Yousra Amrani
16 Mars 2026
À 15:42
La tension monte dans le secteur de l’enseignement supérieur. Le
Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, affilié à la
Confédération démocratique du travail (CDT), a annoncé l’ouverture d’une nouvelle phase de protestation, dénonçant le retard jugé «inacceptable» dans l’adoption du statut particulier des cadres administratifs et techniques du secteur. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion à distance de son bureau national tenue récemment, l’organisation syndicale exprime sa vive indignation face à l’incertitude entourant le sort de ce statut, et ce malgré l’adoption officielle de la loi n°59.24 relative à l’organisation de l’enseignement supérieur, récemment publiée au Bulletin officiel. Selon la même source, ce retard constitue un manquement aux engagements pris par l’autorité gouvernementale et traduit, selon le syndicat, une forme de négligence à l’égard de revendications professionnelles légitimes, longtemps attendues par les fonctionnaires administratifs et techniques du secteur.
Après un bras de fer qui a duré des mois, la loi n°59.24 sur l’enseignement supérieur est entrée en vigueur. Publié au Bulletin officiel le 11 février 2026, le texte redessine l’université marocaine dans ses fondements mêmes : gouvernance, recherche, place du privé, lien avec l’économie, organisation des études. Mais au moment où il devient applicable, le conflit avec les enseignants-chercheurs, lui, n’est pas refermé. Des mouvements de protestation ont fortement perturbé les universités publiques, sur fond d’accusations de passage en force et de rupture du dialogue social. Si la réforme est désormais actée, sa mise en œuvre ouvre une nouvelle phase, où les universités devront s’adapter à ce cadre inédit dans un climat de tensions persistantes.
Inquiétudes autour des engagements du gouvernement
Dans son communiqué, le
syndicat met également en garde contre ce qu’il considère comme des tergiversations du gouvernement, notamment concernant
l’augmentation salariale de 1.000 dirhams annoncée ces dernières semaines. Selon l’organisation syndicale, cette mesure pourrait se transformer en simple promesse destinée à gagner du temps, si elle n’est pas mise en œuvre rapidement. Le syndicat s’interroge ainsi sur les justifications que pourrait avancer le gouvernement pour reporter encore ce dossier jusqu’à la fin de son mandat. Cette situation alimente, selon les représentants des fonctionnaires, un climat d’incertitude et d’inquiétude au sein des établissements universitaires, où les attentes des personnels administratifs et techniques restent fortes.
Des responsabilités pointées du doigt
Dans ce contexte, le syndicat tient les
autorités gouvernementales pour responsables de la situation actuelle, évoquant un manque de coordination et de clarté dans la gestion du dossier. Le communiqué pointe notamment plusieurs départements ministériels impliqués dans ce dossier, à savoir le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, le ministère de l’Économie et des finances, ainsi que le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration. Selon le syndicat, l’absence de réponses concrètes et de visibilité sur l’avenir du statut particulier reflète un manque de sérieux dans le traitement de ce dossier, pourtant considéré comme central pour l’organisation et le fonctionnement des universités.
Un risque de tension dans les universités
Face à cette situation, l’organisation syndicale prévient que la poursuite de ce blocage pourrait entraîner une montée de la tension au sein des
universités et des
établissements d’enseignement supérieur. Les représentants des fonctionnaires estiment en effet que la reconnaissance du rôle des cadres administratifs et techniques constitue un élément essentiel pour assurer le bon fonctionnement de l’université publique. À leurs yeux, le maintien du flou autour du statut particulier risque de renforcer le mécontentement et d’alimenter un climat de frustration parmi les personnels concernés.
Vers une nouvelle étape de mobilisation
Pour répondre à ce qu’il qualifie de «politique d’ignorance» des revendications du secteur, le syndicat a décidé de convoquer une réunion de son conseil national le samedi 11 avril prochain. Cette rencontre devrait permettre d’examiner les dernières évolutions du dossier et de définir les formes de mobilisation et les actions de protestation susceptibles d’être engagées dans les prochaines semaines. Selon le syndicat, ces actions viseront à défendre la dignité des fonctionnaires et à obtenir la mise en œuvre de leurs droits légitimes.
Un appel à un statut jugé plus équitable
En conclusion, le bureau national du syndicat réaffirme son attachement à l’adoption d’un statut particulier qu’il souhaite juste et équitable, capable de reconnaître pleinement le rôle stratégique des cadres administratifs et techniques au sein de l’université publique. L’organisation syndicale insiste également sur le fait que la poursuite de la politique de silence et de retard ne fera que renforcer la détermination des fonctionnaires à défendre leurs droits, assurant qu’ils continueront à recourir à tous les moyens légitimes pour faire aboutir leurs revendications.