Salon de la photographie africaine

Les œuvres d'Achraf Baznani présentées à Abidjan

,LE MATIN
24 Aout 2016
Salon-de-la-photographie-africaine.jpg Une œuvre de l’artiste Achraf Baznani.

Après la Fondation Mohammed VI à Rabat, c’est vers l'Afrique que s’est envolé l’artiste marocain Achraf Baznani pour montrer ses œuvres en photographiques. L’événement n’est autre que le Salon de la photographie africaine qui se tient jusqu'au 27 août 2016 à Abidjan, en Côte-d’Ivoire.

Une vingtaine de photographies surréalistes de l’artiste seront à l’honneur pour faire découvrir au public du Salon les surprenantes compositions photographiques qui interpellent l’esprit et l’invitent à se poser des questions sur ce qui l’entoure. Car le travail présenté dénote la grande capacité mentale de Baznani, et ce à travers moult réflexions pour faire passer les messages et les idées qui le préoccupent. Photographe autodidacte et réalisateur, Achraf Baznani gagne de plus en plus d’estime grâce à ses œuvres très appréciées aussi bien par le large public que par les professionnels. Ce qui lui a valu d’être sollicité par de prestigieux espaces d’exposition, entre autres le Musée du Louvre.

Jusqu'au 27 août, c’est au Salon de la photographie africaine qu’il est sollicité pour montrer ses œuvres au sein d’un tourbillon de styles, mais comme le soulignent les organisateurs du Salon, avec une perspective unique : celle d’associer la photo d’hier à celle d’aujourd’hui, initiant ainsi le public aux plaisirs d’un art longtemps considéré comme un hobby. Et d’ajouter que «ce Salon a su ériger l’art et le plaisir de la photographie comme un nouveau centre d’intérêt à part entière, car il est l’écho naturel d’une demande grandissante sur le continent africain. À partir cette année, pour sa première édition, le Salon de la photographie africaine fait découvrir les plus beaux portraits, des clichés très personnels, des images étonnantes, des paysages authentiques et chaleureux de l’Afrique». Achraf Baznani y trouvera sûrement sa place, puisqu’il mènera le spectateur dans d’autres dimensions imaginaires, qui sont pourtant inspirées du vécu quotidien. Lui-même avait expliqué, lors d’un entretien livré à «Al Huffington Post», que c’est de cette manière qu’il entretient son inspiration. «J’essaye de faire en sorte que mon œuvre parle au spectateur. Il est vrai que j’aime user de l’abstraction : l’image n’est pas la simple illustration d’un concept, mais plutôt l’expression synthétique d’une idée. Je choisis des symboles pour représenter des idées, des mouvements, des humeurs, tout ce que j’ai envie de transmettre à travers mon œuvre. Je pense aussi que nous avons tous besoin de rompre avec la réalité. Le surréalisme nous ravit : il nous emporte du monde réel vers un monde de rêves. Dans la vraie vie, la photographie permet de recréer et de partager ces rêves. Quand j’étais plus jeune, j’étais fasciné par la magie des films, les figurines, toutes les choses de petite taille. J’ai beaucoup travaillé en bascule et en décentrement avec Photoshop pour créer des univers miniatures, et un jour je me suis dit : et pourquoi ne pas m’y introduire ?»

Ce travail très recherché de Baznani a permis à ses photos le privilège de faire la couverture de plusieurs magazines de renommée internationale, notamment en Amérique, au Mexique, au Portugal, en Espagne, en Finlande, puis d’être exposées un peu partout dans le monde. Baznani a, aussi, réalisé plusieurs courts métrages et documentaires, dont «Marche» (2006), «Les oubliés» et «L’immigrant» (2007). Comme il a reçu des Prix, dont celui de la meilleure œuvre d'art au Park Art Fair International. Mais Achraf Baznani n’a jamais nié avoir été influencé par plusieurs photographes de renom, notamment le Hongrois Robert Capa, tout en menant une recherche propre à lui en termes de nouvelles techniques pour expérimenter son travail, dont le succès ne cesse de devenir impressionnant. Dans la foulée de ce succès, Baznani ne manque pas d’expliquer qu’il tire beaucoup d’enseignements de son expérience, que ce soit en matière des techniques qu’il s’essaye ou encore des difficultés qu’il rencontre. «Je préfère surtout jouer avec la superposition d’images et l’accentuation des contrastes. Je peux, ainsi, modifier une image sans altérer profondément l’original. Au fil de mon travail, j’ajoute et soustrais des éléments sur les photos jusqu’à ce que je sois satisfait du produit fini. J’utilise des outils très pratiques sur Photoshop pour jouer sur la netteté et le flou afin d’affiner le rendu de la photo», ajoute ce petit génie qui a pu, grâce un appareil qu’on lui a offert à l’occasion de son anniversaire, faire de la photo un support de créativité.





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