Société

Maladie cœliaque : une Fédération nationale voit le jour pour renforcer la mobilisation

La 6e Journée Nationale de la Maladie Cœliaque se tiendra le 16 mai 2026 à Casablanca sur le thème «La Maladie cœliaque & la Famille». Cette édition sera notamment marquée par l’annonce de la création d’une Fédération nationale dédiée à cette pathologie encore insuffisamment reconnue au Maroc, selon un communiqué de l’Association marocaine des intolérants et allergiques au gGluten.

14 Mai 2026 À 17:21

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Encore largement méconnue malgré son impact sur des milliers de familles marocaines, la maladie cœliaque sera au centre des échanges lors de la 6ᵉ Journée nationale dédiée à cette pathologie, prévue le samedi 16 mai à Casablanca. Placée sous le thème «La Maladie cœliaque & la Famille», cette rencontre réunira médecins, patients, familles et acteurs associatifs autour des défis liés à cette maladie auto-immune chronique encore peu visible dans le paysage sanitaire marocain.

Dans son communiqué, l’Association marocaine des intolérants et allergiques au gluten (AMIAG) met en avant une avancée présentée comme «majeure» : la création de la Fédération marocaine des associations de la maladie cœliaque (FMAMC).

Cette nouvelle structure ambitionne «d’unir les voix et les actions des différentes associations du Royaume» afin de renforcer la sensibilisation, la reconnaissance institutionnelle de la maladie ainsi que l’accompagnement des patients. Le programme de cette journée prévoit plusieurs conférences consacrées notamment «à l’hérédité, aux troubles de fertilité, aux particularités chez l’enfant, ainsi qu’aux difficultés du régime sans gluten chez l’adolescent». Une table ronde dédiée à la création de la FMAMC figure également parmi les temps forts annoncés.



Dans son communiqué, l’association insiste sur le fait que «la maladie cœliaque n’est pas une tendance alimentaire ni une allergie de confort, mais une maladie auto-immune chronique qui toucherait près de 2% de la population marocaine».

Elle rappelle également que l’absence de diagnostic ou de prise en charge adaptée peut entraîner «des complications graves», dont un risque accru de cancer intestinal.

Le communiqué évoque par ailleurs plusieurs difficultés auxquelles les patients restent confrontés au Maroc. «Le diagnostic reste difficile d’accès, financièrement prohibitif», souligne l’AMIAG, qui estime le délai moyen de diagnostic entre «six et dix ans».

L’association déplore aussi «l’absence de dépistage national, de remboursement et de formation des médecins généralistes», considérés comme la première porte d’entrée du système de soins.

Autre problématique soulevée : le coût élevé du régime sans gluten, présenté comme «le seul traitement efficace». Selon les données relayées dans le communiqué, la farine sans gluten peut coûter jusqu’à dix fois plus cher qu’une farine classique, augmentant significativement le budget alimentaire des familles concernées.

Le texte met également en avant le lancement d’un label «sans gluten», audité par l’Institut marocain de normalisation (Imanor). «Plusieurs industriels l’adoptent déjà», précise le communiqué, qui appelle à développer davantage l’offre de produits fiables et accessibles au Maroc.

Enfin, l’AMIAG cite l’exemple de l’Italie, où la maladie cœliaque est intégrée aux politiques de santé publique à travers le remboursement des examens, la subvention des produits spécifiques et la formation des professionnels de santé.

Dans cette perspective, un partenariat a été noué avec SuLLeali Communication Responsable, agence italienne spécialisée dans l’accompagnement d’associations actives dans ce domaine. «Dans un pays où la consommation de blé est parmi les plus élevées au monde, l’invisibilité de cette maladie n’est plus acceptable», conclut le communiqué.
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