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Nouveau Modèle de Développement : ce qui a changé en cinq ans… et ce qui reste à faire (CPES)

Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de Développement (NMD), le Centre de Prospection Économique et Sociale (CPES) dresse un bilan contrasté de sa mise en œuvre. Si des réalisations importantes sont mises en avant, notamment dans la protection sociale, l'investissement et la transformation numérique, le rapport souligne également des retards dans des secteurs clés comme l'emploi, l'éducation et la santé, ainsi que plusieurs contraintes structurelles qui freinent encore l'atteinte des objectifs fixés à l'horizon 2035.

27 Juillet 2026 À 10:22

Le Centre de Prospection Économique et Sociale (CPES) a publié un rapport d'évaluation et de prospective consacré aux cinq premières années de mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement. Intitulé « Cinq années du Nouveau Modèle de Développement : Qu'a-t-il accompli et que reste-t-il à réaliser ? », ce document passe en revue les principales avancées enregistrées depuis 2021, identifie les insuffisances observées, analyse les facteurs ayant freiné les réformes et formule plusieurs recommandations pour relancer la dynamique engagée.

Le rapport rappelle que le Nouveau Modèle de Développement repose sur une vision articulée autour de cinq priorités : libérer les énergies et les talents, placer le capital humain au cœur des politiques publiques, bâtir une économie productive et compétitive, renforcer l'État social et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Ces piliers doivent permettre au Maroc de construire une croissance plus inclusive, de réduire les disparités territoriales et de renforcer la justice sociale à l'horizon 2035.

Des réalisations dans plusieurs chantiers structurants

Le CPES met en avant plusieurs avancées enregistrées depuis le lancement du modèle. Le premier chantier concerne la généralisation de la protection sociale, avec l'extension de l'Assurance maladie obligatoire et la mise en œuvre du programme de soutien social direct. Le rapport souligne également les progrès réalisés dans l'investissement public, l'adoption de la nouvelle Charte de l'investissement, le développement des infrastructures stratégiques et l'attractivité renforcée du Royaume auprès des investisseurs.

Le document relève aussi les réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l'éducation, notamment la restructuration du système de santé, la création de nouvelles institutions de gouvernance sanitaire, la généralisation du préscolaire et le déploiement des « Écoles pionnières ».

La transformation numérique constitue un autre chantier majeur mis en avant. Plus de 600 services administratifs ont été dématérialisés et plusieurs plateformes numériques ont été développées afin de simplifier les démarches administratives, tandis que la stratégie « Maroc Digital 2030 » doit accélérer cette dynamique.

Enfin, le rapport souligne les efforts engagés pour renforcer la sécurité hydrique à travers les barrages, les stations de dessalement et les interconnexions hydrauliques, ainsi que les progrès réalisés dans la transition énergétique grâce au développement des énergies renouvelables.

Des retards persistants dans les objectifs du modèle

Malgré ces avancées, le rapport estime que plusieurs objectifs structurants demeurent loin d'être atteints. Le document pointe notamment une croissance économique insuffisante pour générer les emplois attendus, un chômage toujours élevé, une faible création de valeur ajoutée ainsi qu'un marché du travail qui peine à absorber les jeunes diplômés.

Le CPES souligne également que les réformes engagées dans l'éducation et la santé n'ont pas encore produit les effets escomptés sur la qualité des services. Les performances scolaires restent faibles, le décrochage scolaire demeure important et les disparités territoriales continuent de peser sur l'accès aux soins, malgré la généralisation de la couverture médicale.

Le rapport relève par ailleurs la persistance d'importantes inégalités sociales et territoriales, avec une forte concentration de la richesse dans quelques régions et le maintien de nombreuses situations de vulnérabilité, notamment en milieu rural.

Au-delà du bilan sectoriel, le rapport identifie plusieurs obstacles ayant ralenti la concrétisation du Nouveau Modèle de Développement. Il cite notamment les conséquences des crises économiques internationales, l'expansion de l'économie informelle, la corruption, le poids des situations de rente, la mobilisation insuffisante des ressources humaines et institutionnelles ainsi que l'affaiblissement de la confiance entre les citoyens, les institutions et les acteurs politiques. Selon le CPES, ces facteurs ont limité la capacité des réformes à produire les transformations attendues.

Cinq priorités pour relancer la dynamique

Pour accélérer la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement, le Centre de Prospection Économique et Sociale formule enfin cinq recommandations majeures :
  1. replacer le capital humain au cœur des politiques publiques,
  2. accélérer les réformes de l'emploi, de l'éducation et de la santé,
  3. renforcer la gouvernance et l'évaluation des politiques publiques,
  4. réhabiliter le rôle de la politique et des mécanismes de médiation,
  5. lutter contre les situations de rente et les monopoles afin de garantir un accès plus équitable aux opportunités économiques et à la richesse.
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