LE MATIN
02 Août 2026
À 11:46
Les
intoxications alimentaires figurent parmi les principales causes de signalement enregistrées par le
Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), hors envenimations dues aux
piqûres de scorpions et aux
morsures de serpents. Si les données disponibles témoignent de l'importance du phénomène, elles restent toutefois en deçà de la réalité, de nombreux patients ayant recours à l'automédication ou ne consultant pas les structures de santé, ce qui laisse une partie des cas en dehors du système de déclaration.
Dans ce contexte, les spécialistes du CAPM renouvellent leur appel à la vigilance, particulièrement en période estivale. Les
fortes chaleurs accélèrent en effet la multiplication des
bactéries et des
germes dans les aliments rapidement périssables, augmentant ainsi le risque d'intoxications pouvant aller de simples troubles digestifs à des complications nécessitant une prise en charge en urgence.
Le risque est d'autant plus élevé durant l'été que la consommation de glaces, de jus, de restauration rapide et d'aliments vendus en plein air augmente. Les mariages, fêtes et moussems constituent également des situations propices aux intoxications collectives lorsque les règles d'hygiène, de conservation ou de préparation des aliments ne sont pas rigoureusement respectées.
Selon les statistiques du Centre, les régions de
Casablanca-Settat,
Rabat-Salé-Kénitra,
Marrakech-Safi et
Tanger-Tétouan-Al Hoceïma concentrent le plus grand nombre de cas déclarés. Cette situation s'explique notamment par leur forte
densité démographique, l'intensité de l'activité commerciale et la consommation importante de repas préparés hors du domicile.
Les produits de boulangerie et de pâtisserie arrivent en tête des aliments les plus souvent impliqués dans les intoxications alimentaires. Ils sont suivis par le lait et les produits laitiers, puis par les plats composés et les repas préparés à l'avance. Une part importante des cas reste toutefois attribuée à des aliments dont l'origine n'a pas pu être identifiée.
Les experts expliquent que ces intoxications résultent principalement du non-respect des
règles d'hygiène lors de la préparation, de la manipulation, de l'exposition ou de la conservation des aliments. La rupture de la chaîne du froid, une mauvaise conservation des produits réfrigérés ou encore le réchauffage répété des plats favorisent considérablement le développement des bactéries pathogènes.
Les spécialistes du CAPM précisent que plus de 90 % des intoxications alimentaires sont dues à une contamination par des bactéries, des virus ou des parasites, notamment la
bactérie Salmonella. Certaines
toxines bactériennes ainsi que des contaminants chimiques peuvent également contaminer les aliments au cours des étapes de production, de stockage ou de transport.
Les conserves mal stockées ou consommées après leur date de péremption figurent parmi les aliments les plus dangereux en raison des complications neurologiques et respiratoires qu'elles peuvent provoquer. Les viandes hachées, les charcuteries, les poissons, les volailles ainsi que le lait et ses dérivés nécessitent également un strict respect des conditions de réfrigération et de conservation.
Les symptômes apparaissent généralement quelques heures après l'ingestion de l'aliment contaminé. Ils se manifestent par des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, des diarrhées et de la fièvre. Chez les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les patients atteints de maladies chroniques, ces troubles peuvent évoluer vers une déshydratation sévère, des atteintes neurologiques ou une défaillance de certaines fonctions vitales.
Pour limiter ces risques, le Centre recommande de se laver soigneusement les mains avant de préparer ou de consommer les aliments, de respecter la chaîne du froid, de vérifier les dates de péremption, d'éviter les produits vendus dans des conditions d'hygiène douteuses et de cuire suffisamment les viandes et les poissons. Il est également déconseillé de laisser des aliments cuits à température ambiante pendant une longue période.
Enfin, les médecins du CAPM invitent toute personne présentant des vomissements ou des diarrhées persistants, une forte fièvre, des signes de déshydratation ou des troubles de la conscience à consulter rapidement un professionnel de santé. Ils recommandent également de bien s'hydrater et mettent en garde contre le recours aux antibiotiques ou aux antidiarrhéiques sans avis médical, le traitement dépendant de l'origine et de la nature de l'intoxication.