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La religion n'interdit pas le don d'organes

Les Marocains ne donnent pas assez d’organes et de tissus, une pratique très développée dans plusieurs pays arabes notamment. Les fondateurs de l’Association marocaine pour le don d’organes et de tissus comptent sensibiliser davantage les Marocains aux avantages de cet acte en jouant la carte du religieux qui n’interdit aucunement le don d’organes, contrairement l'idée répandue à tort au sein de notre société.

La religion n'interdit pas le don d'organes
Les principaux membres de l’Association marocaine pour le don d’organes et de tissus, à la conférence organisée à Rabat.

«Même si vous disposez du meilleur arsenal juridique, technologique et humain, je peux faire tout anéantir à cause d’une fatwa». Aussi ironique qu’elle soit, la phrase du Cheikh Si-Mohamed El Fizazi est bien révélatrice d’une des causes du retard alarmant qu’enregistre le Maroc dans le domaine du don d’organes. «Nous sommes aujourd’hui face à une véritable guerre entre des clans religieux. Les fatwas qui interdisent le don d’organes sont multiples», précise El Fizazi, lors d’une conférence de presse à Rabat, le mardi 13 octobre, annonçant la création de l’Association marocaine pour le don d’organes et de tissus (Amdot).

El Fizazi, membre du comité juridique et éthique de l’association, a en effet mis le doigt sur l’un des principaux obstacles à l’essor du don d’organes dans notre pays. Même si à priori aucun texte, ni dans le Coran, ni par hadith, n’interdit cet acte bénévole et humanitaire, les Marocains sont encore réticents à cause de barrières religieuses, mais aussi culturelles et psychologiques.

D’ailleurs, El Fizazi a rappelé à l’assistance la sourate «Al Maidah» du Coran (32) : «Quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’humanité tout entière», pour justifier l’aspect licite du don d’organes. Cela dit, pour le Cheikh, les efforts du législateur et de la société civile risquent d’être vains et insignifiants si le Conseil supérieur des oulémas, à titre de proposition, n’officialise pas une position généralisée sur tout le territoire permettant le don d’organes et de tissus.

Un acte de charité qui devrait être, cependant, conditionné selon le Cheikh. Ainsi, l’opération chirurgicale et le don ne doivent pas affecter la santé du donneur, le don doit être bénévole et donc gratuit, et il doit y avoir un consentement entre le donneur (adulte) et le receveur. Si les fondateurs de l’Amdot ont préféré médiatiser notamment le Cheikh, c’est que le religieux occupe une place centrale sur ce volet. Aujourd’hui, à titre d’exemple, plus de 17.000 patients sous dialyse attendent une transplantation de rein. L’enjeu est de taille et les Marocains sont encore récalcitrants, car confrontés à l'incompréhension, les interdits et aux tabous.

«On note plusieurs avancées dans ce domaine. Alors qu’ils n’étaient qu’une vingtaine il y a quelques années, les bénévoles qui s’inscrivent pour faire don de leurs organes après leur mort ont représenté 95 en 2015. Malgré cela, la loi 16-98 sur le don d’organes et tissus doit être révisée. Les démarches et procédures sont parfois longues par rapport à certains cas particuliers», note pour sa part Saïd Sabri, fonctionnaire au Tribunal de Rabat et membre de l’Amdot. 

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