La tension monte au sein des Facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire à Casablanca. Le Conseil des étudiants en médecine, le Bureau des étudiants en pharmacie et le Bureau des étudiants en médecine dentaire ont annoncé une intensification de leurs actions de protestation face à la persistance du retard dans le versement des indemnités liées aux missions hospitalières. Dans un communiqué commun au ton particulièrement ferme, les représentants des étudiants dénoncent ce qu’ils qualifient de «chaos administratif flagrant» et de «politique de procrastination systématique». Ils rejettent catégoriquement ce qu’ils considèrent comme «une atteinte aux droits des étudiants et un coup porté aux principes de bonne gouvernance».
Une mobilisation annoncée
Dans la continuité de cette prise de position, les instances étudiantes annoncent l’organisation d’un sit-in de protestation devant le siège de la direction régionale à Casablanca. Cette action est présentée comme un signal d’alerte face à la poursuite des retards dans le traitement du dossier des indemnités. Selon le communiqué, dont une copie a été transmise à la presse, les étudiants affirment avoir tenté, depuis décembre dernier, d’engager un dialogue responsable avec les responsables de la direction régionale, à travers des rencontres, des correspondances officielles et des contacts répétés. Toutefois, ces initiatives se seraient heurtées soit au «silence», soit à des «déclarations contradictoires et des promesses non tenues». Une situation qui, à leurs yeux, traduit un dysfonctionnement persistant des mécanismes de gestion et une absence de volonté réelle de régler le problème.
Une question de droits et de principes constitutionnels
Au-delà du blocage administratif, les étudiants choisissent d’inscrire leur revendication dans un cadre juridique et institutionnel plus large. Ils estiment que le retard dans le versement des indemnités constitue une violation des dispositions de la Constitution marocaine, qui garantit la justice sociale, la dignité du citoyen, l’équité et l’égalité des chances, tout en rappelant le devoir de l’administration de servir l’intérêt général. Dans cette perspective, les indemnités en question ne sont pas présentées comme un privilège, mais comme une compensation légitime liée aux missions hospitalières assurées par les étudiants au sein des établissements publics de santé. Pour eux, il s’agit d’un droit encadré par des textes réglementaires clairs, et non d’une faveur accordée au cas par cas.
Des retards persistants et des disparités
Concrètement, les représentants étudiants détaillent une situation qu’ils jugent préoccupante. Les indemnités relatives à l’année en cours n’ont toujours pas été versées, tandis que seules des régularisations partielles concernant l’année précédente auraient été effectuées. Plus encore, ils soulignent que les étudiants de septième année n’avaient toujours pas perçu leurs dus à la date du 26 février, alors que leurs stages ont débuté depuis le mois de décembre, soit près de trois mois auparavant. Un décalage qu’ils qualifient de «privation manifeste de droits légitimes», notamment pour des promotions engagées dans des étapes décisives de leur formation.
Critique d’une gestion jugée archaïque
Au-delà des retards eux-mêmes, c’est également la méthode de gestion qui est mise en cause. Les étudiants pointent la persistance d’un traitement manuel et individuel des dossiers d’indemnisation, qu’ils considèrent inadapté au contexte actuel. À l’heure où l’administration publique s’oriente vers la digitalisation et l’intégration d’outils numériques avancés, ils s’interrogent sur le maintien de procédures qu’ils jugent obsolètes. Ils dénoncent ainsi «l’absurdité administrative à l’ère post-numérique» et appellent à une modernisation structurelle des mécanismes de traitement afin de garantir efficacité et transparence.
Vers une escalade dans les formes de protestation
Face à ce qu’ils décrivent comme une impasse, les représentants étudiants affirment avoir épuisé toutes les voies de dialogue possibles avant d’annoncer cette mobilisation. Le sit-in prévu s’inscrit donc, selon eux, dans une logique d’escalade graduelle et responsable. Ils préviennent qu’ils sont prêts à recourir à «toutes les formes de lutte légitimes» pour défendre leurs droits si aucune solution concrète et rapide n’est apportée. En conclusion, ils appellent l’ensemble des étudiants à se rassembler autour de leurs conseils et bureaux locaux et à faire front commun, en brandissant le slogan : «Aucun droit ne se perd tant qu’un étudiant le revendique.»
