Le Maroc semble avoir réussi le défi d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Depuis l’adoption par le Maroc de la Déclaration du millénaire en 2000, un long chemin a été en effet parcouru pour réaliser les huit objectifs tracés dans le cadre du plan mondial de développement. Le Maroc, de son côté, a déployé des efforts sans précédent pour relever les défis majeurs liés à cet agenda, notamment la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim. Une vraie course contre la montre dont le Maroc sort grand gagnant. Puisque le haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, assure que cet objectif a été atteint à 100%.
D’après ce responsable, qui présentait le bilan des OMD au Maroc lors de la 54e session ordinaire du Conseil économique et social et environnemental, le Maroc a réduit le taux de la pauvreté, mesurée à 1 dollar par jour et par personne, de 3,5% en 1985 à un niveau statistiquement insignifiant (presque nul) en 2014. La proportion de la population n’atteignant pas le niveau minimal d’apport calorifique (pauvreté alimentaire) a été réduite pour sa part de 4,6% en 1985 à 0,1% en 2014.
L'autre bonne nouvelle rapportée par le haut commissaire concerne la réduction des disparités sociales. En effet, une tendance à la réduction des disparités sociales est observée désormais depuis 2007 et s’étend jusqu’à 2014. Dans le détail, les inégalités, mesurées par la répartition de la consommation des ménages (indice Gini), ont affiché une baisse de 4,7% à l’échelle nationale, de 6,8% en milieu urbain et de 4,8% en milieu rural.
Un résultat positif que M. Lahlimi impute au développement considérable du capital physique et humain du Maroc, qui a aidé les ménages à améliorer leur condition de vie et leur revenu. Des facteurs, conjugués au maintien à un niveau très bas de l’inflation, ont contribué à améliorer le pouvoir d’achat des ménages et partant amorcer une tendance à la baisse des inégalités sociales.
Cependant, bien que des objectifs d’une très grande importance aient été atteints, d’autres n’ont pas été réalisés à hauteur de 100%. Il s’agit en l’occurrence de la mortalité infantilo-juvénile au Maroc. Le nombre des décès infantiles relevé entre 2007 et 2011 est de 30 morts pour chaque mille naissances. Un taux qui reste relativement élevé par rapport à celui fixé par les Nations unies et qui est de 26 à 27. Toujours est-il que le bilan reste positif dans sa globalité ; d’où l’importance, souligne M. Lahlimi, de redoubler d'efforts pour maintenir ces résultats positifs. Il s’agit d’un défi qui s’inscrit dans la droite ligne des Objectifs de développement durable qui remplacent les OMD. Le haut commissaire au plan estime, en effet, que la durabilité des acquis en termes de croissance économique, d’accumulation du capital physique, d’amélioration du capital humain et de réduction des inégalités et de la pauvreté, dans le cadre d’une préservation dans la durée des équilibres macroéconomiques devient avant tout une obligation constitutionnelle.
Le Conseil économique, social et environnemental pourra dans ce sens jouer un rôle clé dans la mise en œuvre des 17 Objectifs du développement durable (ODD), comme l’indique Philipe Poinsot, coordinateur résident des Nations unies au Maroc.
«La réalisation des ODD au Maroc nécessitera sans doute un certain nombre d’études et de recherches visant à dresser un état des lieux concernant les 17 objectifs, à identifier les indicateurs et les cibles les plus pertinents pour le Maroc et à retenir des priorités nationales et locales tout en préservant le caractère très participatif des consultations qui ont eu lieu à ce jour. Ces missions pourront être aussi accomplies par le CESE, qui peut également formuler des propositions spécifiques pour la mise en œuvre de chacun des ODD au Maroc. En particulier pour ce qui concerne les domaines de développement qui ne figuraient pas dans les OMD, comme ceux qui intègrent les dimensions sociales, environnementales et économiques du développement durable», souligne-t-il.
