Entretien avec Mohamed Najib Boulif

«Le Maroc a pris du poids au sein du Forum international des transports de l'OCDE»

,LE MATIN
01 Juin 2017
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Mohamed Najib Boulif, secrétaire d’État chargé du Transport, a représenté le Maroc au sommet annuel du Forum international des transports (FIT) qui s'achève aujourd'hui à Leipzig. Dans cet entretien, il explique les enjeux de la participation du Maroc à ce Forum qui découlent des objectifs de son adhésion, il y a trois ans, à cette organisation intergouvernementale rattachée à l'OCDE. Il nous dévoile aussi la contribution du Royaume à l’organisation de cet évènement mondial et l’activité du pays au sein de cette institution. Interview.

Le Matin-Éco : Le Maroc prend part en tant que membre au sommet annuel du Forum international des transports qui se tient à Leipzig. Comment se décline cette participation ?
Mohamed Najib Boulif : Le Forum international des transports est un forum dont le but est de réfléchir sur les grandes questions mondiales des transports. C’est une organisation intergouvernementale rattachée à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), mais qui est indépendante. Le but de notre participation est d’essayer de tirer les transports de notre pays vers le même niveau que celui des pays de l’OCDE et d'aborder les mêmes questions que celles discutées dans ces pays. Et depuis l’intégration du Forum international des transports d’une manière officielle il y a trois ans, nous avons pu apporter une valeur ajoutée, car nous sommes le seul pays africain membre de ce Forum et jusqu’à présent le seul pays arabe. Un autre pays arabe, à savoir les Émirats arabes unis, demande actuellement à intégrer ce Forum et sa candidature sera soumise au vote demain (la candidature de ce pays a été effectivement acceptée hier, en plus de celle du Kazakhstan, Ndlr). Le second objectif de notre adhésion au FIT et de cette participation c’est de pouvoir échanger avec les pays un à un. Donc, cela nous permet effectivement d’avoir des liens, des discussions avec les différentes personnalités présentes, essentiellement du monde des affaires, mais aussi des ministres du Transport des différents pays. Cela nous a permis d’établir un certain nombre de partenariats, ce qui est très positif. Cela permet aussi au Maroc de suivre les innovations technologiques, qui sont présentées lors de cet évènement, dans le transport maritime, terrestre, ferroviaire, aérien et également au niveau de la mobilité, c’est-à-dire tout ce qui est transport urbain, ce qui est pour nous fondamental.

Quelle a été la contribution du Maroc à ce Forum ?
Pour ce Forum 2017, j’ai intégré la session ministérielle chargée de la discussion de la gouvernance des transports après la COP 22, organisée par le Maroc, pour voir ce qu’il en est de l’après-COP 22, c’est-à-dire prendre connaissance des réalisations qui ont été faites dans les pays présents à cette session. Nous étions neuf ministres et quatre ou cinq chefs de grandes entreprises mondiales. Nous avons donc avancé sur l’ensemble des chantiers ouverts, mais aussi discuté des opportunités de coopération entre ces différents pays de manière à arriver aux déclarations que nous avons faites, à savoir les engagements déterminés au niveau national. Et ces engagements qu’on a pris, nous devons les suivre, en apprécier l’évolution et voir avec les autres pays comment on pourrait les réaliser ensemble.

Pour le Maroc, des actions ont déjà été initiées aussi bien au niveau du changement du parc de taxis ou de véhicules qui ont plus de 20 ans, qu’au niveau du développement du transport urbain et l'élargissement essentiellement de tout ce qui est Tram et trains régionaux comme les RER, qui vont être réalisés d’ici 3-4 ans. La Stratégie nationale de la logistique y contribuera également, puisqu’elle prévoit de diminuer les émissions des gaz à effet de serre de 35% et là nous ne raisonnons pas seulement au niveau national, mais également régional. Donc, au niveau de ces grands axes, nous sommes en avance et nous avons pu présenter ce que nous faisons, en plus d’un certain nombre d’actions que nous sommes en train de mener en parallèle, telles que la constitution d’une task force qui va réfléchir sur le développement, les émissions des gaz à effet de serre, et ce, dans le cadre africain, mais aussi des autres entités de l’OCDE.

Le Maroc a intégré le FIT en 2015. Quel bilan peut-on dresser de la coopération entre les deux parties et quelles en sont les perspectives ?
Le Maroc a pris du poids au niveau du Forum, puisque maintenant il est présent dans l’ensemble des sessions, ce qui lui permet de faire des présentations. En plus, nous sommes en train de nous mettre au diapason du Forum dans le sens où nous avons parfois des commissions à présider. Cela nous a permis de positionner le Maroc au sein du Forum. Ce dernier nous a même permis, avec les différents partenariats passés, de présider l’Association mondiale de la sécurité routière et cela grâce aux efforts que nous avons fournis. De même, grâce à ces efforts, nous avons pu intégrer l’Institut mondial des statistiques des accidents de la route, comme deuxième pays africain après l’Afrique du Sud et le premier pays arabe. Ce qui renseigne sur la validité de nos statistiques et de tout ce qui est base de données au niveau de la sécurité routière, puisque maintenant cet institut les certifie. Donc sur trois années, nous avons bien avancé et nous espérons qu’avec le nouveau secrétaire général du FIT qui va donc être élu demain (le Coréen Young Tae Kim a été élu hier nouveau SG du FIT, succédant à José Viegas, Ndlr), nous allons pouvoir établir un agenda de partenariat et de travail en commun avec le Forum qui aille dans le renforcement du rôle de notre pays au sein de cette institution. 


Propos recueillis à Leipzig par Lahcen Oudoud





Les enjeux de la participation du Maroc au FIT

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