Rencontre

Espaces communs marocains et espagnols de création artistique

,LE MATIN
25 Novembre 2014
CERVANTES-RABAT.jpg La rencontre a eu lieu à l'Institut Cervantes de Rabat.

«Contextes pour la création : les arts plastiques. Le Maroc et l’Espagne, un espace commun» est le thème débattu, hier à l’Institut Cervantès de Rabat, par les critiques d’art Farid Zahi et Santiago-Bruno Olmo García, ainsi que le chercheur Rachid Benlabbah. Plusieurs institutions ont contribué à l’organisation de cette rencontre, notamment la Casa Arabe et le Cercle d’amitié maroco-espagnol, en collaboration avec l’ambassade d’Espagne à Rabat, l’Institut des études hispano-
lusophones de l’Université Mohammed V de Rabat et la Fondation le legs Andalou.

L’inauguration de l’événement a été marquée par les allocutions des représentants des institutions partenaires qui n’ont pas manqué de mettre l'accent sur l’importance de l’art dans les relations bilatérales des deux pays.
Dans son allocution, Aziza Bennani, présidente du Cercle d’amitié maroco-espagnol, a loué l’importance de cette thématique et sa contribution à la compréhension entre le Maroc et l’Espagne pour relever les défis actuels, «sachant que nous sommes conscients du champ réducteur de la vision de l’art. Donc, élargir cette réflexion autour de l’art, qui est le langage universel par excellence, permettra de renforcer le dialogue et d’installer une culture de paix et de maintenir des espaces pour offrir aux artistes marocains et espagnols un travail conjoint. L’artiste appartient à la terre où il est né. Il a son identité. Par conséquent, ses œuvres dégagent ses émotions et ses inquiétudes qu’il partage avec les citoyens du monde. C’est dans ce sens où les artistes créent des espaces communs pour une mémoire commune», souligne Aziza Bennani. Celle-ci a, également, encouragé à une forte collaboration entre le Maroc et l’Espagne pour mener une bonne réflexion et un dialogue fructueux.

Le directeur de Casa Arabe, Eduardo López Busquets, a abondé dans la même veine. En effet, il a, lui aussi, relevé que la dimension culturelle dans les relations bilatérales contribue à la génération des ressources entre les deux pays. «En tant qu’institution dont l’objectif est de contribuer au développement de la langue et de la culture espagnole, nous concrétisons cela à travers plusieurs activités. Comme nous avons une volonté de travailler avec ces partenaires marocains, sachant que nos pays partagent les deux patrimoines arabo-musulman et espagnol».
Se posant la question de l’intérêt donné aux relations entre l’Espagne et le Maroc, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat et membre d’honneur du Cercle d’amitié maroco-espagnol, José de Carvajal Salido, a appelé à explorer d’autres champs d’action en relation avec la société civile et de trouver d’autres espaces de collaboration dans divers domaines. José de Carvajal Salido a salué cette initiative qui s’est concrétisée grâce aux efforts du ministère de la Culture. Celui-ci était représenté par le ministre Ahmed Amine Sbihi qui a évoqué la richesse des deux civilisations marocaine et espagnole, ce qui lie les deux pays et les rapproche davantage.

«Nous sommes fiers d’être partenaires de ce pays dans différents domaines, et ce grâce à la proximité géographique qui nous facilite les choses. Nous devons encore travailler pour contrecarrer les problèmes éventuels et aller de l’avant, sachant les arts ont une influence importante pour instaurer une collaboration solide dans tous les sens». 



Perception de l’art actuel

Acussion a mené vers une réflexion des plus cruciales concernant la création artistique actuellement, les questions qui préoccupent les artistes d’aujourd’hui, puis le dialogue et la connaissance mutuelle avec d’autres aires culturelles. Des questions parmi tant d’autres autour desquelles un débat a eu lieu entre les critiques et professionnels des deux rives. L’objectif étant d’asseoir un dialogue, sachant qu’il existe déjà des éléments culturels communs issus d’une histoire partagée. «Le dialogue est quelque chose d’impératif. Car nous sommes contraints de reconnaitre l’autre et la connaissance est en elle-même une exploration pour mieux communiquer», précise Farid Zahi. S’agissant de la création artistique, Rachid Benlabbah a focalisé ses interrogations sur le statut de l’artiste, de celui ou ceux qui décident que l’œuvre est une œuvre et que l’artiste est un artiste. Car, pour lui, l’artiste a échappé à toutes sortes de normes et de critères. Ce sont ces mécanismes qui dirigent ce monde artistique et l’absence d’institutions de reconnaissance qui posent problème dans le monde de l’art, selon Rachid Benlabbah. Santiago-Bruno Olmo García a essayé, de son côté, de répondre à quelques questions en prenant le Musée d’art contemporain
Mohammed VI comme exemple, afin d’expliquer le rôle d’un musée, ses objectifs et le contexte social dans lequel il a été créé.

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