Après de longues années d’attente, les travailleurs indépendants peuvent aujourd’hui bénéficier d’une couverture sanitaire. En effet, suite à l’adoption du projet de loi 98.15 relatif au régime d’assurance maladie obligatoire de base destiné aux catégories des professionnels et travailleurs indépendants et travailleurs non salariés exerçant une activité libérale par le Conseil du gouvernement, jeudi dernier, le ministère de la Santé a publié un communiqué pour se féliciter de cette grande avancée.
«Après la mise en œuvre de l'Assurance maladie obligatoire (AMO) en 2005 (38% de la population), de la généralisation du Régime d'assistance médicale (Ramed) en mars 2012 (9 millions de bénéficiaires), et de l’Assurance maladie obligatoire des étudiants (288.000 bénéficiaires), ainsi que la couverture sanitaire au profit des immigrants (20.000 bénéficiaires), le Conseil du gouvernement a approuvé le projet de loi 98.15 qui généralisera la couverture sanitaire de base au profit des travailleurs indépendants. Ainsi, la généralisation de la couverture sanitaire a pu être atteinte dans un temps record, en moins de 4 ans, et grâce à ce nouveau projet, le Maroc sera en mesure d’assurer la couverture sanitaire de base à plus de 95% de sa population», souligne le ministère dans son communiqué, ajoutant que ce grand projet, qui vise à consacrer le droit à la couverture sanitaire et concrétiser les principes de solidarité et d'égalité d'accès aux services de santé de qualité, est un défi majeur qui exige du ministère de la Santé d’entreprendre des mesures d’accompagnement, en offrant les infrastructures, les équipements biomédicaux et les ressources humaines nécessaires.
Dans ce sens, un programme de restructuration des hôpitaux et des centres de santé a été mis en place. Il sera financé durant cinq ans avec un budget estimé à un milliard de dirhams par an à partir de 2016, et ce dans l’objectif d’augmenter l'attrait de ces hôpitaux et centres de santé, en particulier dans les régions rurales et enclavées.
Par ailleurs, le ministère de la Santé a mis en place la politique pharmaceutique pour permettre aux citoyens un accès régulier aux médicaments répondant aux normes de qualité et d’efficacité, réduisant ainsi la contribution des familles aux frais d'hospitalisation et de traitement.
«Le ministère de la Santé a œuvré pour la baisse des prix de plus de 2.160 médicaments, et plus de 1.000 dispositifs médicaux verront leur prix baisser à partir de février 2016. Nous avons également réussi le défi de la fabrication au niveau national du médicament anti-hépatite C, dont le prix est de 3.000 dirhams la boîte, soit 9.000 dirhams le traitement complet, au lieu de 800.000 dirhams dans d'autres pays, et contribuons de ce fait à l’élimination définitive de l'hépatite C dans notre pays, à l'horizon de 2020», indique la même source. Et de poursuivre : «Prochainement, seront fabriqués au Maroc des médicaments destinés aux traitements des affections de longue durée et des affections lourdes et coûteuses, par exemple les médicaments anticancéreux, à des prix accessibles aux pouvoirs d’achat des populations pauvres et vulnérables».
