La Visite royale dans le Golfe 

Un tournant qualitatif pour le renforcement des perspectives de coopération économique

Abdelhafid Benkhouya - MAP,LE MATIN
31 July 2016 - 14:02

La participation de S.M. le Roi Mohammed VI aux travaux du premier Sommet Maroc-pays du Golfe, tenu en avril dernier à Riyad, et les visites de fraternité et de travail effectuées par le Souverain dans plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ont constitué une remarquable évolution sur la voie du renforcement du partenariat stratégique liant le Maroc et ces pays frères dans les différents domaines politique, économique, sécuritaire, social et de développement.

Force est de constater que les faits et les témoignages attestent que la diversité, la globalité et la profondeur sont autant de facteurs qui caractérisent et confortent le partenariat entre le Maroc et les pays du CCG qui englobe les dimensions politique, économique, social, sécuritaire et culturel. Cet aspect multidimensionnel de ce partenariat est un garant de sa pérennité et ouvre de nouvelles perspectives pour accompagner les aspirations des deux parties à booster leur partenariat dans l'avenir, au service des intérêts des peuples de la région. La tournée de S.M. le Roi, qui est intervenue à un moment opportun où le Maroc confirme sa position en tant que plateforme économique et un centre d’interconnexion entre les continents, a constitué une occasion idoine pour donner un coup d’accélérateur à la coopération Maroc-CCG, plus particulièrement dans le domaine économique, en parallèle avec les relations politiques et diplomatiques qui ont atteint leur plus haut niveau. Force est de constater aussi que la coopération économique et financière entre le Maroc et le CCG a pris une nouvelle dimension durant les dix dernières années, à la faveur notamment du partenariat stratégique 2012-2017, et ce, dans un contexte marqué par le développement de l’économie marocaine qui a enregistré une avancée en termes de maturité et de progrès.

Selon le rapport économique et financier se rapportant à la loi des Finances 2016, le volume global des investissements des pays du Golfe au Maroc a atteint durant la décennie écoulée quelque 5 milliards de dollars, dont 2,5 milliards en cours de réalisation, outre les appuis financiers des pays du CCG au profit des secteurs de l’agriculture, du tourisme, de l’immobilier et de la construction. De même, le volume des échanges entre Maroc et les pays du Conseil de coopération du Golfe a progressé de 11% en moyenne annuelle pour s’établir à 28,6 milliards de dirhams en 2014, soit 4,9% des échanges globaux du Maroc, contre 3,6% réalisés durant l’année 2000. Ces chiffres reflètent la volonté des deux parties à aller de l’avant dans l’établissement d’un partenariat économique en phase avec les énormes potentialités et les perspectives prometteuses pour le développement des liens de coopération économique. Il faut dire aussi que la présence grandissante des investissements du Golfe au Maroc est devenue une expérience pilote et un modèle distingué de la coopération économique entre les pays arabes, d’autant que ce secteur constitue une soupape de sécurité dans la région arabe et jette les fondements et les piliers de son avenir dans le sillage de la nouvelle génération de blocs économiques pionniers et de la mondialisation.

Les relations de fraternité qui existent entre S.M. le Roi Mohammed VI et les dirigeants des pays du Golfe, les réformes et les chantiers économiques de taille mis en œuvre par le Maroc dans les divers secteurs, ainsi que le climat d’affaires approprié et prometteur qu’offre le Royaume ont permis de faire du Maroc une destination privilégiée des investissements en provenance du Golfe. En effet, les pays du CCG, ses institutions financières et économiques et son secteur privé ont exprimé à plusieurs reprises leur volonté de renforcer l’investissement et l’ouverture sur le marché marocain et tirer profit de ses grandes potentialités d’investissement, y compris la possibilité d’accès au marché africain. Par ailleurs, l’important discours prononcé par S.M. le Roi Mohammed VI à l’ouverture du Sommet Maroc-Pays du Golfe, a impulsé une forte dynamique à la coopération économique entre les Maroc et les pays du CCG, surtout que le Souverain a insisté sur l’impératif de l’institutionnalisation des relations entre les deux parties et de les hisser à un niveau supérieur, fort et plus consistant. «Le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe n’est pas le produit d’intérêts conjoncturels ou de calculs éphémères.

Il puise plutôt sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant nos causes communes», avait affirmé le Souverain dans Son discours, soulignant que ce Sommet est intervenu pour «donner une forte impulsion à ce partenariat, qui a atteint un tel degré de maturité que nous nous devons, désormais, d’en développer le cadre institutionnel et les mécanismes opérationnels». S.M. le Roi avait aussi relevé que le Sommet Maroc-pays du Golfe est «un message d’espoir pour nous-mêmes, et un signal fort pour nos peuples quant à notre capacité à élaborer des projets mobilisateurs communs». De l’avis de plusieurs observateurs, la parfaite convergence des visions entre S.M. le Roi et Ses frères les dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe, notamment en ce qui concerne l’appel à la diversification des partenariats avec les groupements économiques au niveau international et avec les grandes puissances, est un signe annonciateur du saut qualitatif que vont connaître les relations et le partenariat économique entre les deux parties. Le Maroc, qui s’est engagé depuis plusieurs années dans un chantier colossal de réformes et de restructuration, offre un climat d’investissement encourageant à même d’attirer les grands investisseurs du monde entier, en premier lieu ceux des pays du Golfe, et des opportunités multiples dans les secteurs de l’immobilier, du tourisme et de l’agriculture, aux côtés de nouveaux domaines divers et prometteurs, tels que les nouvelles technologies, les industries alimentaire et chimique, l’industrie pharmaceutique, l’automobile, l’aviation et les énergies renouvelables. Il convient de rappeler dans ce sens que les stratégies sectorielles prometteuses dans lesquelles s’est engagé le Maroc tout au long de ces dernières années, ainsi que l’Accord de libre-échange avec les États-Unis d’Amérique et le Statut avancé Maroc-Union européenne, sont autant d’actions et de mesures d’incitation objective pour attirer les investissements du pays du Golfe et conforter leur présence sur le marché marocain. 







E-MATIN
Feuilletez LEMATIN
comme si vous le teniez
entre les mains

L'édition du
21 Janvier 2017
est maintenant disponible
pour les abonnés