Ayda Benyahia
11 Mai 2026
À 17:21
Le congrès provincial du
Parti du progrès et du socialisme, tenu le 10 mai 2026 au siège national du parti, a été l’occasion de lancer un appel à la remobilisation politique.
Mohammed Nabil Benabdallah, devant une délégation du bureau politique et les militantes et militants de la capitale, a choisi de s’adresser en particulier à ceux qui boudent l’action publique, notamment les jeunes, qu’il a exhortés à reprendre place dans le jeu démocratique afin de «donner au mécontentement social une traduction politique».
L’abstention n’est pas la solution
À cet égard, Mohammed Nabil Benabdallah a appelé à sanctionner, à travers le vote, les responsables gouvernementaux qui ont failli à leur responsabilité. Il a surtout mis en garde contre ce qu’il considère comme le principal risque politique du moment : un rejet massif de l’action politique, mais sans que cette position passe par les urnes.
Pensée comme un espace de parole directe et d’interpellation ouverte, l’émission “Saâat Assaraha”, dont le premier numéro a été diffusé le 25 mars, recevait Mohammed Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Très vite, l’échange a pris corps. Il s’est d’abord attardé sur les dossiers les plus exposés – protection sociale, pouvoir d’achat, logement, inégalités territoriales – qu’il a examinés avec précision. Puis, par élargissement, la discussion a glissé vers les équilibres politiques, les recompositions de la gauche et l’état du débat public. De séquence en séquence, le même fil s’est imposé : une mise en cause des choix gouvernementaux, accompagnée, en parallèle, de repères esquissant la ligne défendue par son parti.
Pour le secrétaire général du PPS, la colère ne suffit pas. Elle ne devient un levier de changement que si elle passe par l’inscription sur les listes électorales, la participation et le vote. «Le constat essentiel aujourd’hui, c’est que ce gouvernement a échoué», affirme-t-il en substance. Mais aussitôt, il déplace le propos. Le danger, selon lui, n’est pas cet échec qui fait partie d’ailleurs de la dynamique démocratique. Le vrai danger, c’est qu’une société mécontente reste à l’écart, laissant ainsi se reproduire les mêmes équilibres électoraux. «Le paradoxe, c’est que les citoyens en ont marre d’un certain nombre de choix. Mais par leur abstention, ils risquent de permettre le retour des mêmes pratiques et des mêmes résultats.» Partant de là, Nabil Benabdallah a appelé les jeunes avec insistance, notamment ceux de la génération Z, à reprendre place dans la vie publique et à s’inscrire sur les listes électorales durant la période exceptionnelle ouverte du 15 mai au 13 juin 2026.
Les jeunes, enjeu central
des prochaines élections Pour étayer son propos, l’ancien ministre met en avant un écart significatif : environ 16,3 millions de personnes seraient inscrites sur les listes électorales, alors que près de 28 millions de Marocaines et Marocains auraient l’âge de voter. En creux, près de 12 millions de citoyens, parmi lesquels une forte proportion de jeunes, resteraient ainsi en dehors du corps électoral inscrit. À ce faible taux d’inscription s’ajoute une participation réduite : environ 8 millions de citoyens seulement auraient voté. Dès lors, l’entrée de 3, 4 ou 5 millions de nouveaux électeurs pourrait, selon lui, modifier le rapport de force. C’est cette réserve que le PPS entend mobiliser, afin de ramener les jeunes, les non-inscrits et les abstentionnistes vers les urnes.
Gagner la bataille de la confiance
Pour le chef du PPS, les Marocains, et les jeunes en particulier, doivent représenter un contrepouvoir et peser ainsi dans la balance électorale. Pour lui, ils ont toutes les raisons pour vouloir que la situation change : cherté de la vie, érosion du pouvoir d’achat, chômage, sans oublier les résultats qu’il juge insuffisants dans l’éducation et la santé. «Le signe le plus visible dans la société aujourd’hui, c’est la cherté de la vie, la hausse des prix et le coût insoutenable du quotidien», souligne-t-il.
Outre la situation sociale, M. Benabdallah a critiqué le gouvernement sur le terrain de la gouvernance : face aux conflits d’intérêts, au manque de transparence et à la corruption, rien n’a été fait, selon lui, pour redresser la barre. Il a plaidé à ce titre pour une prise de conscience qui passerait par les urnes et qui permettrait de changer le quotidien des Marocains. Selon lui, il y a encore des partis politiques qui méritent la confiance des citoyens grâce à leur engagement et leur sérieux. «Le Parti du progrès et du socialisme en fait partie», a-t-il lancé, insistant sur l’importance de l’engagement politique et la participation citoyenne dans la conduite du changement.
Le PPS condamne l’attaque d’Es-Smara
S’agissant de l’évolution du dossier du Sahara marocain, Mohammed Nabil Benabdallah a profité de la rencontre de dimanche dernier pour condamner l’attaque ayant visé Es-Smara, qu’il a qualifiée d’attaque terroriste et provocatrice contre des zones civiles. Selon lui, l’objectif était de pousser le Maroc vers une confrontation militaire directe et de fragiliser la dynamique internationale faveur du plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le règlement de ce conflit.