LE MATIN
21 Avril 2026
À 09:34
Intervenant lors de la troisième édition de ce dialogue, après les deux précédentes éditions tenues à
Washington respectivement en juin 2024 et septembre 2025,
Omar Hilale a déclaré que "la paix n'est pas seulement le fondement du
développement durable, elle en est le préalable", relevant que "sans paix, les acquis du développement ne peuvent être consolidés, et sans développement, les conditions de la paix demeurent fragiles".
Chiffres à l'appui, le président de la
PBC a rappelé que plus que la moitié des populations vivant aujourd'hui en situation d'extrême pauvreté se trouvent dans des contextes de fragilité, de conflit ou de violence (FCV), appelant le Conseil de la
Banque mondiale à maintenir une attention soutenue à ces environnements, et saluant l'ambition de la 21ème reconstitution de l'
Association internationale de développement (IDA), centrée sur la prévention et la résilience.
S'appuyant sur les enseignements de la récente visite fructueuse de la PBC en
République Centrafricaine, M. Hilale a salué les avancées significatives engrangées par
Bangui, à savoir la consolidation des conditions de sécurité, l'extension constante de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire et l’engagement résolu en faveur de la justice transitionnelle, autant d'acquis qui appellent désormais un accompagnement renforcé de la Banque mondiale.
Traçant les contours d'une action commune, le président de la PBC a identifié quatre chantiers prioritaires pour approfondir la
coopération ONU-Banque mondiale en soutien aux priorités nationales centrafricaines.
Il s’agit de la mobilisation de financements accrus en faveur de la réintégration communautaire; l'appui aux réformes engagées par Bangui dans les secteurs de la
sécurité et de la
justice; l'accompagnement de la démarche centrafricaine en vue de l'allocation pour la prévention et la résilience (PRA) de la Banque mondiale; et la consolidation du cadre quadripartite de suivi conjoint réunissant l'ONU, la Banque mondiale, la
Banque africaine de développement et l'
Union européenne.
M. Hilale a, par ailleurs, annoncé la tenue du 22 au 26 juin prochain de la Première Semaine onusienne de la consolidation de la paix à
New York, mandatée par l’Assemblée générale de l’ONU, sous le thème "Partenariat pour l'innovation, l'inclusion et l'impact”.
A cette occasion, l’ambassadeur a invité le président du Groupe de la Banque mondiale,
Ajay Banga, à prendre part à cette réunion qui coïncide avec le 20ème anniversaire de la
PBC, soulignant que la présence de M. Banga à cette occasion charnière "enverrait un signal puissant sur la centralité du
partenariat ONU-Banque mondiale dans l'agenda international de la paix et du développement”.
Le débat interactif qui a suivi, associant les directeurs exécutifs de la Banque mondiale, le Bureau de la PBC et le Secrétariat, a confirmé l'existence d'un terrain d’entente: l'articulation entre paix et développement, l'appropriation nationale comme boussole, et le financement comme levier décisif.
Le Président de la PBC a, enfin, appelé à donner à ce partenariat toute sa densité opérationnelle, en proposant quatre engagements concrets, à mettre en œuvre sans délai : le partage systématique des notes de la PBC avec le Conseil de la
Banque mondiale, la préparation conjointe des requêtes allocation pour la prévention et la résilience (PRA), la co-organisation de sessions thématiques durant la semaine de juin, ainsi que la mise en réseau des configurations-pays de la Commission avec les équipes FCV de la Banque mondiale.
Cette rencontre consacre la place de choix qu'occupe le Royaume au cœur de l'architecture onusienne de paix. Elle confirme, en cette année de double jubilé, le rôle pivot exercé par le
Maroc à la croisée des agendas politiques et financiers du multilatéralisme, où le Royaume s'affirme comme une voix de référence et un artisan reconnu des grands équilibres internationaux.