Société

Rester assis plus de 30 minutes d’affilée augmenterait le risque de décès par cancer (étude)

Passer de longues périodes assis sans interruption pourrait avoir des conséquences bien plus graves qu'on ne le pensait. Selon une vaste étude menée auprès de plus de 91.000 adultes suivis pendant plus de douze ans, rester assis plus de 30 minutes d'affilée est associé à un risque plus élevé de développer certains cancers et d'en mourir. Les chercheurs soulignent toutefois qu'il est possible de réduire ce risque grâce à de simples gestes du quotidien.

04 Juillet 2026 À 08:35

Une vaste étude britannique publiée jeudi dans la revue scientifique PLOS Medicine révèle que rester assis plus de 30 minutes d'affilée est associé à un risque accru de décès par cancer. Selon les chercheurs, le problème ne serait pas de rester assis en soi, mais de le faire pendant de longues périodes sans se lever.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont appuyés sur les données de 91.292 adultes âgés de 37 à 73 ans issus de la UK Biobank, une vaste base de données médicale britannique. Entre 2013 et 2015, chacun d'eux a porté pendant une semaine un accéléromètre au poignet, un petit appareil capable d'enregistrer automatiquement les mouvements du corps. Contrairement à un questionnaire, qui repose sur les souvenirs des participants, cet appareil permet de mesurer avec précision le temps réellement passé assis, la durée des périodes sans interruption, le nombre de fois où une personne se lève, ainsi que l'intensité de son activité physique.

Une fois cette semaine de mesures terminée, l'étude ne s'est pas arrêtée là. Les chercheurs ont continué à suivre l'état de santé des participants pendant 12,4 ans en moyenne, en consultant leurs dossiers médicaux et les registres de décès. Ils ont ainsi pu comparer les habitudes de sédentarité enregistrées au départ avec le nombre de cancers diagnostiqués et de décès liés à cette maladie au cours des années suivantes, afin de déterminer si le fait de rester assis longtemps sans interruption augmentait le risque de cancer.

Pourquoi le seuil de 30 minutes est-il important ?

Les chercheurs ont distingué deux situations : d’un côté, les longues périodes de sédentarité, lorsque la personne reste assise ou allongée pendant au moins 30 minutes sans vraiment bouger ; de l’autre, les périodes de sédentarité interrompues, lorsque la personne se lève régulièrement, marche quelques pas ou effectue de petits mouvements au cours de la journée.

Les résultats montrent que chaque heure supplémentaire passée assis de manière prolongée est associée à une augmentation d’environ 9 % du risque de décès par cancer. À l’inverse, les personnes qui interrompent régulièrement leurs périodes assises présentent un risque plus faible de développer certains cancers et d’en mourir.

Les associations observées concernent notamment le risque global de cancer, les cancers liés à l’obésité, ceux associés au diabète de type 2, ainsi que plusieurs localisations spécifiques comme le cancer du sein, du poumon, du côlon, du foie, du rein ou encore certains cancers du sang.

Pourquoi rester assis longtemps est-il problématique ?

Selon les auteurs, le corps humain n’est pas fait pour rester immobile pendant de longues périodes. Lorsqu’une personne reste assise trop longtemps, plusieurs mécanismes biologiques peuvent être perturbés.

La sédentarité prolongée pourrait favoriser une inflammation chronique de faible intensité, une mauvaise régulation du sucre dans le sang et une hausse de l’insuline. Elle pourrait aussi agir sur certains facteurs de croissance cellulaire, comme l’IGF-1, impliqués dans le développement de plusieurs cancers.

Les chercheurs évoquent également l’accumulation de graisse autour de certains organes, notamment le foie ou le pancréas. Ce phénomène est associé à un risque plus élevé de maladies métaboliques, comme le diabète de type 2, mais aussi à certains cancers.

Une bonne nouvelle : quelques minutes d’activité peuvent faire la différence

Les chercheurs montrent qu’interrompre régulièrement les longues périodes passées assis pourrait contribuer à réduire le risque de décès par cancer. Dans leurs analyses, ils ont calculé que remplacer, au cours d’une journée, une heure de sédentarité prolongée par une activité légère, comme marcher, faire le ménage, cuisiner, jardiner ou monter quelques escaliers, est associé à une baisse de 12% de ce risque.

Les bénéfices semblent plus importants lorsque l’activité est plus soutenue. Dans leurs simulations, remplacer 30 minutes de sédentarité par une activité modérée, comme la marche rapide, ou cinq minutes par une activité intense, comme la course, est associé à une réduction plus marquée du risque.

Les auteurs rappellent toutefois que l’activité intense n’est pas adaptée à tout le monde, notamment aux personnes âgées, fragiles ou souffrant de maladies chroniques. Pour ces personnes, l’essentiel reste de se lever régulièrement et de réduire les longues périodes passées sans bouger.
Copyright Groupe le Matin © 2026