LE MATIN
21 Avril 2026
À 11:10
Les
indicateurs hydriques du Maroc poursuivent leur amélioration, confirmant une tendance haussière enclenchée depuis plusieurs semaines. En l’espace d’un an, les
réserves d’eau des barrages ont quasiment doublé, traduisant l’impact cumulé des précipitations enregistrées depuis le début de la saison. Cette évolution permet aux
barrages marocains de retrouver des
niveaux de remplissage nettement plus confortables, renforçant la
sécurité hydrique du pays à l’approche de la saison estivale.
Les bassins du nord proches de la saturation
Les
bassins hydrauliques du nord du pays affichent des niveaux particulièrement élevés, consolidant leur rôle stratégique.
Le
Loukkos atteint 92,7% de remplissage, avec plusieurs barrages à pleine capacité.
Le
Bouregreg se maintient à 92,4%, porté notamment par le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, essentiel pour l’alimentation en eau potable de la région de Rabat.
Le
Sebou, premier bassin hydraulique du pays, progresse à 87,5%, dépassant les 4,6 milliards de m³ stockés.
Tensift en tête, des niveaux solides au centre et à l’est
Le bassin du
Tensift figure parmi les plus performants avec un taux de 96,1%, frôlant la pleine capacité.
À l’est, la
Moulouya atteint 73,2%, avec plusieurs barrages en nette progression.
Le bassin de
l’Oum Er-Rbia enregistre une progression à 63,3%, bien que certaines infrastructures, comme Al Massira (34%), restent en retrait.
Des évolutions contrastées dans le sud
Dans le sud, la situation reste plus hétérogène. Le
Souss-Massa affiche 56,3% de remplissage, avec plusieurs barrages bien alimentés.
Le
Guir-Ziz-Rhéris s’établit à 54,2%, tandis que le
Drâa-Oued Noun atteint 40,1%, illustrant des niveaux encore en deçà malgré une amélioration progressive.
Un potentiel hydrique de 140 milliards de m³, dont 22 milliards mobilisables
Le
potentiel hydrique annuel du Maroc est estimé à environ 140 milliards de mètres cubes, provenant principalement des précipitations, qui constituent la principale source d’alimentation des ressources en eau, tant superficielles que souterraines.
Selon les données disponibles, les
ressources en eau naturelles mobilisables s’élèvent à près de 22 milliards de mètres cubes par an, réparties entre environ 18 milliards de m³ d’
eaux de surface et près de 4 milliards de m³ d’
eaux souterraines, issues en grande partie des
nappes phréatiques.
La répartition des ressources souterraines met en évidence des écarts entre les bassins hydrauliques. Le
bassin du Sebou dispose des volumes les plus importants, avec environ 1.110 millions de m³ par an, suivi de la
Moulouya (586 millions de m³) et du Tensift (528 millions de m³). Le
bassin de l’Oum Er-Rbia enregistre environ 512 millions de m³, tandis que celui du
Souss-Massa atteint près de 499 millions de m³.
D’autres bassins présentent des volumes plus limités, notamment
Guir-Ziz-Ghéris (244 millions de m³) et
Drâa-Oued Noun (202 millions de m³). Le bassin du
Loukkos dispose d’environ 110 millions de m³, celui du
Bouregreg-Chaouia de 105 millions de m³, tandis que les ressources du bassin de
Sakia El Hamra-Oued Eddahab sont estimées à près de 22 millions de m³ par an.
Malgré cette progression notable et un niveau de réserves désormais supérieur à 13 milliards de m³, des écarts persistent entre les bassins hydrauliques. Si certaines régions affichent des niveaux proches de la saturation, d’autres restent encore en phase de reconstitution.