Entretien avec Wafaa Bouab Bennani, PDG de l’École supérieure en ingénierie de l'information, télécommunication et management

«Nous envisageons dès la prochaine rentrée de développer la recherche scientifique en pédagogie, afin d’intégrer les nouvelles technologies dans l’acte d’apprentissage»

Mounia Senhaji,LE MATIN
06 Juillet 2017

L'ESTEM est l’histoire d’une passion. Celle d’une dame qui, fraîchement diplômée d’une grande école d’ingénieur française, a préféré se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat au lieu d’embrasser une brillante carrière de haut cadre dans une administration publique ou une entreprise privée. Elle s’appelle Wafaa Bouab Bennani, fondatrice et PDG de l’ESTEM qui se dit engagée pour la formation et passionnée par son métier. «Sans cette passion qui m’anime depuis plus de 24 ans, je n’aurais pas atteint les résultats d’aujourd’hui», déclare fièrement la fondatrice de l’établissement. Une fierté bien méritée puisque son école vient d’être classée deuxième au concours d’admissibilité de HEC Paris.

Le Matin : Qu’est-ce qui fait la force de l’ESTEM ?
Wafaa Bouab Bennani : La force de l’ESTEM est due à plusieurs facteurs : une stratégie de capitalisation progressive de nos années d’expérience, une sélection de professeurs hautement compétents et partageant notre passion à l’ESTEM, une stratégie d’écoute et de management pédagogique personnalisé selon les aptitudes de chaque étudiant et une culture de famille ESTEM favorisant l’implication de chaque acteur au sein de l’École. Mais pas seulement. Notre force repose également sur une stratégie de partenariat et de coopération internationale riche en synergie positive ainsi qu’une gouvernance fondée sur un conseil d’établissement et un conseil scientifique parallèlement à la création d’un centre de recherche scientifique. Sans oublier un atout des plus importants qui est une infrastructure dédiée exclusivement à notre mission avec des laboratoires entièrement équipés.

Parlez-nous de votre offre de formation et, plus particulièrement, les prépas...
L’ESTEM est structurée autour de quatre composantes : l’Engineering School, la Business School, les classes préparatoires et l’ESTEM Sciences Po. Pour me limiter à votre question, les classes préparatoires constituent l’option la plus avantageuse pour les étudiants à fort potentiel qui veulent privilégier leur avenir en postulant pour les Grandes Écoles les plus prestigieuses.
Ces classes offrent une préparation de très haut niveau, en deux années, à l’issue desquelles les candidats passent les concours des Grandes Écoles d’ingénieurs et de commerce – gestion au Maroc et en France. Nos admis aux concours ont réussi à intégrer les plus grandes écoles d’ingénieurs telles que «Mines de Nancy», «Télécom Lille», «ENSIMAG», «ENAC6 Toulouse», «ENSEM-Nancy», «ESTP»…
Bien plus, cette année, grâce à Dieu et à nos efforts, notre établissement a pu atteindre ce résultat extraordinaire : être classé deuxième au concours d’admissibilité de HEC, devant les plus prestigieux lycées de France ! Un candidat sur deux d’ESTEM a été admis au concours d’admissibilité de HEC !
Notre ambition aujourd’hui est de maintenir le cap pour améliorer continuellement nos performances, aussi bien pour les prépas scientifiques que les prépas économiques.
Dans les concours marocains, les candidats de l’ESTEM obtiennent chaque année d’excellents résultats ! Depuis 2014, l’ESTEM est classée première prépa privée scientifique au Concours national commun (CNC) sur Casablanca !
Durant les trois dernières années, plusieurs organismes et personnes marocains et étranges nous ont encouragés non seulement pour nos résultats, mais aussi et surtout pour le comportement exemplaire des étudiants de l’ESTEM dans les Grandes Écoles.
Ces résultats sont le fruit d’une stratégie fondée sur la formation de nos professeurs agrégés au Maroc et en France, le suivi personnalisé et psychologique de nos étudiants, l’implication permanente de nos enseignants, la mise en place d’un système pédagogique qui incite nos élèves à l’excellence et la responsabilité. Nos résultats sont notre fierté et notre motivation, car ils correspondent à notre mission et notre vision.

Quelle place pour le digital dans vos formations ?
Actuellement, la digitalisation occupe une place centrale dans notre nouvelle stratégie. En effet, outre la formation en «Marketing digital» lancé il y a trois ans, nous avons intégré dans les programmes de recherche de notre «Centre de l’innovation technologique et de recherche scientifique (CITRS)» la dimension «Innovation pédagogique», car nous envisageons, dès la prochaine rentrée universitaire, de développer la recherche scientifique en pédagogie, afin d’intégrer les nouvelles technologies dans l’acte d’apprentissage.

Votre établissement s’est découvert une vocation africaine. Dites-nous-en plus.
Notre intérêt pour l’Afrique subsaharienne ne date pas d’aujourd’hui. Nos premiers étudiants subsahariens se sont inscrits en 1996. Ils sont aujourd’hui de hauts cadres dans leurs pays respectifs d'origine. Depuis cette période, nous avons cru en l’avenir africain du Maroc en matière de formation. Nous nous sommes alors investis dans cette mission dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Aujourd’hui, nos étudiants subsahariens sont issus de plusieurs pays tels que la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Gabon, la Guinée Conakry, le Congo, le Mali, le Niger, le Togo et le Bénin, entre autres.
Un petit scoop : une importante banque de la place, présente dans plus de 18 pays africains, vient de nous solliciter pour recruter nos lauréats dans le cadre de sa stratégie de déploiement international et notamment africain. Nous avons développé des contacts directs avec les parents et les responsables administratifs de chaque pays, afin d’assurer les meilleures conditions matérielles et psychologiques de réussite des étudiants dont nous avons la charge. Nous en sommes fiers. Cette expérience nous enrichit humainement et professionnellement chaque jour. Nous avons œuvré afin d’assurer les conditions adéquates d’hébergement, de transport et de restauration pour nos étudiants africains au même titre que nos étudiants marocains.
Nous avons ainsi développé un véritable management interculturel prometteur pour l’avenir de la coopération maroco-africaine.

Quelles sont les nouveautés à l’ESTEM ?
Conformément à notre dynamique depuis la création de l’établissement, nous continuons d’innover et de renforcer nos programmes de formation afin de répondre à l’évolution des besoins des entreprises en matière de profils de cadres. Ainsi de nouveaux programmes viennent d’être accrédités par le ministère de l’Enseignement supérieur. Nous sommes également en négociations avancées pour de nouveaux accords de coopération en matière d’échanges pédagogiques, mais aussi en matière de recherche scientifique.Nous avons initié avec nos partenaires étrangers la mobilité de nos étudiants dans les deux sens. Nous accueillons annuellement cinq étudiants français pour suivre un semestre de formation au sein de l’ESTEM. Nous allons diversifier et multiplier davantage ces échanges d’étudiants. Nous lancerons bientôt la revue scientifique et les Éditions ESTEM pour promouvoir la recherche scientifique et pédagogique au sein de notre établissement.  





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