Vidéo polémique sur le mariage des mineures marocaines : un Émirati condamné à Abou Dhabi
La justice émiratie a condamné mercredi un ressortissant émirati à trois ans de prison et à une amende de 5 millions de dirhams émiratis après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il appelait au mariage avec des mineures marocaines. Les autorités ont également ordonné la suppression de la vidéo, la fermeture de ses comptes sur les réseaux sociaux et la confiscation du téléphone utilisé pour publier le contenu.
Saloua Islah
20 Mai 2026
À 16:42
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La Cour fédérale d’appel d’Abou Dhabi, chargée des affaires liées à la sûreté de l’État, a condamné, mercredi, l’Émirati Saif Salem Saif Ali Al-Maqbali à trois ans de prison et à une amende de 5 millions de dirhams émiratis, soit environ 12,5 millions de dirhams marocains. Selon l’Agence de presse officielle des Émirats arabes unis (WAM), cette condamnation fait suite à la publication d’une vidéo jugée contraire aux lois et aux valeurs des sociétés émiratie et marocaine.
Le parquet général des Émirats avait auparavant ordonné son renvoi devant une procédure accélérée après l’ouverture d’une enquête. Selon les autorités, les investigations ont révélé que l’accusé avait diffusé une vidéo contenant une incitation au mariage avec des filles mineures au Royaume du Maroc, tout en affirmant, contrairement à la vérité, que les lois marocaines autorisaient ce type de mariage.
À l’origine de l’affaire, une vidéo tournée à bord d’une voiture dans une région montagneuse du Maroc montrait l’homme appelant des hommes âgés à épouser des adolescentes marocaines de 14 ans, qu’il présentait comme une source de «santé» et de «bien-être». La séquence avait suscité une vague d’indignation au Maroc comme aux Émirats arabes unis.
Les autorités judiciaires émiraties ont estimé que le contenu publié utilisait un discours susceptible de provoquer la discorde, la haine et la discrimination sociale, tout en portant atteinte aux relations fraternelles entre les peuples émirati et marocain, ce qui constitue, selon elles, une violation grave des lois et des valeurs sociétales établies dans l’État.
Outre la peine de prison et l’amende, le tribunal a ordonné la suppression de la vidéo jugée offensante, la fermeture des comptes utilisés sur les réseaux sociaux, ainsi que la confiscation du téléphone ayant servi à commettre les faits.