LE MATIN
03 Septembre 2026
À 17:06
Cette
nouvelle feuille de route intervient dans un contexte marqué par des besoins importants. Selon les données présentées par le ministère, 6,5 millions de Marocains souffrent de
troubles de santé mentale, dont près de 2 millions d’enfants et de jeunes. Plus préoccupant encore, 85 % des personnes concernées ne bénéficient pas des soins dont elles ont besoin.
Le
Plan santé mentale 2030 entend opérer un changement d’approche, en dépassant une logique centrée principalement sur le traitement pour privilégier une prise en charge plus globale. La stratégie repose notamment sur la prévention, le dépistage et l’intervention précoces, mais également sur l’accompagnement continu des personnes tout au long de leur parcours de soins.
Dans un système de soins sous tension, la santé mentale s’impose désormais comme un révélateur discret mais profond des transformations sociales et sanitaires du pays. Entre une offre de soins en recomposition, des besoins en progression et des inégalités territoriales persistantes, la prise en charge des troubles psychiques au Maroc reste confrontée à des limites structurelles. Mais au-delà des chiffres et des réformes engagées, c’est aussi le rapport collectif à la souffrance psychique qui évolue, lentement mais durablement. Réunis récemment par le Rotary Club Casablanca Mers Sultan, des acteurs du secteur plaident pour une approche globale, articulant le renforcement de l’offre, la prévention et la lutte contre la stigmatisation. Dans ce dossier, médecins, chercheurs et praticiens décryptent les ressorts d’une réalité encore largement sous-estimée et les défis d’un système en pleine recomposition.
Une
attention particulière sera accordée aux enfants et aux jeunes ainsi qu’aux personnes en situation de vulnérabilité.
Le ministère entend également rapprocher les
services de santé mentale des citoyens en renforçant le rôle des structures de
soins de santé primaires et des structures intermédiaires. L’objectif est d'améliorer leur coordination avec les
établissements hospitaliers et les services spécialisés, tout en mettant en place une organisation territoriale davantage adaptée aux besoins des populations.
Près de 4 milliards de dirhams mobilisés
À l’horizon 2030, le plan prévoit une augmentation significative des
capacités d’accueil du système de santé mentale. Le
nombre de lits devrait ainsi passer de 2.466 à environ 4.728, tandis que le
nombre d’hôpitaux psychiatriques devrait progresser de 10 à 17 établissements.
Les
structures intermédiaires connaîtront également une forte expansion, avec un passage de 4 à 24 structures, afin de permettre une meilleure couverture territoriale des
services de santé mentale dans les différentes régions du Royaume.
La mise en œuvre de cette stratégie bénéficiera d’un
financement estimé à près de 4 milliards de dirhams, destiné à accompagner le déploiement des différentes mesures prévues par le plan.
Les ressources humaines également concernées par le Plan santé mentale 2030
Le renforcement des
ressources humaines figure également parmi les priorités du Plan santé mentale 2030. Le nombre de
psychologues dans le secteur public devrait passer de seulement 32 actuellement à 786 à l’horizon 2030.
Le ministère prévoit également d’augmenter la capacité annuelle de
formation des médecins spécialisés en psychiatrie, qui passerait de 36 à 124, ainsi que celle des
infirmiers spécialisés en santé mentale, de 490 à 750 par an.
Le plan prévoit par ailleurs de travailler à la mise en place d’un cadre juridique réglementant la
profession de psychologue, afin de mieux structurer cette composante du système de prise en charge.
86 mesures autour de trois axes stratégiques
Le
Plan santé mentale 2030 a été élaboré selon une
approche participative, associant 13 départements gouvernementaux ainsi que différents acteurs concernés, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La
feuille de route s’articule autour de trois axes stratégiques et quatre conditions-cadres, regroupant au total 86 mesures et actions.
Ces mesures visent notamment à améliorer
l’accès aux services de santé mentale, assurer la continuité de la prise en charge et renforcer la qualité des prestations proposées aux citoyens.