Le Maroc recèle un potentiel immense en énergies renouvelables, ont affirmé, mercredi à Rabat, les participants à une conférence internationale sous le thème «Le Maroc, acteur majeur des investissements énergétiques».
Cette conférence a été l'occasion pour des chercheurs et experts de revenir sur le parcours accompli par le Maroc dans la mise en œuvre de ses objectifs globaux dans le domaine des énergies, dans la perspective d'assurer la sécurité énergétique du Royaume, de diversifier les ressources nationales en accélérant la montée en puissance des énergies renouvelables, d'en maîtriser les coûts et de lutter contre les changements climatiques.
«Les seules ressources dont dispose le Maroc sont les énergies renouvelables», a relevé dans une allocation à cette occasion, le chef de la Division des énergies renouvelables au sein du ministère de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, Boubker Chatre, précisant que «le potentiel onshore des énergies éoliennes est estimé à environ 25 gigawatts, dont 6.000 mégawatts prêts à être utilisés actuellement».
A cet égard, l'ingénieur et économiste spécialiste des énergies renouvelables et président de la Chambre de commerce de Budapest, section énergétique, Jozsef Steier, s'est dit impressionné par «la montée en flèche» du développement des énergies renouvelables au Maroc, notant que le Royaume peut faire davantage pour exploiter son potentiel en matière d'énergies solaires et éoliennes, notamment «aux niveaux du stockage et de la transmission».
Pour Jozsef Steier, également membre du Conseil d'affaires Maroc Hongrie (CAMH), le Maroc, une fois ses capacités optimisées à tous les niveaux, pourra alimenter de nombreux pays africains qui souffrent d'un déficit cruel en énergies, puisque 63 pc de la population africaine n'a pas accès à l'électricité.
«Avec ses immenses capacités éoliennes et solaires, le Maroc pourrait transmettre de l'électricité jusqu'au Ghana», a-t-il dit.
De son côté, le président de la Société marocaine de développement des énergies renouvelables, Driss Zejli, a expliqué que l'objectif du Maroc en matière d'énergies renouvelables n'était pas uniquement de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de lutter contre les changements climatiques, mais aussi de «créer une nouvelle industrie à même d'accompagner le Plan d'accélération industrielle, de générer de la richesse et des emplois pour les jeunes».
«Il y a eu un avant et un après 2008», a souligné M. Zejli dans une déclaration à la MAP, faisant observer que la crise financière et économique de 2008 avait incité les économistes et les hommes politiques à considérer les énergies renouvelables comme «un creuset de nouvelles idées et de nouvelles connaissances à même d'allumer la flamme de la relance économique».
Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la 17e édition du Forum MInes-Rabat Entreprises organisé au sein l'Ecole nationale supérieure des mines de Rabat sous l'égide du ministère de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement.
Ce forum, qui se tient du 13 au 14 avril, a pour thème «Climat et énergie: Quelle opportunité pour le Maroc». Selon ses initiateurs, il s'agit d'une manifestation annuelle qui se veut une plateforme dédiée aux futurs ingénieurs afin de leur permettre de s'intégrer au monde entrepreneurial face aux défis et exigences du marché du travail.
