d’exercice. Le syndicat réclame notamment une augmentation progressive du budget consacré à la santé jusqu’à 12% du budget général de l’État dans un horizon de cinq ans. Il s’agit bien, à ce stade, d’une revendication syndicale, et non d’un objectif budgétaire déjà arrêté par les pouvoirs publics.
La CDT demande parallèlement une augmentation des postes budgétaires destinés au recrutement de professionnels de santé, l’absorption progressive du déficit en ressources humaines, le recrutement de demandeurs d’emploi qualifiés ainsi que le développement des capacités de formation dans les différentes professions médicales et paramédicales. Au-delà des effectifs, le syndicat réclame que la réforme engagée avec la mise en place des groupements sanitaires territoriaux ne se fasse pas au détriment du personnel. Il appelle ainsi à une concertation continue avec le gouvernement et le ministère de tutelle sur les effets de cette nouvelle architecture en matière de gestion et de valorisation des ressources humaines.
Trois grands axes structurent ainsi cette interpellation. Le premier porte sur le financement, les effectifs et les conditions d’exercice. Le syndicat réclame notamment une augmentation progressive du budget consacré à la santé jusqu’à 12% du budget général de l’État dans un horizon de cinq ans. Il s’agit bien, à ce stade, d’une revendication syndicale, et non d’un objectif budgétaire déjà arrêté par les pouvoirs publics.
La CDT demande parallèlement une augmentation des postes budgétaires destinés au recrutement de professionnels de santé, l’absorption progressive du déficit en ressources humaines, le recrutement de demandeurs d’emploi qualifiés ainsi que le développement des capacités de formation dans les différentes professions médicales et paramédicales. Au-delà des effectifs, le syndicat réclame que la réforme engagée avec la mise en place des groupements sanitaires territoriaux ne se fasse pas au détriment du personnel. Il appelle ainsi à une concertation continue avec le gouvernement et le ministère de tutelle sur les effets de cette nouvelle architecture en matière de gestion et de valorisation des ressources humaines.
Le dossier de l’accord du 23 juillet 2024 revient au premier plan
Mais le véritable point de continuité avec la précédente législature concerne les engagements déjà conclus. Dans son deuxième axe, le Syndicat national de la santé exige l’exécution de ce qui reste en suspens dans l’accord du 23 juillet 2024 signé entre le ministère de la Santé et les organisations représentatives du secteur, ainsi que l’application des dispositions restant à mettre en œuvre dans le cadre de la fonction sanitaire. L’existence et la portée de cet accord sont d’ailleurs déjà établies. Le 23 juillet 2024, le ministère de la Santé avait signé, sur délégation du Chef du gouvernement, un procès-verbal avec six organisations syndicales : la CDT, la FDT, le Syndicat indépendant des infirmiers, l’UGTM, l’UNTM et l’ODT. Cet accord intervenait après plusieurs semaines de tensions et de grèves et portait notamment sur des revendications matérielles, statutaires et organisationnelles.
Parmi les mesures alors actées figuraient notamment une augmentation mensuelle nette de 500 dirhams pour les cadres infirmiers et de 200 dirhams pour les cadres administratifs et techniques, en plus des augmentations prévues par le dialogue social général. La mise en œuvre de plusieurs autres dispositions avait ensuite fait l’objet de discussions techniques entre les syndicats et le ministère. En revenant aujourd’hui sur cet accord, la CDT pose donc une question qui dépassera probablement son seul cas : dans quelle mesure le prochain gouvernement reprendra-t-il à son compte les engagements sociaux conclus par son prédécesseur et encore partiellement en chantier ?
Parmi les mesures alors actées figuraient notamment une augmentation mensuelle nette de 500 dirhams pour les cadres infirmiers et de 200 dirhams pour les cadres administratifs et techniques, en plus des augmentations prévues par le dialogue social général. La mise en œuvre de plusieurs autres dispositions avait ensuite fait l’objet de discussions techniques entre les syndicats et le ministère. En revenant aujourd’hui sur cet accord, la CDT pose donc une question qui dépassera probablement son seul cas : dans quelle mesure le prochain gouvernement reprendra-t-il à son compte les engagements sociaux conclus par son prédécesseur et encore partiellement en chantier ?
Au-delà des acquis, de nouvelles revendications annoncées
Le troisième axe de la lettre reste volontairement ouvert. Le syndicat annonce en effet l’existence d’une «nouvelle génération» de revendications du personnel de santé, dont le détail sera présenté au futur ministre chargé du secteur après sa nomination. Cette formulation traduit une stratégie en deux temps : sécuriser d’abord les engagements déjà obtenus, puis ouvrir une nouvelle négociation sur les attentes apparues avec la transformation du système de santé.
La réforme du secteur a profondément modifié son organisation au cours des dernières années, avec notamment le déploiement des groupements sanitaires territoriaux, la réforme de la gouvernance et l’élargissement de la couverture sociale. Pour les syndicats, la question centrale reste de savoir comment cette transformation institutionnelle se traduira dans le quotidien professionnel des médecins, infirmiers, techniciens et personnels administratifs.
La réforme du secteur a profondément modifié son organisation au cours des dernières années, avec notamment le déploiement des groupements sanitaires territoriaux, la réforme de la gouvernance et l’élargissement de la couverture sociale. Pour les syndicats, la question centrale reste de savoir comment cette transformation institutionnelle se traduira dans le quotidien professionnel des médecins, infirmiers, techniciens et personnels administratifs.
Les corps professionnels commencent à interpeller le nouvel Exécutif
La démarche de la CDT n’est d’ailleurs pas totalement isolée. Depuis la désignation de la nouvelle Cheffe du gouvernement, d’autres organisations ont commencé à adresser leurs attentes au nouvel Exécutif. Dans le secteur sanitaire, le Syndicat des pharmaciens unis de Marrakech a adressé dès le 29 septembre un message à Fatima Ezzahra El Mansouri, dans lequel il se dit disposé à contribuer aux chantiers de réforme du système de santé et plaide pour une meilleure reconnaissance de la place du pharmacien dans la chaîne de soins. La démarche est moins revendicative et moins détaillée que celle de la CDT, mais elle traduit la volonté du secteur pharmaceutique de se positionner très tôt dans le débat sur la prochaine politique sanitaire.
En dehors du champ sanitaire, La société civile se mobilise elle aussi. L’Association Challenge pour l’égalité et la citoyenneté a transmis une note demandant d’intégrer les droits des femmes et l’égalité parmi les priorités du programme gouvernemental 2027-2031. À ce stade, si les autres grandes organisations nationales de la santé signataires de l’accord de juillet 2024 n’ont pas encore adressé une lettre ouverte équivalente et aussi détaillée que celle de la CDT adressée au nouvel Exécutif, cela pourrait évoluer rapidement à mesure que se précise la formation du gouvernement.
En dehors du champ sanitaire, La société civile se mobilise elle aussi. L’Association Challenge pour l’égalité et la citoyenneté a transmis une note demandant d’intégrer les droits des femmes et l’égalité parmi les priorités du programme gouvernemental 2027-2031. À ce stade, si les autres grandes organisations nationales de la santé signataires de l’accord de juillet 2024 n’ont pas encore adressé une lettre ouverte équivalente et aussi détaillée que celle de la CDT adressée au nouvel Exécutif, cela pourrait évoluer rapidement à mesure que se précise la formation du gouvernement.
