Longtemps pénalisée par la fermeture de plusieurs établissements touristiques, aggravée par les effets de la pandémie, mais aussi par des difficultés structurelles plus anciennes, la destination Agadir demeure l'un des principaux chantiers du département du Tourisme. Face aux conseillers,
, parmi les destinations concentrant le plus grand nombre d'unités hôtelières à l'arrêt au début du mandat gouvernemental.
Pour inverser cette tendance, le ministère affirme avoir accompagné sept établissements hôteliers majeurs représentant à eux seuls près de 4.000 lits, soit environ 70% de la capacité d'hébergement fermée dans la ville. L'approche adoptée repose sur plusieurs leviers : la recherche de nouveaux investisseurs, le soutien aux projets de rénovation et d'extension, ainsi que l'accompagnement technique des porteurs de projets.
(L'intervention de Mme Ammor à suivre à partir de la minute 45.10)
Selon la ministre, les premiers résultats sont désormais visibles. Deux établissements ont déjà rouvert leurs portes et accueillent des touristes. D'autres sont engagés dans des opérations de restructuration ou de reconstruction, tandis que deux hôtels ont été repris par de nouveaux investisseurs dans la perspective d'une remise en exploitation prochaine. «Nous continuons à travailler sur les autres unités fermées selon les spécificités de chaque dossier», a assuré la ministre, soulignant la poursuite des efforts de mobilisation des capitaux privés et d'accompagnement des projets de réhabilitation.
Une stratégie déjà expérimentée à Ouarzazate
Pour illustrer l'efficacité de cette démarche, Fatim-Zahra Ammor a cité l'exemple d'Ouarzazate. La ministre a indiqué que huit établissements hôteliers sur les onze qui étaient fermés ont pu rouvrir depuis l'arrivée de l'actuel gouvernement. Une performance présentée comme la preuve qu'une relance progressive des capacités d'accueil demeure possible dans les destinations ayant subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. L'enjeu dépasse la seule question immobilière. La remise en activité de ces unités représente également un levier pour la création d'emplois, l'amélioration du taux d'occupation touristique et la relance de l'écosystème local.
Le tourisme rural et de montagne au cœur des projets à Taza
Au-delà des grandes destinations balnéaires, le gouvernement entend également renforcer l'attractivité des territoires à fort potentiel naturel. Répondant à une question consacrée à la province de Taza, Fatim-Zahra Ammor a rappelé que le tourisme rural et de montagne occupe une place centrale dans la feuille de route nationale du tourisme. Le ministère mise notamment sur les filières liées à la nature, aux activités de plein air, au tourisme intérieur, ainsi qu'à la valorisation du patrimoine culturel, de l'artisanat local et des produits du terroir. Dans cette logique, Taza bénéficie de plusieurs projets inscrits dans le contrat d'application conclu avec la région de Fès-Meknès, portant sur le développement de l'offre touristique, la promotion territoriale et l'animation culturelle.
Friouato, circuits touristiques et guides nature
Parmi les projets mis en avant figure la valorisation touristique de la grotte de Friouato, l'un des sites naturels les plus emblématiques de la région. Le département travaille également sur l'amélioration de la signalétique touristique et sur la mise en place de dix circuits structurés destinés à mieux organiser l'offre de découverte du territoire. Autre indicateur souligné par la ministre : la professionnalisation progressive de l'encadrement touristique. La province compte aujourd'hui douze guides spécialisés dans les espaces naturels, alors qu'elle n'en comptait aucun en 2018. Pour le gouvernement, cette évolution constitue un élément essentiel dans la construction d'une offre capable de répondre aux attentes d'une clientèle de plus en plus tournée vers les expériences de nature et d'écotourisme.
La connectivité aérienne comme moteur de développement
Fatim-Zahra Ammor a également insisté sur l'importance de l'accessibilité pour soutenir l'essor touristique des territoires de l'intérieur. À cet égard, elle a mis en avant les performances enregistrées par l'aéroport de Fès entre 2019 et 2025. Le nombre de lignes aériennes est passé de 49 à 69, tandis que la capacité en sièges a progressé de 919.000 à 1,14 million, soit une hausse de plus de 24%. Une dynamique qui, selon la ministre, profite indirectement à l'ensemble de la région et renforce la capacité de Taza à capter une partie des flux touristiques.