Hajjar El Haïti
18 Mars 2026
À 15:06
La tension remonte d’un cran dans
les facultés de médecine et de pharmacie de Casablanca. Dans un communiqué conjoint publié avant-hier (mardi), les représentants des étudiants ont annoncé une
nouvelle série d’actions de protestation, dénonçant des retards persistants dans le traitement de leur dossier, notamment celui
des indemnités liées aux stages hospitaliers. Signé par le Conseil des étudiants en médecine, le bureau des étudiants en pharmacie ainsi que les représentants en médecine dentaire, le document fait état d’un climat de frustration grandissant face à ce que les étudiants qualifient de «tergiversations administratives» et de «non-respect des engagements».
Des engagements non tenus, selon les étudiants
En effet, depuis plusieurs mois, les étudiants assurent continuer à accomplir leurs missions dans les établissements de santé, contribuant au fonctionnement quotidien des services hospitaliers. Ils rappellent également leur engagement dans la continuité des soins, en dépit d’un contexte marqué par des revendications non satisfaites.
Au cœur des tensions figure donc la question des
indemnités financières promises dans le cadre des stages. Les étudiants affirment que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés dans les délais annoncés, pointant un décalage entre les annonces officielles et leur mise en œuvre effective.
Selon le communiqué, un premier engagement évoquait un règlement des indemnités dans
un délai de deux semaines. Or, plusieurs semaines après, les étudiants indiquent n’avoir reçu qu’une partie des montants dus, sans calendrier clair pour le reste des paiements.
Une situation jugée «incompréhensible»
Les signataires du communiqué dénoncent donc une situation qu’ils jugent «incompréhensible», d’autant plus que les retards persistent en l’absence, selon eux, de
justifications claires de la part des autorités concernées. Ils évoquent également un
manque de communication officielle sur l’état d’avancement du dossier, ce qui contribue à alimenter un climat d’incertitude et de méfiance au sein des étudiants.
Au-delà de la question des indemnités, le communiqué met en avant un sentiment plus large de déconsidération, les étudiants estimant que leurs conditions de formation et leur contribution au système de santé ne sont pas suffisamment reconnues.
Un appel à la mobilisation
Face à cette situation, les étudiants ont annoncé l’organisation d’
une manifestation devant la direction régionale de la santé à Casablanca. Cette mobilisation, prévue
le jeudi 26 mars à partir de 13 h 30, vise à exprimer leur rejet des retards accumulés et à exiger des réponses concrètes.
Les organisateurs appellent à une participation large et responsable, soulignant leur attachement à un cadre de protestation pacifique. Ils insistent également sur la légitimité de leurs revendications, qu’ils présentent comme liées à des droits déjà reconnus.
Le communiqué laisse entrevoir la possibilité d’une montée en intensité du mouvement si la situation perdure. «Ce qui ne s’obtient pas par la lutte ne s’obtient pas», concluent les étudiants, dans une formule qui traduit
leur détermination à poursuivre la mobilisation. Cette nouvelle séquence intervient dans un contexte où les relations entre étudiants en médecine et autorités connaissent
des tensions récurrentes. Elle remet au premier plan la question du dialogue et de la gestion des revendications dans un secteur stratégique pour la réforme du système de santé.