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Pharmacies : le PPS dénonce l’ouverture du capital à des investisseurs non-pharmaciens

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau politique, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a rejeté les recommandations visant à ouvrir le capital des pharmacies à des investisseurs non-pharmaciens, dénoncé la méthode adoptée par le gouvernement pour faire passer la réforme de l’enseignement supérieur et mis en garde contre les risques de spéculation sur les marchés nationaux, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix pendant le mois du Ramadan.

10 Mars 2026 À 16:07

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Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a exprimé son refus catégorique de toute forme de privatisation du secteur pharmaceutique, à la suite des recommandations du Conseil de la concurrence appelant à ouvrir le capital des pharmacies à des investisseurs non-pharmaciens. Dans le même temps, la formation politique a dénoncé ce qu’elle qualifie de «recours à l’arbitraire législatif» pour faire adopter le projet de loi sur l’enseignement supérieur, à l’origine d’un mouvement de grève des enseignants-chercheurs. Elle a également mis en garde contre l’exploitation de la guerre au Moyen-Orient par certains opérateurs pour manipuler les marchés intérieurs.

Refus d’une «marchandisation» de l’acte pharmaceutique

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau politique, le PPS a fait part de son opposition à toute «privatisation déguisée» du secteur pharmaceutique. Le parti réagissait aux recommandations du Conseil de la concurrence préconisant notamment l’ouverture du capital des pharmacies à des investisseurs non-pharmaciens, la création de chaînes commerciales de pharmacies, la libéralisation des horaires d’ouverture ainsi que la suppression de la distance légale entre officines.

Le parti estime que ces orientations pourraient entraîner des dérives structurelles susceptibles de «marchandiser l’acte pharmaceutique, pourtant noble, en le soumettant exclusivement à une logique de profit commercial». Selon lui, ces mesures risqueraient également de fragiliser les acquis en matière de couverture territoriale équilibrée du service pharmaceutique au Maroc et de compromettre l’accès équitable des citoyens aux médicaments.

Le PPS a ainsi appelé le gouvernement à engager un dialogue sérieux avec les représentants des pharmaciens concernant toute réforme éventuelle. L’objectif, souligne-t-il, doit être de préserver l’indépendance professionnelle du pharmacien et de consacrer sa responsabilité individuelle conformément aux exigences éthiques et scientifiques de la profession, tout en valorisant la pharmacie de proximité et la dimension sociale et sanitaire de ce métier.

Soutien aux enseignants-chercheurs en grève

Sur un autre registre, le parti a exprimé sa solidarité avec les enseignants-chercheurs qui poursuivent des actions de protestation contre le nouveau projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique. Selon le PPS, ce texte a été adopté au Parlement grâce à la seule majorité numérique, sans véritable démarche concertée ni implication réelle des principaux concernés. Le parti estime que la réforme de l’enseignement supérieur constitue une réforme sociétale majeure qui nécessite avant tout l’adhésion et l’implication des enseignants-chercheurs. Il a ainsi critiqué le recours à ce qu’il appelle un «abus de pouvoir législatif», estimant que cette méthode avait contribué à accentuer les tensions au sein des universités.

Le PPS tient par ailleurs le gouvernement pour responsable du climat de crispation actuel dans les établissements d’enseignement supérieur et l’exhorte à ouvrir un dialogue sérieux et productif avec les représentants des enseignants-chercheurs afin de favoriser une désescalade, sur la base d’une réponse aux revendications jugées légitimes.

Mise en garde contre les spéculations sur les marchés

Par ailleurs, le parti a alerté contre les risques d’exploitation de la guerre au Moyen-Orient par certains acteurs économiques pour manipuler les équilibres des marchés nationaux, notamment celui des carburants. Le PPS a appelé les autorités à faire preuve de fermeté face à ces «commerçants de crises» qui tenteraient de tirer profit de la conjoncture internationale pour réaliser des gains injustifiés. Il s’est également dit préoccupé par la flambée des prix observée durant le mois du Ramadan sur plusieurs produits alimentaires de consommation courante, souvent liée, selon lui, à des pratiques spéculatives. Face à une situation susceptible de s’aggraver sous l’effet des répercussions du conflit au Moyen-Orient, le parti a appelé le gouvernement à agir avec rigueur et efficacité afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens et garantir la stabilité des marchés.

À travers ces prises de position, le PPS entend alerter sur ce qu’il considère comme des choix politiques susceptibles d’affecter des secteurs stratégiques et des équilibres sociaux sensibles. Le parti appelle ainsi l’Exécutif à privilégier une approche fondée sur la concertation avec les acteurs concernés, la préservation des missions de service public et la protection du pouvoir d’achat des citoyens, dans un contexte économique et géopolitique jugé particulièrement incertain.
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