Croissance inclusive en Afrique du Nord

L'appel de la BAD pour les jeunes entrepreneurs

Moncef Ben Hayoun,LE MATIN
08 January 2017 - 13:25
Croissance-inclusive-en-Afrique-du-Nord-b.jpg Selon un nouveau rapport de la BAD, le taux de mortalité des entreprises créées est élevé en Afrique du Nord, en raison d'un manque d'accompagnement pour les entrepreneurs débutants.

Le rôle des nouveaux entrepreneurs comme moteur de croissance inclusive en Afrique du Nord est freiné par le faible niveau d'éducation et les difficultés d'accès au financement. La Banque africaine de développement (BAD) recommande ainsi aux gouvernements d’agir sur ces deux aspects en partenariat avec le secteur privé et les institutions financières.

Les jeunes en situation de précarité sont un gisement en or pour l’entrepreneuriat en Afrique du Nord. S’ils étaient accompagnés dans leurs projets, ils joueraient un rôle primordial dans la croissance de la région. C’est l’un des messages forts d’une nouvelle publication de la Banque africaine de développement. Ce rapport de 47 pages analyse le rôle de l'entrepreneuriat émergent dans la croissance inclusive en Afrique du Nord, notamment au Maroc.
D’orientation stratégique, il examine les facteurs déterminants qui permettent aux populations vulnérables d’agir comme créateurs d’entreprises ou chefs d’entreprises. La principale conclusion de cette publication est que les jeunes possèdent les compétences entrepreneuriales, mais par manque de soutien, ils s’arrêtent au début du processus de développement de leurs activités. «À un stade très précoce de la création d’entreprise, c’est-à-dire entreprises en phase de lancement, les jeunes de 25-34 ans, issus de familles à faible revenu et avec un niveau d’éducation secondaire, sont les plus dynamiques.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’accomplir les démarches pour créer ou pour gérer une entreprise, les personnes les plus actives sont issues de milieux aisés», soulignent les économistes de la BAD. Ainsi, est-il expliqué, les entrepreneurs en phase de lancement ne deviennent pas systématiquement chefs d’entreprises. Deux contraintes majeures relatives à la contribution des personnes vulnérables à la croissance économique en tant que propriétaire de l'entreprise sont identifiées. La première concerne le faible niveau d'éducation.

En effet, les résultats ont montré que la plupart des individus qui créent les entreprises ont fait des études au moins post-secondaire. La deuxième contrainte est liée à l'accès au financement. Il a été démontré que les personnes soutenues par des investisseurs informels et/ou des familles riches sont disposées à être propriétaires d'entreprises. «La publication reconnaît pleinement que les nouvelles entreprises éprouvent des difficultés à attirer des financements extérieurs au stade initial, qu’il s’agisse de prêts bancaires ou de prises de participation», est-il souligné. Globalement, en Afrique du Nord, le taux de mortalité des entreprises créées est élevé en raison d'un manque d'accompagnement technique et financier pour ces entrepreneurs débutants. De ce fait, les gouvernements ont un rôle crucial à jouer, celui d’appuyer les entrepreneurs naissants au cours de leur transition du stade de nouveaux propriétaires d'entreprise à celui d’entrepreneurs confirmés.

La BAD émet deux recommandations jugées stratégiques. Selon la première, il est nécessaire d’améliorer le niveau d’éducation pour les populations vulnérables. Cela concerne l’éducation formelle, mais surtout la formation professionnelle. Selon l’institution, les gouvernements, en partenariat avec le secteur privé, les institutions financières et les organisations non gouvernementales, doivent veiller à la qualité des formations portant sur l'ensemble de la chaîne du secteur économique dans lequel l'entrepreneur émergent entend intervenir et y apporter des réponses spécifiques. La deuxième recommandation consiste à supprimer les obstacles financiers qui empêchent ces jeunes femmes et hommes de posséder leurs propres entreprises. Sur ce volet, les experts de la BAD préconisent de renforcer les programmes de mircofinance et de faciliter les conditions d’accès aux fonds nécessaires à la création d’entreprises. 







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