Saloua Islah
11 Mars 2026
À 10:10
Des paléontologues ont identifié une nouvelle espèce géante de
reptile marin préhistorique à partir de fossiles découverts dans
les dépôts de phosphates de Sidi Chennane, dans
la province de Khouribga. Baptisée
Pluridens imelaki, cette espèce de mosasaure vivait dans les océans il y a environ
66 à 67 millions d’années, à la fin du Crétacé, peu avant l’extinction des dinosaures. Les chercheurs estiment que cet animal pouvait atteindre plus de
neuf mètres de long, ce qui en faisait l’un des grands prédateurs marins de son époque.
La découverte a été présentée dans une étude scientifique publiée récemment dans la revue Diversity par les paléontologues
Nicholas R. Longrich, de l’Université de Bath, et
Nour-Eddine Jalil, affilié au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et au Muséum d’Histoire naturelle de Marrakech.
Le fossile étudié comprend notamment
un crâne d’environ 1,25 mètre de long et les mâchoires inférieures associées. Ces restes ont été retrouvés dans les couches phosphatées de
Couche III à Sidi Chennane, au cœur du bassin phosphatier de Khouribga. Cette région est connue des scientifiques comme
l’un des sites les plus riches au monde en fossiles de reptiles marins datant de la fin du Crétacé.
Les chercheurs expliquent que Pluridens imelaki appartenait aux
Halisaurinae, un groupe de mosasaures généralement plus petits que d’autres espèces de ces reptiles marins. Les espèces déjà connues de cette famille mesuraient souvent entre quatre et cinq mètres, comme le genre Halisaurus, tandis que certaines pouvaient atteindre environ 7,5 mètres, comme Pluridens serpentis. Avec une longueur estimée dépassant neuf mètres, la nouvelle espèce découverte figure donc parmi
les plus grandes de ce groupe.
Les mosasaures étaient de grands reptiles marins proches des lézards actuels. Ils ont connu une forte diversification à la fin du Crétacé et sont devenus
les principaux prédateurs des océans durant les 25 derniers millions d’années de cette période, occupant une place dominante dans les écosystèmes marins.
Les
couches phosphatées du Maroc jouent aujourd’hui un rôle majeur dans la recherche scientifique. Les spécialistes indiquent que plus de
seize espèces de mosasaures y ont déjà été identifiées, appartenant à plusieurs sous-familles, notamment Mosasaurinae, Plioplatecarpini, Tylosaurinae et Halisaurinae, ainsi qu’à un groupe plus ancien appelé Pachyvaranus.
L’étude suggère également que Pluridens imelaki occupait probablement une place particulière dans l’écosystème marin de l’époque. Les différences observées dans la forme des mâchoires, des dents et la taille des yeux indiquent que l’animal pouvait avoir
une manière de se nourrir différente de celle d’autres mosasaures.
Selon les chercheurs, cette découverte confirme que les Halisaurinae étaient plus diversifiés qu’on ne l’imaginait et met une nouvelle fois en lumière
la richesse des gisements phosphatés du Maroc, devenus une source majeure pour comprendre les océans qui existaient il y a des millions d’années.