Menu
Search
Jeudi 30 Avril 2026
S'abonner
close

Gitex Future Health Africa : le Maroc mise sur l’innovation pour accélérer sa souveraineté sanitaire

Prévu du 4 au 6 mai à Casablanca, le Gitex Future Health Africa Morocco ambitionne de positionner le Royaume comme un carrefour continental de l’innovation en santé. Entre investissements, intelligence artificielle et coopération internationale, l’événement s’inscrit dans la dynamique de transformation profonde du système de santé marocain.

No Image
Dans un contexte de réformes structurelles du système de santé, le Maroc s’apprête à accueillir la première édition du Gitex Future Health Africa Morocco, un rendez-vous d’envergure continentale placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Organisé du 4 au 6 mai prochain à la Foire internationale de Casablanca, l’événement entend fédérer décideurs publics, industriels, startups et investisseurs autour d’un objectif commun : faire de la santé un levier stratégique de développement et de souveraineté.

Porté par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS) et Kaoun International, ce salon se veut une plateforme inédite de convergence entre innovation technologique et politiques publiques. Plus de 200 exposants et des délégations issues de plus de 27 pays sont attendus, confirmant l’ambition internationale de cette première édition.

Une réforme en toile de fond

Lors de la conférence de presse organisée à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé, le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui, a replacé cet événement dans le cadre plus large des transformations en cours. «Les réformes du système de santé sont devenues des enjeux politiques quasi incontournables», a-t-il souligné, évoquant des investissements publics et privés en forte accélération, aussi bien en infrastructures qu’en équipements.

Le ministre a insisté sur le rôle central des technologies dans cette mutation. «Nous devons nous mettre à niveau et intégrer ces technologies qui permettent non seulement d’aligner nos systèmes aux standards internationaux, mais aussi de combler certains retards, notamment à travers la télémédecine ou les outils de diagnostic avancés», a-t-il expliqué. Des projets pilotes, déjà menés par le ministère, devraient ainsi être présentés lors du salon, avec l’ambition de les généraliser, en particulier dans les zones sous-dotées.

Au-delà de la modernisation interne, l’événement poursuit un double objectif stratégique : «positionner le Maroc comme un hub de santé crédible à l’international» et «créer une plateforme africaine capable de connecter les acteurs et d’accélérer les projets structurants», a ajouté Amine Tehraoui.

Une ambition continentale assumée

Du côté de la FM6SS, le directeur général délégué, le professeur Youns Bjijou, a mis en avant la dimension collective et structurante de cette initiative. Rappelant la mission de service public de la Fondation, il a insisté sur la complémentarité entre les secteurs public, privé et non lucratif.

«Notre objectif est clair : asseoir la souveraineté sanitaire et renforcer le leadership du Maroc en matière de révolution numérique en santé, tout en partageant cette ambition avec le continent africain», a-t-il déclaré. Pour lui, le Gitex Future Health Africa incarne un «moment fort», à la croisée de la formation, de la recherche et de l’innovation.

L’événement réunira également une nouvelle génération de talents et d’acteurs de la santé. «Médecins, ingénieurs, chercheurs, managers... tous sont mobilisés autour d’un objectif commun : améliorer la prise en charge du patient dans un environnement d’excellence et d’innovation», a-t-il précisé.

L’intelligence artificielle au cœur des transformations

Au-delà des enjeux institutionnels, la dimension technologique sera centrale. Pour Trixie LohMirmand, CEO de l’organisateur mondial de Gitex, la santé constitue aujourd’hui le secteur où l’intelligence artificielle (IA) génère l’impact le plus significatif.

«L’IA pourrait produire jusqu’à 370 milliards de dollars de gains de productivité dans le secteur de la santé», a-t-elle indiqué, citant une étude de McKinsey. Elle permettrait notamment de réduire de 40% le temps consacré aux tâches administratives et d’accélérer considérablement la découverte de nouveaux traitements.

Face à une pénurie mondiale estimée à 10 millions de professionnels de santé d’ici 2030, «l’intelligence artificielle apparaît comme un levier incontournable pour combler ce déficit», a-t-elle affirmé. Des applications concrètes sont déjà visibles, notamment en radiologie, où les outils d’IA permettent d’améliorer la rapidité et la précision des diagnostics.

Durant trois jours, le salon proposera un programme dense, articulé autour de forums de haut niveau, dont le Future Health Congress et plusieurs espaces dédiés à l’hôpital du futur, à la santé digitale et à l’innovation médicale. Des acteurs internationaux majeurs, tels que AstraZeneca, Pfizer ou Siemens Healthineers, y présenteront leurs solutions technologiques.

L’événement mettra également en lumière l’écosystème entrepreneurial africain, avec la présence de startups innovantes et d’investisseurs représentant plus de 10 millions de dollars d’actifs sous gestion. L’objectif : favoriser les partenariats, attirer les capitaux et accélérer le déploiement de solutions adaptées aux réalités du continent.

En filigrane, c’est toute la stratégie marocaine de transformation du système de santé qui se dessine. Une stratégie fondée sur la digitalisation, l’interopérabilité des systèmes et l’exploitation des données pour améliorer l’accès aux soins et la qualité des services.

À travers le Gitex Future Health Africa, le Maroc ne se contente pas d’accueillir un événement international. Il entend s’imposer comme un acteur clé de la recomposition des systèmes de santé en Afrique, à l’heure où innovation technologique et souveraineté sanitaire deviennent indissociables.
Lisez nos e-Papers