Nation

Université publique : l’UMT appelle à manifester contre toute atteinte à la gratuité

La Fédération nationale de l’enseignement, affiliée à l’Union marocaine du travail, appelle ses militantes et militants, ainsi que l’ensemble des personnels de l’enseignement, à participer massivement à une manifestation prévue dimanche 23 août 2026 devant le Parlement à Rabat. Au cœur de la mobilisation : le rejet de toute remise en cause de la gratuité de l’enseignement supérieur public, sur fond de contestation d’un projet visant à imposer des frais aux fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études universitaires.

16 Août 2026 À 21:19

La question de la gratuité de l’enseignement supérieur public revient au premier plan du débat syndical. La Fédération nationale de l’enseignement (FNE), relevant de l’Union marocaine du travail (UMT), a appelé à une participation «massive et responsable» à la manifestation nationale programmée dimanche 23 août à partir de 10 heures, devant le siège du Parlement à Rabat. Dans un communiqué rendu public, l’organisation syndicale invite ses militantes et militants, mais également l’ensemble des femmes et des hommes de la famille de l’enseignement ainsi que tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de l’école et de l’université marocaines, à prendre part à cette mobilisation. L’objectif affiché est clair : faire barrage à toute mesure susceptible, selon le syndicat, de porter atteinte au principe de gratuité de l’enseignement public, particulièrement dans les études supérieures.

Des frais pour les fonctionnaires dans le viseur

À l’origine de cette mobilisation figure le rejet par la Fédération d’une orientation attribuée au ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, visant à imposer des frais aux fonctionnaires désireux de poursuivre ou de reprendre des études universitaires. Pour le syndicat, la question dépasse le seul paiement de droits par une catégorie particulière d’étudiants. Il considère qu’une telle mesure toucherait directement à la possibilité, pour les fonctionnaires, de développer leur parcours académique et de renforcer leurs compétences scientifiques et professionnelles. La Fédération redoute surtout qu’une tarification appliquée à certaines catégories d’étudiants puisse constituer une brèche dans le principe général de gratuité de l’université publique et partant dans le principe de l’égalité des chances.

L’UMT dénonce un risque de «marchandisation» de l’enseignement

Le ton du communiqué est particulièrement ferme. La Fédération nationale de l’enseignement affirme son «rejet absolu et de principe» de ce qu’elle considère comme une volonté d’instaurer une logique de classe dans l’accès au savoir et de transformer progressivement l’éducation publique en service marchand. L’organisation syndicale défend ainsi une conception de l’enseignement comme un droit fondamental devant rester accessible à tous, indépendamment de la situation professionnelle ou des capacités financières des étudiants. Elle estime que permettre à un fonctionnaire de reprendre des études, d’acquérir de nouvelles compétences ou d’approfondir sa formation universitaire participe également à la valorisation des ressources humaines et ne devrait pas être conditionné, selon elle, par l’instauration de nouvelles charges financières.

La gratuité de l’université au cœur du bras de fer

À travers cette mobilisation, la Fédération nationale de l’enseignement entend inscrire son action dans la continuité de ses positions historiques en faveur de la gratuité de l’école et de l’université publiques. Le syndicat ne limite donc pas sa contestation à la seule situation des fonctionnaires. Il place le débat sur un terrain plus large : celui du modèle de financement de l’enseignement supérieur et des garanties permettant de préserver l’égalité d’accès aux études universitaires. Cette position traduit également la crainte de voir se multiplier, à terme, les catégories soumises à des frais de scolarité, ce qui modifierait progressivement les contours du modèle actuel de l’université publique.

Une pression syndicale sur le gouvernement

Le choix du Parlement comme lieu de rassemblement confère par ailleurs une dimension politique à la mobilisation. En se rassemblant devant l’institution législative, les protestataires entendent interpeller non seulement le département de l’Enseignement supérieur, mais plus largement le gouvernement et les différents acteurs concernés par les politiques publiques d’éducation. La manifestation du 23 août devrait ainsi permettre à la Fédération de réaffirmer son opposition à toute réforme qui, à ses yeux, ferait supporter aux étudiants ou aux fonctionnaires une part croissante du coût de leur formation universitaire. Elle intervient également dans un contexte où les questions du financement de l’université, de l’élargissement de l’accès aux formations et de l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur constituent des enjeux majeurs de la réforme du secteur.

En appelant à manifester devant le Parlement, la Fédération nationale de l’enseignement-UMT entend faire de la gratuité de l’enseignement supérieur une ligne rouge. Derrière la contestation des frais envisagés pour les fonctionnaires se dessine ainsi un débat beaucoup plus large sur le modèle de l’université publique marocaine et son financement. La mobilisation annoncée pour le 23 août constituera, à ce titre, une nouvelle étape du rapport de force entre les syndicats et les pouvoirs publics autour de la défense de l’accès à l’enseignement supérieur public sans barrières financières.
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