Société

Ramadan : ces métiers qui font le plein pendant le mois sacré

Du lever de l’aube jusqu’à l’heure du ftour, le mois de Ramadan change le rythme des marchés et des quartiers. Dans les ateliers, les fours et les rues commerçantes, des métiers exercés toute l’année voient leur activité s’intensifier. Les commandes augmentent, les étals se remplissent et les clients affluent, faisant de cette période un moment particulièrement animé pour de nombreux commerçants et artisans.

Ph. Saouri

27 Février 2026 À 15:00

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Avant la rupture du jeûne, l’animation est immédiate. « Cette feuille de pastilla, on en prépare davantage pendant le mois de Ramadan. La demande augmente », confie un artisan occupé à empiler les fines couches de pâte. À ses côtés, les briouates et autres préparations sucrées-salées s’alignent sur les plateaux. « L’affluence est bonne, vous le voyez bien », ajoute-t-il en désignant les clients qui attendent leur tour. Les jours ordinaires sont plus calmes, reconnaît-il. Mais durant le mois sacré, restaurants, fours traditionnels et cuisines familiales passent des commandes plus importantes.



Dans les médinas et les quartiers commerçants, les petits métiers se multiplient à l’approche du ftour. Cireurs, vendeurs de fruits et légumes, marchands ambulants occupent chaque recoin disponible. Beaucoup exercent toute l’année, mais Ramadan marque un net regain d’activité.

Les vendeuses de « Baghrir » et de « Harcha » attirent particulièrement la clientèle. Devant leurs tables couvertes de galettes dorées, les clients s’arrêtent, choisissent, discutent des quantités. Certaines femmes pratiquent ce métier depuis des décennies. D’autres ne s’y adonnent que ponctuellement, profitant de la forte demande du mois sacré.

El Hajja Halima occupe la même place depuis vingt ans. Sa réputation n’est plus à faire. « Depuis des années, je vends du Baghrir. Je me réveille à l’aube pour tout préparer. C’est une pâtisserie qui demande du temps et de la patience », explique-t-elle, en retournant délicatement une galette encore fumante. Elle se dit fière de son savoir-faire, même si les revenus ne sont pas toujours à la hauteur de ses efforts.

À quelques mètres, une jeune femme d’une vingtaine d’années, vêtue d’une djellaba et le visage partiellement dissimulé par un foulard, s’affaire derrière son propre étal. Étudiante à la faculté, elle préfère ne pas être reconnue par ses camarades. « Nous aussi, nous n’avons pas d’autre activité que celle-ci », confie-t-elle discrètement. Elle dit travailler surtout pendant Ramadan, lorsque la demande est plus forte.

Entre les artisanes installées de longue date et les nouvelles venues, les échanges sont parfois tendus, souvent silencieux. Mais à l’approche du ftour, l’essentiel reste ailleurs : répondre aux commandes, servir les clients et profiter d’un mois où, pour beaucoup, l’activité tourne à plein régime.
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